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dimanche 5 avril 2015

Bilan Argentine et Chili

Nombres de jours : 48 (Argentine) + 12 (Chili)
Nombres d'etapes : 13 (Argentine) + 3 (Chili)
Dépenses totales : 44350ARS, soit 4435€ + 930000CLP, soit 1280€
Dépenses par jour par personne : 460ARS, soit 46€ + 39000CLP, soit 53€
Nombre de pas par jour : 13200 (Argentine) + 14800 (Chili)
Nombre de jours avec quelques heures de pluie : 7 (Argentine) + 0 (Chili)
Côté conduite : droite / côté volant : gauche

Laurent :

Voilà un bilan qui risque d'être long, avec 2 pays traversés et la plus grande étape de notre voyage (Argentine) dont on a une vision bipolaire, plutôt noire la première fois,  carrément rose lors du second passage.
Un bilan commun car, même s'il y a des différences, ces deux pays se ressemblent sur bien des points, et nous n'avons finalement passé que peu de temps au Chili.

Tout d'abord, la première chose à laquelle on a pensé en arrivant c'est : "on n'aurait jamais imaginé voir un tel niveau de développement en dehors de Europe/Etats-Unis-Canada/Australie/Japon", ce qui prouve notre méconnaissance de cette partie du globe.
En forçant le trait, on peut dire qu'ici c'est comme chez nous ; enfin, que relativement le Chili me fait penser à la France et l'Argentine à l'Espagne (développement un poil inférieur, population deux poils plus chaleureuse :p). Peut-être moins riches que Chine et Brésil, mais on sent un développement plus ancien, des inégalités moins marquées.

Du coup, par rapport à nos précédentes destinations, ça manque un peu d'exotisme (il y a des boulangeries - les chiliens sont les deuxièmes mangeurs de pain derrière les Allemands - , et même des Carrefour en Argentine, seul endroit pour acheter des cotons-tiges !). Mais bon, comme dirait Cédric (vu au Népal et à Mada), on peut rechercher autre chose que l'exotisme en voyage.
Et le problème c'est qu'on a eu beau chercher lors de notre premier passage en Argentine, on est un peu resté sur notre faim. Certes San Ignacio était un premier contact agréable, Buenos Aires est une belle ville, Santa Rosa une étape tranquille et authentique, San Martin est au milieu d'une belle nature. Mais dans tout ça, on n'a pas tellement vibré, à part peut-être à Palermo ou en écoutant/regardant du tango dans la milonga.

Ajoutons à cela une frustration de dépasser constamment le budget sans même pouvoir se faire vraiment plaisir (première fois qu'on se fait à manger et qu'on loge en dortoir régulièrement) et une complexité d'organisation due aux vacances scolaires locales.
Bref, c'est cher et compliqué sans être extraordinaire.
Même si on rencontre des gens sympa dans les 2 pays. Même si le Chili relève un peu la barre avec des poissons/fruits de mer comme on n'en avait jamais vu, des volcans magnifiques et les copains.

Peut-être aussi qu'après 11 mois on s'essouffle et qu'on commence à trouver le temps long. En tout cas, c'est la première fois que je pense au retour, que je me verrais pourquoi pas rentrer plus tôt que prévu.

Mais nos trois derniers mois seront a priori d'une autre teneur, alors on se remotive. Et on fait bien. Après une première étape agréable en Argentine du Nord (Mendoza), c'est le festival. Paysages incroyables (oubliés les glaciers manqués dans le sud), rencontres en tout genres, festivités. 20 jours de régalade qui, même s'ils sont chers, resteront comme un des temps forts (très fort) de notre voyage.
Intense, on peut dire que là on a vibré ! On a retrouvé une chaleur humaine digne du Brésil, avec la barrière de la langue en moins (même si on est loin d'être fluent en espagnol).

On parle toujours du retour, mais en ayant oublié toute nostalgie. On n'a toujours pas pris les billets pour Cuba et Paris mais on sent que ca se rapproche.
On ressort d'Argentine des étoiles plein les yeux, bien décidés à profiter à fond de nos dernières semaines (ce qui ne veut pas dire qu'on va se speeder pour voir/faire plein de choses ; on va continuer à prendre notre temps, un luxe dans notre monde moderne).

PS : en vrac quelques observations que je n'ai pas pu intégrer à mon bilan, mais que je tenais à partager :
- Ici, les villes sont droites, construites avec un système de cuadras (pâtés de maisons carrés). C'est très pratique. Il y a aussi une ou plusieurs belles places vertes dans chaque bourg, centre(s) de vie, même dans les petits villages.
- Bus au top. Des fois dignes des premières classes dans l'avion. Heureusement, car les pays sont immenses et on y passe du temps. Par contre, on ne les voit pas trop parce qu'on voyage souvent la nuit.
- Il y a des chiens errants partout, mais pas agressifs comme en Asie.
- Dans beaucoup d'endroits il y a un système de tickets numérotés pour faire la queue et il faut le savoir, sous peine d'attendre pour rien : pharmacies, boulangeries, boucheries, etc.
- En Argentine du nord, les voitures paraissent encore plus vieilles qu'à Madagascar ! On a hâte de voir Cuba :)
- On a tout décidé au dernier moment. On n'a toujours pas pris nos billets de retour. On repousse pour pouvoir être libre d'aller où on veut. On est en décontraction totale. 

Leila :

Au chili, ça a été rapide. On a choisi de ne pas trop s'y attarder pour nous laisser plus de temps en argentine du nord , en Bolivie et au Pérou. Faut faire des choix à un moment et il n'est plus question de prolonger encore plus notre voyage. Précisons aussi que le niveau de vie y est assez élevé et que nous sommes bien au delà du budget, l'Argentine  n'ayant pas contribué à rééquilibré les comptes, au contraire. Mais ça ne nous a pas empêché de profiter des fruits de mer en abondance (dont le ceviché et la paella marinera) et du pisco sour. Ce fut très agréable pour nous d'être dans un pays moins agité après le sud de l'Argentine, et surtout de retrouver des copains. Nous avons quitté le Chili reboosté pour la suite du voyage. 

En Argentine, il y a eu tellement de choses. 
Je n'ai jamais rêvé de l'Amérique du sud mais l'Argentine était un des pays qui m'attirait le plus , sans tellement savoir à quoi m'attendre.
C'est finalement  la destination où on a passé le plus de temps.

Avec un contraste net entre le sud et le nord. Entre 2, il y eu

Buenos aires, ville très agréable, belle architecture, des brocanteurs et antiquaires avec des trésors vintage  comme on en trouve plus à Paris, de la couleur. Nous nous sommes fait happer par la grande ville. On se demande d'ailleurs après ça, comment nous allons nous réadapter dans Paris.

Beaucoup de cartoneros, ces personnes qui trient dans les poubelles, cartons et autres. Une vraie organisation par secteur. Il y a aussi à chaque coin de rue, des gens portant des affiches, un panneau publicitaire humain... , les vendeurs ambulants dans les wagons du métro. Un vrai marché. 

Puis la pampa 
Pas un touriste en vue. On s'est aisément adapté au rythme des argentins, très fiers. Nous y avons approché leur sens de l'accueil. 

Notre expérience a été compliquée au sud,
BEEEEAUCOUP, à cause de la très haute saison qui se traduit par une cohue de touristes en mode plaisir et consommation, une industrie touristique à l'atmosphère froide, plus riche, plus occidentalisée. 

uuuun petit peu à cause de la lassitude et la fatigue, notre voyage a été moins fluide, impression de bugger  et on n'avait plus la force au bout de 9mois pour batailler à trouver un hôtel, combiner les itinéraires pour optimiser les longs trajets en bus.

Mais l'intérêt d'être en voyage est de pouvoir changer le programme en dernière minute. Nous ne sommes pas allés aux glaciers. Sans regret.  

Enfin, le nord de l'Argentine qui nous a totalement charmé. Accueil, rencontres et hospitalité. On se fait inviter par plusieurs à l'asado, barbecue, un vrai moment de partage et de convivialité. Une viande rouge, juteuse et tendre. Une réputation qui ne se dément pas.

Une concentration de paysages uniques et de petits villages authentiques. Jamais on en a vu autant en si peu de temps et si peu de déplacements.

Heureusement, ici il y a des traditions et aspects culturels qui ne se perdent pas.

La sieste, après laquelle on assiste à une quasi renaissance quotidienne de certains pueblos. On y prend facilement goût. Pas trop d'effort d'adaptation de ce côté.

Le dulce de lèche, sorte de confiture de lait, caramel concentré : on ne peut résister, disponible partout notamment dans les nombreux kiosques à chaque coin de rue et sous toutes les formes : confiture, glace, bonbons, biscuit...

Le maté, équivalent du thé vert en Chine,  boisson chaude à base d'herbe, que les argentins sirotent à longueur de journée. comment? Ils se baladent avec leur thermos tenu par une sangle et leur verre à maté qu'ils partagent.

Le tango à Buenos Aires, c'est très beau à voir. C'est un moment que les couples s'accordent tous les week end en tête à tête, un rendez vous sacré, une vraie parenthèse dans le quotidien. On a tenté un cours avec Laurent, et lorsque le prof m'explique que la femme suit, sans réfléchir et que c'est l'homme qui contrôle,  je suis bien contente d'avoir choisi le flamenco :) 

Les jeunes voyageurs, beaucoup traversent le pays et bien au delà, s'autofinancent tout le long, en fabricant et vendant des bijoux et bracelets ou en faisant les pitres aux feux rouges. Ils sont très solidaires entre eux. 

Rien à voir mais je souhaitais évoquer les merceries qu'on trouve encore à chaque coin de rue des villes et villages. Pour coudre, réparer, fabriquer et égayer des pièces. Je trouve ça très vivant! 

mardi 10 février 2015

Bilan Brésil

Nombres de jours : 30
Nombres d'etapes : 8
Dépenses totales : 9100BRL, soit 2845
Dépenses par jour par personne : 152BRL, soit 47.5€
Nombre de pas par jour : 11860
Nombre de jours avec quelques heures de pluie : 13
Côté conduite : droite / côté volant : gauche

Laurent :

Avant ces 30 jours, j'imaginais le Brésil avec des plages ensoleillées, de l'insécurité, développé mais pas trop. En fait, j'en avais une image un peu vague et ne savais pas trop à quoi m'attendre.

La première chose qui m'a surprise c'est la chaleur humaine. On a déjà rencontré des populations gentilles durant notre voyage, mais aucune qui soit aussi chaleureuse que les brésiliens.
Ca peut paraître bête, mais ça met tout de suite à l'aise. Surtout après l'Afrique du Sud où on a rencontré globalement beaucoup plus de distance.
Et c'est vrai même dans les grandes villes comme Rio et Sao Paulo où les gens, contrairement à beaucoup d'autres pays (la France par exemple), gardent cet aspect humain. 

C'est aussi la première fois qu'on voit de la vraie mixité noirs/blancs

Deuxième surprise, pas forcément très réjouissante, la météo. Avec de la pluie plus d'un jour sur trois, on n'avait pas vu ça depuis la mousson au Laos. Et ici, la pluie dure parfois plusieurs heures !
Chanceusement, cela ne nous a jamais vraiment gêné ou empêché de faire ce qu'on voulait.

Troisième surprise, un peu plus embêtante, le coût de la vie bien supérieur à ce qu'on avait budgèté. Et malgré ça, la qualité n'est même pas là contrairement à l'AfSud. Ils peuvent de le permettre car leur marché intérieur est tel qu'ils ne semblent pas avoir besoin des étrangers (200 millions d'habitants, 50% de classe moyenne). Un peu comme les chinois.
Au début, ça nous a un peu stressé, puis on a accepté et profité à fond en essayant d'éviter les folies.

Globalement, c'est un des pays qui m'a le plus plu. Je n'arrive pas à le mettre en pays coup de cœur (sauf peut-être Paraty), mais il s'en faut de peu.

Même la bouffe est au RDV, avec une culture culinaire variée dont nous avons pu apprécier les différentes formules (lanchonettes, buffets ao kilo) et les boissons (super jus, bières et caïpirinha).

Au niveau insécurité, c'est vrai qu'on n'y a pas été confronté, à se demander si elle existe vraiment, mais le fait de la savoir réelle est un peu fatiguant ; on n'a jamais rien de précieux sur nous et on est "préparé" à l'agression.
En revanche, contrairement à l'Inde ou à d'autres pays vestimentairement conservateurs, on ne ressent ici aucune menace sexuelle contre les filles. Celles-ci sont d'ailleurs on ne peut plus dénudées, et c'est sans doute ce qui fait qu'il n'y a pas de tensions ou de refoulement sur ces sujets là. Et c'est finalement bien plus sain que dans beaucoup d'endroits.

Sinon, factuellement, le Brésil est un pays développé et très beau, avec de la jungle, des belles plages (mais pas paradisiaques comme en Asie ou à Mada), des villes agréables, un soleil qui se couche après 19h (appréciable après l'Asie), des distributeurs qui n'acceptent ni Visa ni MasterCard pour la plupart (pas très pratiques...), dans lequel on a très envie de revenir.

Leila :

TUDO BEM! 
Tuuuuudo beeeeeeeem beeeeem beeeeeem
Je pourrais résumer le Brésil avec cette phrase, tellement révélatrice de la mentalité et l'ambiance de ce pays (joie de vivre, chaleur humaine, musique...)

Tout le monde sourit, y va tranquillement.

Sur des airs Do Brasil : 
"Aguas de Marco" de Tom Jobim & Elis Regina
"Aguarela do Brasil" de João Gilberto
Ou plus festif et bien plus cliché sur "Samba de Janeiiiroooo"

Tudo bem donc .

Rendez vous à prendre avec le Brésil nord centre et nord est . l'Amazonie en revanche serait envisageable uniquement après une désensibilisation aux piqures de moustiques ... 

jeudi 29 janvier 2015

Cuisine Afrique

Comme pour l'Asie, quelques photos de nourriture à voir sur le Dropbox.
Mis à part le soussou de Madagascar et la Game Meat de Namibie, c'est dans l'ensemble plus occidentalisé.

Bilan Afrique & 8 mois (du 5 août au 18 novembre)

Laurent :

Ah l'Afrique. On y tenais tant. Un passage par ce continent était pour nous un impératif durant cette année (contrairement à l'Océanie qui ne nous attirait pas du tout). Inconnue, proche de l'Europe et en même temps difficile et chère d'accès, effrayante mais attirante. C'était la bonne année pour y mettre les pieds.

Connaissant déjà le Maroc, et pour cause, on avait longuement hésité entre l'est-sud ou l'ouest de l'Afrique, avant de choisir le premier pour Madagascar et des facilités d'accès (aéroports internationaux).

Trois étapes (en considérant ensemble l'Afrique du Sud et la Namibie), trois cultures et trois niveaux de développement bien différents (le grand écart africain entre Mada et l'AfSud).
Trois façons de voyager différentes : expat, volontariat, premier road-trip tous les deux. Aucune qui se rapproche de l'Asie.
Le voyage est ici moins facile, plus risqué, beaucoup plus cher. On y croise beaucoup beaucoup moins d'occidentaux.

On s'est plus ou moins bien intégré et imprégné des cultures, on a plus ou moins apprécié les gens et les ambiances, et au final ces presque 4 mois marquent une étape importante dans le voyage. L'âge de raison ?
On prend plus notre temps, on regarde moins le budget et on se frustre moins (on tend des fois plus vers le vacancier que le routard et on l'assume totalement, ne faisant pas une fixette du côté "roots" du voyageur), on s'ouvre à d'autres horizons avec des personnalités et des histoires bien différentes de l'Asie, des relations noirs/blancs qui questionnent et donnent envie de mieux comprendre.

On y a pris goût et on a maintenant envie de découvrir l'Afrique de l'Ouest dont on nous a dit qu'il est encore bien différent de ce qu'on a vu.

Personnellement, on n'a pas l'impression d'avoir changé tant que ça. Ce n'est que quand la famille et les amis viennent nous voir et nous remettent un peu dans le quotidien parisien/français qu'on se rend compte qu'on s'en est quand même éloigné plus qu'on ne pense.

On a ralenti, on a eu le temps de réfléchir à ce qu'on a vécu avant et pendant le voyage. On a vécu/emmagasiné beaucoup d'expérience(s). On a quitté certain idéaux, on essaye de plus être dans l'écoute et la compréhension que le jugement. On assume notre statut d'occidentaux avec ce que cela entraine (on sait qu'on paye plus) mais on refuse ce qu'il peut entraîner comme mauvaises pensée, de notre part ou de celle des locaux (condescendance, portefeuille ambulant). On est avec les gens comme on attend qu'ils soient avec nous, mettant de côté les différences sociales.
Ces idées très vagues et très abstraites viennent après un certain nombre d'expériences qui prendraient trop de temps à être toutes expliquées.
L'important pour moi, c'est de dire que ces expériences sont quelque-chose à vivre et ne peuvent pas s'apprendre dans les livres ou dans les films. Elles en sont le complément. Elles nous ouvrent l'esprit, et me conforte encore dans le choix qu'on a eu de partir.
On voit, on fait, on vit des choses. Beaucoup de choses.

Enfin, on prend goût à n'être que tous les deux. On se détache de certaines notions : paraître (on n'a pas souvent de miroir), compétition.
Ça va être dur de s'y remettre. D'ailleurs, en aura-t-on envie ?

Leila :

Tout a déjà été dit dans nos bilans par pays.

On croise beaucoup moins de voyageurs qu'en Asie, et pour cause. L'Asie est bien plus paisible, calme, nettement moins cher : un voyageur peut aisément se débrouiller avec un petit budget. L'Afrique ça se paye. Les transports publics sont peu développés.  On ne passe pas d'un pays à l'autre comme bon nous semble. Pour nous, les transports publics nous permettent d'être en relation avec les autres, d'en faire partie d'une certaine façon.
Autant de raisons qui expliquent peut-être le peu de "tourmondistes" prévoyant ce continent .

Nous même avions finalement prévu d'aller en Afrique du sud et non pas vers l'Afrique de l'ouest à cause du prix du billet d'avion nous permettant de rejoindre le Brésil. Sans aucun regret. 

Et puis ça se corse aussi en terme de sécurité, sachant que nous ne prenons jamais de risque, que nous ne sommes pas non plus de grands aventuriers. Ce sentiment d'insécurité a été souvent contraignant, limitant parfois nos sorties et déplacements. Limitant notre envie de se laisser aller. Sans trop prévoir. Essayer un petit boui boui au coin d'une rue, flâner dans les marchés. On l'aura fait mais avec plus d'appréhension. Nous nous sommes sentis parfois pas les bienvenus, scrutés avec une interrogation claire dans le regard : qu'est ce qui vous amène par ici vous 2 ?

C'est d'ailleurs bien dommage que l'on n'ait pas immortalisé certaines scènes du quotidien à certains endroits, toujours par soucis de sécurité. On les a bien en tête.

Parfois je regrette de ne pas être allée plus vers les gens, de ne pas être sorti de la voiture pour aller à leur rencontre , de ne pas en avoir pris en autostop. Quand je me remets dans le contexte, on n'était pas à l'aise, on ne voulait pas forcer les échanges.

Mais notre expérience restera magique, (et des échanges il y en a eu notamment à Madagascar et au Kenya avec les amis de Marie. )

L'Afrique c'est pour moi des sourires contagieux, un zoo géant d'animaux en liberté, des paysages à couper le souffle, une forte croyance religieuse qui s'apparente parfois à des sectes le dimanche matin durant la messe (sacrée), une musique entrainante, des formes généreuses (je trouve d'ailleurs assez étonnant que dans certains villages, le short choque bien plus les regards que les leggins ultra moulant très appréciés par ex en Afrique du sud :)), une pauvreté affligeante, une certaine élégance colorée coiffée de beaux chapeaux, une lumière et des couchers de soleil sublimissimes, la "colonisation des chinois" qui "pillent" les ressources avec le consentement d'un gouvernement vénal qui ne pense pas aux générations futures, la corruption, un système scolaire défaillant, des pays paumés après le départ des ex colonies ... 

La fin de l'Afrique nous amène à quasi 9 mois de voyage (déjà!!). Nous étions fatigués à la fin de l'Asie, beaucoup moins après cette étape. L'étape Madagascar a été très éprouvante mais une des plus fortes. Nous avons passé du temps avec amis et famille. Cela fait aussi 9 mois que nous voyageons ensemble. À 2. Parfois seuls pendant très longtemps. On apprend à se connaître plus, soit même, et on redécouvre l'autre. On prend plus de recul, on juge moins rapidement, on accepte encore plus la différence. 

Décidément ce voyage ne nous aura pas rassasié. On a encore plus envie d'en découvrir plus. l'Afrique de l'ouest par exemple. Retourner à Salary à Madagascar ... ce sont les pays où on attend le moins qui nous surprennent le plus.

C'est toujours avec un certain sentiment de tristesse et une appréhension de l'inconnu que l'on part d'un continent pour en rejoindre un autre. On sait que l'Amérique du Sud est très appréciée. Dernier continent. Nous n'avons pas encore nos billets retour, il nous reste encore quelques mois de voyage mais nous sommes plus proche de la fin.

mardi 20 janvier 2015

Bilan Afrique du Sud & Namibie (04/10/2014 au 18/11/2014)

Nombre de jours : 28 (Afrique du Sud) + 18 (Namibie)
Nombre d'etapes : 27
Dépenses par jour par personne : 693ZAR, soit 49,5€ (Afrique du Sud)
Nombre de pas par jour : 7500 (Afrique du Sud) et 9000 (Namibie)
Nombre de jours avec quelques heures de pluie : 5 (Afrique du Sud) + 1 (Namibie)
Côté conduite : gauche / côté volant : droite
Km parcourus : 8400 (Afrique du Sud) + 3300 (Namibie)

Laurent :

On l'a évoqué dans le premier article, et c'est ce que je retiendrai avant tout : le confort. En passant de Madagascar à l'Afrique du Sud, on retrouve des sensations qu'on avait oublié. Pas de moustiques, des hôtels ultra-confortables, une voiture de location. Tout ça fait qu'on a l'esprit tranquille et qu'on ne stresse pas, ni pour la sécurité, ni pour les bagages, ni pour rien d'ailleurs.
On est dans une autre manière de voyager, plus proche des vacances que du voyage même si, pour en avoir longuement débattu avec mes parents, les différences sont très subjectives.

Le pays est différent de ce qu'on a vu récemment et il faut remonter à la Chine pour trouver certaines similarités. Propre, sans papiers ou sacs plastiques qui traînent. En travaux, avec des routes toujours meilleures. Un vrai pays en développement.

Différent aussi, l'ambiance générale et les relations humaines.
Des rapports noirs/blancs qui nous mettent souvent mal à l'aise, même si ça ne nous a pas empêché de profiter. Heureusement, Le Cap semble montrer la voie pour plus d'ouverture d'esprit et de mixité.
Une mentalité anglo-saxonne qui ne nous correspond pas tellement. En 6 semaines on n'a rencontré personne, à part 2x2 français le temps d'une soirée et quelques sud-africains en vacances à la Côte Sauvage. Pour en avoir discuté un peu avec ces derniers, on s'est rendu compte que la langue influençait beaucoup la culture, et que la difficulté qu'on les français à parler anglais a comme côté positif de nous protéger d'une sur-américanisation, au contraire des sud-af, des néerlandais, etc. qui sont complètement bilingues et se comportent exactement comme on le voit dans les sériés américaines. 

On se "contente" donc pour ces 2 pays d'admirer les paysages et les animaux qui eux valent assurément le déplacement ! Magnifiques en Afrique du Sud, incroyables en Namibie. Pendant 1 mois et demi on a vu une énorme diversité d'endroits et de bêtes qui laissent rêveurs.

Ceci a un prix, et ça sera assurément nos 2 destinations les plus chères de cette année. A tel point, qu'avec l'aide du climat assez frais on se permet de ne laver nos affaires que peu de fois, reculant devant le prix excessif de la laverie, ce qui me permet de m'habituer plus que de raison à mes chaussettes :)

Pour la suite, en Amérique du Sud, je pense qu'on va retrouver une façon de voyager plus comme on l'imagine, avec plus de contacts humains et plus de trajets en bus.

Pour le mot de la fin, j'aimerais citer un ex-collègue qui m'a écrit ceci : "Mais le monde, une fois que tu en fais le tour, tu commences à tourner en rond, non ?" Et c'est vrai qu'on en voit des choses. Beaucoup de choses, en finalement peu de temps. Parfois tellement qu'on fini malgré nous par être lassé. C'est une question qu'on s'était posée avant de partir : que faire si ça arrive ? Il ne faut pas vouloir aller trop vite. On se pose et se repose. Et ça fonctionne. Au bout de quelques jours, l'envie de découverte est de nouveau là.
Nicolas Bouvier dit dans l'Usage du Monde : "D'ordinaire, la quarantaine venant, ce vagabondage planétaire se désenchante et s'assombrit. On est obligé d'en rabattre. [...] la poursuite oublie son objet, tourne à la fuite, et l'aventure, vidée de son contenu, se prolonge à coup d'expédients sans entrain. On s'aperçoit que si les voyages forment la jeunesse, ils la font bien passer aussi."
Nous sommes pour notre part de jeunes trentenaires :)

Leila :

Après Antananarivo, atterrir à l'aéroport de Johannesburg, c'est comme s'envoler de bab Marrakech à Vegas. 2 heures de vol suffisent pour nous projeter dans un espace ultra moderne ...
On se retrouve tout au bout de l'Afrique, pour moi tout à l'opposé de Tanger (hus;))

Dès le premier soir, on saute comme de vrais enfants sur des lits ultra moelleux, chauffants !!!!! 3 à 4 oreillers chacun. 
Ce confort en hébergement nous accompagnera tout le long du voyage. Propreté impeccable, aucun moustique ni puce ou punaise! 
Un pays idéal pour des vacances en mode road trip.
Des infrastructures nickel dont 
des routes impeccables, parfois interminables, une ligne à l'horizon mais dont on ne se lasse pas ,
des hôtels au top, 
des paysages variés qui défilent (gros coup de cœur pour la côte sauvage),
le Cap qui nous donne envie de s'y installer,
L'impression d'être bien et seul au monde.

Socialement? Humainement? Le bug. 
Des africains blancs très sympas chaleureux et accueillants.

Des africains noirs quasi inexistants sur notre parcours (qu'on a choisi touristique pour des raisons de sécurité). Aucun n'aura été gérant d'un des hôtels fréquentés.

Mais où sont ils? 
En arrière plan. Dans l'arrière pays. D'anciens township en reconstruction. 
Une réalité désolante . On prend bien plus conscience de l'apartheid. Le personnel quitte les villages après la journée de boulot pour rejoindre ses quartiers. Aucune adresse indiquée sur le guide mis à part quelques excursions organisées pour visiter les townships ?!?!?

Celui ci évoque la fin des discrimination raciales qui laisse place aujourd'hui à une discrimination sociale forte.
Fatalement liées.

On s'étonne que ça ai pu arriver , mais peut être que les générations futures s'étonneront  de constater ce qu'il s'est passé en Syrie, Irak, états pseudo islamique et ailleurs.

L'insécurité ? 
Réelle. 
Forte protection et hautes barrières à chaque magasin, resto et maison. Des affiches "armed response" à leurs entrées, même aux portes des églises!!! Et quelques pancartes "free gun zone" ?!?!? Aaaaaaaaah
On ne marche pas. On roule. On ne sort pas de nuit.

On roule, on ne prend ni bus ni train. Un de nos moyens favoris pour rencontrer des gens et les observer. Impossible ici.
Restos branchés et aucun boui boui non plus.

Idem en Namibie. Pays splendide. Ce n'est pas un pays pour les voyageurs fauchés (merci T2!!!!!). 
Les zèbres sont nos ânes. Les impalas nos moutons. Les oryx ou le kudu sont nos vaches.
Un blog de voyageurs résument assez bien ce que j'en pense :
(http://gauchet-namibie.blogspot.com/)

"
ce qui nous a surpris :

La  réflexion de Jomo Kenyatta, premier président du Kenya (père de l'autre Kenyatta) : « Quand les Blancs sont arrivés en Afrique, ils avaient la Bible et nous la Terre ! Ils nous ont appris à prier les yeux fermés. Quand nous les avons rouverts, nous avions la Bible et eux la Terre. », semble écrite par les Namibiens… La « red line » (la ligne rouge) marque la « frontière » entre monde développé et monde en voie de développement. Au sud, on rencontre les ranchs énormes, éparpillés sur de vastes étendues de « bushveld » (savane sèche et broussailleuse), tenus essentiellement par des fermiers blancs qui élèvent bœufs et moutons. Au nord, on pénètre dans un bush dense avec baobabs et mopanes et de petits kraals (fermes) où la majorité des gens sont noirs et luttent pour produire le minimum vital…

C’est vrai ! On l’a vu et on a ressenti ces différences. Mais, comme beaucoup, on ne s’est pas apitoyés sur cet état de fait… sans doute envoûtés par la magie du pays… (Le mot « magie » revient souvent, mais vraiment on ne trouve pas de synonyme !)

ce qui nous a enchantés : en fait TOUT !

On passe d’une plaine lunaire à des dunes de sable rouge, de la savane jaunie à des montagnes bleues ou mauves, d’un lit de rivière asséché à une côte tourmentée, de chutes d’eau à un canyon impressionnant... On assiste à de somptueux levers (et couchers) de soleil, au réveil de la faune et de la flore, avec des jeux de lumière et des contrastes fascinants entre toutes les couleurs : ocre, vert, jaune, pourpre… C'est tout simplement hallucinant!

"

Ces pays nous auront régalé d'un point de vue paysage , moins en relation humaine. Une grande complexité historique et sociale.

vendredi 12 décembre 2014

Bilan Madagascar

Nombres de jours : 42
Nombres d'etapes : 11
Dépenses par jour par personne : 65100MGA, soit 20€
Nombre de pas par jour : 11200
Nombre de jours avec quelques heures de pluie : 2
Côté conduite : droite / côté volant : gauche

Laurent :

Dès l'arrivée à Madagascar on a l'impression d'être dans un autre monde. Par rapport à la France bien sûr, mais même par rapport au Kenya. La route qui vient de l'aéroport est toute petite (pour nous) et traverse des quartiers où l'on voit beaucoup d'enfants et de pauvreté.
Ça donne le ton du mois et demi qu'on va passer ici.

Par rapport au Kenya, on retrouve ici une mentalité plus latine, moins distante de loin et moins "Hey man, how you doing, my name is John, and you ?" au premier contact.
On peut parler français dans la rue pour la première fois depuis des mois :)

L'insécurité est présente, mais pas comme au Kenya où chacun se barricade chez sois et où on a peur dès qu'on sort. Tana est très impressionnante de prime abord, surtout quand on se fait faire les poches direct, mais on fini par l'apprivoiser et s'y sentir quasiment à l'aise.

Les gens sont gentils et curieux. Un peu comme en Asie. D'ailleurs, ils sourient tout le temps.
Au niveau culture, c'est le pays où on se sera le plus immergé, où on aura le plus appris/compris de choses malgré la complexité (castes, prostitution, pacifisme) : on y a passé 1 mois 1/2, on a été au contact des locaux et des enfants avec l'association Manda, on a rencontré quelques expats, on a choisi un itinéraire en 4x4 en dehors des sentiers touristiques avec un guide francophone et cultivé qui nous a expliqué énormément de choses. On a vraiment eu l'impression de pouvoir cohabiter avec les malgaches avec qui la barrière de la couleur et de l'argent est moins sensible que dans beaucoup d'autres pays. En Inde par exemple, où les touristes restent dans un "circuit" établi. 

Madagascar est un des plus beau pays qu'on ai vu, et cela fait mal de voir dans quel état de pauvreté vit la population.
Pas de routes, pas de transports en commun, pas même de motos comme en Asie. Les gens marchent.
Pas d'État : on n'a quasiment pas vu d'ambulance ou de pompiers, et les flics sont omniprésents mais uniquement à la recherche de backshish. Les écoles sont a priori catastrophiques et dès qu'ils en ont les moyens, les gens mettent leurs enfants au privé, même les plus pauvres !
Les tribunaux sont engorgés et minés par la corruption, et les malgaches peuvent avoir recours à des jugements populaires pour trouver un peu de justice...
Dès qu'un président semble vouloir faire des choses pour le peuple il se fait mettre dehors.

Alors pourquoi est-ce que ça n'évolue pas ?
C'est une question qu'on est en droit de se poser, sachant que Madagascar n'a pas connu de guerre depuis longtemps, que les gens sont bosseurs et que le pays possède des richesses naturelles !
Le pays est-il bloqué de l'intérieur ou de l'extérieur ?
J'ai trouvé qu'un séjour ici m'a fait plus réfléchir aux relations entre le Nord et le Sud que les premiers mois de voyage.

Au final, Mada est une vraie découverte et bien le pays coup de cœur qu'on s'imaginait, au même titre que la Mongolie.

Leila :

Madagascar est un pays qui fait rêver mais auquel j'évitais de penser ne savant pas à quoi m'attendre pendant nos 3 semaines de bénévolat, ne rien anticiper pour ne pas stresser? et me laisser porter vers un projet qui nous tenait à cœur avant la préparation de notre voyage. On savait que le contexte serait moins facile que notre unique bénévolat en Inde (pas d'intimité, être avec les enfants 24/24, sont ils agressifs? Éduqués?...)

3 semaines finalement enrichissantes dans l'ensemble, des fois pénibles et éreintantes, d'autres intenses moralement et physiquement.

Enfants de rue. Ces mots résument assez bien le constat que nous avons pu en faire. Même si on ne réalisait en rien, avant de rentrer dans la cour de jeux de l'association.
On ne réalisait certainement pas la portée de ces mots. Enfant de rue. C'est lorsqu'on côtoie tous les jours ces petits bouts de chou, qu'on recroise, au travail, le soir même au marché avec une tête et une expression différente.... 

Le plus touchant est aussi cette équipe d'encadrants, formidables et admirables de dévouement. Un bel exemple de solidarité, qui nous donne envie de nous investir à leurs côtés, auprès de ces enfants. On n'est pas là pour faire semblant ou soulager notre conscience. On ne peut refuser un gros câlin à un enfant qui dort dans la rue même s'il a des puces et des poux.... On avale ce soussou de ***** religieusement.

Le retour à Antananarivo fut déroutant puisque nous nous sommes retrouvés, comme projetés, sans étape intermédiaire ou préparatoire dans un hôtel avec WC (!!!), douche et eau chaude (!) aucune puce (!) Ce qui représentait pour nous, à cet instant, grand luxe et confort. Avec en prime un restaurant qui sert des quantités énnoooormes de viandes sauce camembert (!!!), andouillettes, salades.... Un paradis après le traumatisme de nos repas précédents au soussou. C'était une extraction volontaire et nécessaire de notre rythme de voyageurs, pour nous remettre tranquillement d'un épuisement que nous avons rarement ressenti avant.

Tana ou Antananarivo n'a pas été que les 5 kgs pris à l'hôtel au retour du chantier, on se désarme toutes les fins de journée de toutes ces peines croisées et de ce chaos d'un autre temps. Comportement contradictoire d'ailleurs. Mais que voulez vous ?  On s'empifre le soir alors qu'on se révolte le jour.

C'est clairement la première fois que je suis autant déboussolée par la misère.
On savait Madagascar un des pays les plus pauvres mais on s'est pris une claque à l'arrivée (dés l'aéroport - aucune infrastructure). Rien à voir avec l'Inde où la misère nous y semble maintenant comme plus "organisée". Dans ces pays, comme si la misère générale ne suffisait pas, on y ajoute un système de hiérarchie qui écarte encore plus certains. Le système des castes en Inde, les descendants des esclaves à Madagascar. 
En Inde, les saris homogénéise la pauvreté. Au Maroc, on construit des murs tout le long des bidonvilles. On tasse toute cette misère. On la cache. Ici la misère est omniprésente et donc bien plus frappante. Partout. Même dans les quartiers riches ou touristiques. Les femmes font leur linge à même  la bouche des égouts en plein centre ville. 
Le soir venu et en pleine rue touristique, un décor un peu moyenâgeux et effrayant s'installe : des feux s'allument à chaque coin de rue, les gens se regroupent autour pour s'éclairer / se réchauffer ou créer plus de convivialité. Plusieurs quartiers se retrouvent dans la pénombre totale. Pas d'électricité du tout. L'hôtel de ville brille.

Le temps s'est comme arrêté. Des 4L, des 2CV et des chevaux circulent le long de ces collines. Des épiceries sommaires, des marchands de quelques légumes desséchés par le soleil. Pourquoi ne se révoltent-ils pas ?

Ici l'argent ne "roule pas mais monte" . je n'ai jamais vu autant de barrages de police, en ville à quelques mètres des hôtels et des resto/bars (astucieux pour cibler les touristes pigeons) et tous les 30kms sur La route nationale. Ces gars ont au moins le mérite de ne pas faire dans l'hypocrisie : l'argent est démandé sans raison et directement.

On n'a jamais été autant déboussolé et paumé depuis le début du voyage.  On s'est fait des frayeurs à marcher de nuit, on a tourné en rond ne savant pas comment s'y prendre pour trouver une connexion Internet un certain dimanche. On ne savait pas où manger... On s'est toujours débrouillé jusque là mais on n'a jamais autant piétiné qu'à Tana. Maintenant c'est dû à notre contexte personnel qui a fait que nous y avons passé du temps dans cette capitale. Généralement, un touriste y passe 1 ou 2 nuits max. Et pour cause. 

La pauvreté est aussi extrême à l'extérieur de Tana mais la diversité des paysages y est insoupçonnée.

Après les retrouvailles avec les potos, nous sommes partis  ensemble pour une super aventure, riche en secousses (sur une piste très cabossée) en compagnie de notre guide Andjy qui parle couramment français ce qui facilite les échanges sur la culture et la société malgache.

Le départ des potos nous plongent dans  un sentiment  bizarre, de les voir repartir vers chez nous mais sans nous... 

À Madagascar, j'ai eu conscience, pour la seconde fois après le Kenya mais pas autant, du développement et de la chance que nous avons au Maroc.

Madagascar c'est énormément de souvenirs et des images de fooôoliiiiiiie en tête ! Paysages (sable blanc, mer turquoise, baobabs, rizières, villages.....) mais surtout la richesse humaine (visages, sourires, rires, chaleur, silhouettes couronnées de beaux chapeaux, so elegant !...)

Mada on y retournera !

lundi 17 novembre 2014

Bilan Kenya

Nombres de jours : 18
Nombres d'etapes : 4
Dépenses par jour par personne : 5700KSH, soit 47.5€
Nombre de pas par jour : 7400
Nombre de jours avec quelques heures de pluie : 3
Côté conduite : gauche / côté volant : droite

Laurent :

Pour notre premier pays d'Afrique on a choisi la facilité en rendant visite à Marie, et en vivant donc plutôt une vie d'expat qu'une vie de voyageurs (ici l'Alliance française est notre QG). Et au bout de 5 mois ça change :)
D'ailleurs, est-il vraiment possible de backpacker dans ce pays. On ne peut pas y descendre dans le premier hôtel venu car il faut un minimum de sécurité, et cela se paye. Alors, entre ça et le prix des parcs nationaux, on voit mal comment respecter le budget.
Pas comme en Asie c'est certain.

Pour finir avec les côtés négatifs, je dirais que l'insécurité est le gros point noir. Des mesures de sécurité individuelles et collectives constantes et un climat général oppressant qui fait qu'il me serait difficile d'habiter à Nairobi.

Les gens eux sont très gentils, surtout en tête à tête, avec une politesse et une réserve qui rappelle que le Kenya était une colonie anglaise et est apparemment très différent de l'Afrique de l'ouest où la mentalité a plus pris du côté francophone.
La seule gène vient quand on se retrouve au milieu d'un ensemble de personne où notre couleur blanche nous fait clairement ressortir. La retenue est toujours présente mais l'atmosphère devient un peu oppressante.
2 exemples :
- Au marché de Nakuru, où nous sommes allés nous balader le dimanche matin, on ne se sentait pas très à l'aise, voir carrément pas bienvenus, si bien qu'on a fait demi-tour au bout de 5 minutes. Alors que pour moi, en Asie comme en Europe, le marché est un lieu d'échange et de bonne humeur.
- Quand on s'arrête manger un Niama Choma (spécialité kényane) sur le bord de la route, 2 vendeurs de stands différents en sont venus aux mains pour nous attirer ...

D'un autre côté, nous avons vécu des moments magiques, avec un safari inoubliable, dont on ne rêvait pourtant pas mais qui est un des moments forts de ces 6 premiers mois !
Le week-end au bord du lac Naivasha et l'excursion dans le parc de Hell's Gate étaient aussi dépaysant que reposant (au contraire des routes) et les semaines tranquilles à Nairobi nous ont un peu raccrochés à la vie normale.

Au niveau morphologique, on passe d'un extrême à l'autre entre la Thaïlande et le Kenya avec ici des hommes bien bâtis et des femmes "poulpeuses" comme dirait Cristina des Reines du Shopping (sur M6).

Ce début d'Afrique est finalement un peu comme je l'attendait. Beau, très différent de l'Asie dans son ensemble, mais plus difficile d'y voyager.
Nous faut-il plus de temps pour nous y habituer ?

Leila :

J'avais en tête et en boucle à notre arrivée, Africa my Love de Mo Kalamity.

Et puis toutes ces personnes à pied. ... Nous sommes arrivés tôt le matin, un jour de semaine, et étions aussitôt mêlés à des centaines de silhouettes longilignes qui marchaient en bord de route éclairées par le soleil levant. 
Nous avions perdu l'habitude. En Asie les gens se déplacent beaucoup en scooter ou en rikshaws.
Les transports publics peuvent être un bon indicateur pour connaître le taux de développement d'un pays. Il en dirait long sur l'intérêt de certaines classes dans l'esprit des politiques.

Je ne pourrai parler du Kenya comme de nos précédents voyage et pour cause/ nous étions dans un cocon. Le cocon d'une expatriée :  Marie Gabrielle. Et en plus, ceux qui la connaissent bien le savent. Ma Marie Gabrielle est de bon goût. Nous en avons bien profité.

Une parenthèse à Nairobi.

Pas mal de temps à Nairobi parce-que l'on en avait surtout l'envie, un brin à cause de l'insécurité (plus alarmante du côté des expatriés travaillant pour l'ambassade). Celle-ci est d'autant plus palpable ici. Il y a des contrôles de sécurité à l'entrée de tout bâtiment. C'est désagréable d'ailleurs ce sentiment de ne pas être totalement libre de ses mouvements, de ne pas pouvoir marcher quand l'envie nous prend, de rester cloîtrer dans sa voiture - fenêtre fermée.

C'est aussi pour cette raison que nous n'aurons quasi aucune photo de la vie à Nairobi. Même de jour, nous ne prenons pas le risque de nous balader avec un appareil photo en ville.

Et pourtant. Une vraie ambiance dans ces rues. De grands sourires échangés. De gros "popotins:)" ici et là.
L'envie de bouger en continu et partout à chaque son. 

A l'extérieur de Nairobi, on découvre les premiers paysages de brousse et de savane sous différentes lumières de la journée. Des instants époustouflants de beauté.  On tourbillonne dans les marchés d'artisanat et on peine à résister aux statuettes en bois, jusqu'à croiser les premiers visages et silhouettes Masaï en bord de route. 
Et puis la magie, la vraie restera le safari dans le Masaï Mara. Nous ne sommes à l'origine pas de grands passionnés d'animaux mais nous en avons ici pris plein les yeux.

jeudi 6 novembre 2014

Cuisine Asie

Nous ne pouvons pas conclure un bilan sur l'Asie sans évoquer tous les plats et toutes les saveurs testés.

Nous ne ferons pas là une critique gastronomique de chaque pays mais nous postons quelques photos des plats qui nous aurons le plus marqués (à voir sur notre Drop box, lien "Photos" en haut à droite du Blog). Parce-que ouiii nous nous sommes lancés le défi au début de ce voyage de prendre en photo tous les plats, absolument tous! Défi relevé à 95% :)

Bilan Asie & 5 mois (du 4 mars au 4 août)

Laurent

La première chose que je me dis c'est que je ne suis pas déçu. C'etait une crainte que j'avais avant de partir. Savoir si cela valait le coup de tout laisser tomber. Tout le monde nous disait : "vous allez voir, ça va être génial, c'est incroyable, vous avez de la chance, profitez-en bien, etc.".
Je me le disais aussi, mais d'un autre côté je pensais que ceux qui me disaient ça n'étaient pas en train de tout plaquer, ne prenaient pas le risque de voir leurs attentes déçues.
Mais au final, le voyage est une expérience tellement enrichissante que je ne peux que me dire qu'on a fait le bon choix, qu'on a eu raison de ne pas bloquer notre envie d'ailleurs.

Je me disais aussi : "c'est bon on a déjà voyagé, on sait ce que c'est, on ne va pas revenir complètement chamboulé, on ne va pas rejeter le monde occidental, etc."
Je ne me trompais pas mais quand même, plus le temps passe, plus on prend le rythme, et moins on se voit rembrayer sur une vie parisienne pleine de sorties, d'amis, de boulot, de métro, etc. Même si des fois ça peut manquer un peu, 10-15 minutes, et puis on replonge dans le voyage.
On commence à songer à d'autres possibilités. Rien de concret, rien de précis, mais en voyageant on voit des endroits, parfois des villes, qui donnent envie.

Une chose étrange est notre vision des autres touristes. Plus ça va, plus on les fui. On a envie de sortir du "circuit" mais en meme temps on y revient tout le temps. Doit-on faire avec ou sans le Lonely, le Routard, le Petit Futé ?
On apprécie toujours la rencontre unitaire - je pense à Ben, Sarah et Galit, Vincent et Thierry, Blandine, Verner - mais on a vraiment du mal avec les masses de touristes, avec les auberges/usines. J'ai écouté une émission qui disait que ceux qui respectent le moins les SDF sont les autres SDF, qui se trouvent toujours plus méritant, plus à plaindre, moins feignant. C'est un peu l'image que j'ai de nous avec les touristes. Même si le fait de voyager aussi longtemps engendre forcément un décalage.
C'est plutôt schizophrénique, mais on finit par l'accepter.

Pour ce qui est de l'Asie, on connaissait un peu, on a adoré. De l'Inde spirituellement et culturellement fascinante mais difficile à aborder, au Laos touristico-teenage qui nous a déçu, en passant par la Mongolie si tranquille et différente du reste. Certaines villes sont coup de cœur (Séoul, Bangkok), d'autres nous ont déplu (villes chinoises). En parlant de la Chine, c'est une véritable découverte et de très belles rencontres. On a vraiment du mal à comprendre la mauvaise image qu'ont les chinois quand on les a côtoyé quotidiennement chez eux pendant 1 mois.
Globalement, les asiatiques sont extrêmement respectueux et chaleureux. Même si la communication est parfois difficile, les rencontres sont souvent fortes, agréables et marquantes. 

Quand je regarde les photos depuis le début, avec le recul je prends conscience qu'on a vu des choses magnifiques. La Birmanie nous a laissé sur notre faim mais elle n'en reste pas moins un pays très beau. Les étendues mongoles nous ont charmé que ça soit sous la neige dans la steppe, ou en plein cagnard dans le Gobi. La Chine et ses centaines de merveilles est un trésor naturel et historique.

On pourrait rester dans chaque pays 2 fois, 10 fois plus de temps. Voir plus de choses, s'attarder plus longtemps. On est toujours en train de jongler entre 2 envies : celle de voir beaucoup, et celle de voir bien. En termes professionnel, le quanti ou le quali ? :)

Au final, et même si ça n'est pas aussi facile que ça pourrait le paraître, je suis heureux de ce que nous avons fait jusqu'à présent, de notre trajet, de nos choix et de notre manière de profiter.
On fini l'Asie épuisés mais curieux et frais d'esprit pour découvrir un petit bout d'Afrique, avec une certaines appréhension sur ce qu'on va découvrir, sur certaines problématiques qui nous attendent, notamment la sécurité et les relations noirs/blancs dont on nous a dit qu'elles étaient parfois délicates.

Leila

5 premiers mois de voyage. 8 pays vécus très différemment ne serait ce que par le temps passé à travers chacun. 

L'Inde, incontestablement le pays le plus troublant, totalement différent, sans aucun repère connu ou assimilé, comme dans une bulle unique. 
C'est un voyage énergivore (Old Delhi!!! Varanasi!!!), fatiguant par toute cette agitation, ce vacarme constant où tous nos sens sont en alerte permanente, mais en même temps il se passe un truc. Un truc qui attache aux gens, à la culture et à la différence. 
Celle-ci caractérisée aussi par une  mixité culturelle et religieuse (hindoue, sikhs, bouddhistes et musulmans) que se soit à travers le patrimoine culturel, les lieux de culte ou plus simplement dans nos assiettes. ?

Difficile de revenir en quelques mots sur cette étape. 
Les camions colorés (l'inscription à l'arrière :  horn ok please), les saris, les couleurs les parfums et odeurs. La gastronomie la musique , le tintement des cloches dans les temples, les voyages en train...

Et puis c'est très étonnant, mais maintenant qu'on en est loin ça me manque un peu (et on finit par oublier avec le temps les moments de tension ou les regards masculins quelques fois oppressants).

Séoul : impressionnée au début, déboussolée ensuite puis trop éblouie le dernier jour par toutes ces lumières et ces quasi clones ultra fashion. 
(Nous n'avions pas vu autant de magasins depuis un moment et je me suis interrogée le premier jour sur l'intérêt d'en avoir autant à dispo!? Je me suis retrouvée dedans comme une hystérique le second jour, happée automatiquement...).

Mongolie : le coup de coeur. Une voyageuse croisée en Birmanie nous avait affirmé qu'elle aurait pu y mourir, sous ce ciel étoilé. Perso j'ai encore pas mal de ciels étoilés à découvrir mais ça résume un peu ce que l'on y ressent.

Les autres étapes de notre voyage ont toutes eu un petit quelque chose qui nous a marqué.

Le Népal où l'état de trans que l'on ressent à gravir toutes ces marches, où le contraste surprend d'un côté à l'autre de la frontière avec l'Inde. En Birmanie, la douceur et la finesse des birmans et l'élégance et la retenue des birmanes dans leurs longis (un peu déçus tout de même du rapport à l'argent qu'il peut y avoir à certaines régions, rattrapant en quelques années seulement la Thaïlande). Les petits villages en Chine où nous avons pris le temps de nous arrêter, les ethnies au Laos puis Bangkok dont on ne se lasse pas encore.

Autre point marquant, les traits du visage qui évoluent d'un pays à l'autre mais, qui restent très ressemblants à la fois.? Des traits qui s'accentuent , des yeux plus ou moins bridés.

Un visage par pays


Les rencontres aussi. En voyage, on va plus facilement vers l'autre.

Les locaux d'un côté. Certains nous ont aidé spontanément malgré la barrière de la langue. Bien que toutes les nationalités soient concernées, j'insiste sur les chinois : malgré tout ce que l'on a pu entendre, nous avons eu avec certains de vrais moments. Ils sont d'ailleurs très étonnants : discrets et bruyants à la fois, raffinés mapréset faire preuve d'un comportement assez déconcertant voir même "bourrin". Encore une différence culturelle à laquelle il faut se faire.

Les voyageurs de l'autre, (il y en a d'ailleurs pas mal en Asie - destination peu chère- plus sécuritaire et très dépaysante). on se retrouve à discuter avec des gens toute une soirée ou le temps d'un trajet. Nous avons parcouru avec certains un petit bout de chemin. 

En traversant tous ses pays, ses visages et regards, nous avons aussi évolué dans notre façon de voyager.

Après quelques mois :

La lassitude prend quelques fois le dessus. Alors nous prenons davantage notre temps et nous ne regrettons pas de ne pas découvrir les coups de coeur/ incontournables ou itinéraires conseillés par les guides de voyage. Nous avons encore quelques mois devant nous et nous avons appris à nous arrêter pour mieux repartir aussi (pas toujours évident - la tentation est toujours assez forte).

On est très content d'être parti et d'avoir pris cette décision. Quelques appréhensions forcément avant le départ, prendre le risque et lâcher son job.... Pendant que beaucoup de nos amis investissent dans leur appart. Absolument AUCUN regret. 
Ce n'est clairement pas la même expérience que de voyager plusieurs fois par an. C'est très excitant à chaque fois de se dire à la fin de chaque étape/pays que nous ne rentrons pas mais que nous repartons plus loin, un autre point sur la carte pour une nouvelle destination/culture/expérience. Le manque de confort ? Totalement compensé par la richesse du voyage.

Et puis on se permet plus d'écarts et dépassons un peu notre budget. 

Une amie m'a demandé si je me sentirai plus écologique en voyant tous ses paysages bruts. 

Il est certain qu'en traversant des paysages comme ceux que nous avons pu voir, notamment après le Népal ou la Mongolie, on a envie que tous soient protégés et préservés. Mais je ne serai pas pour autant militante :)

Pour l'instant, ce que je retiens : le partage et l'humain. Je serai toujours touchée de voir à quel point ce sont ceux qui ont le moins qui partagent le plus. 
Pas encore touchés par le système individualiste dans lequel on évolue. Et c'est ce qui est à mon sens à préserver.  c'est aussi très égoïste. 
On a envie de continuer à voir les traditions de ces villageois préservées de l'extérieur, ce qui fait leur authenticité, mais ils ont aussi le "droit" d'avoir l'électricité, la Tv, des outils plus modernes pour plus de productivité, avoir plus d'argent pour arrêter de survivre.... C'est le dilemme de la modernité et du "confort" matériel, une évolution (?) qui mettrait en péril cet aspect ?

L'autre réflexion est sur le voyage :  le tourisme détruit aussi l'authenticité tant recherchée-  On va dans des pays lointains aussi pour voir un autre système mais on y amène par notre pouvoir d'achat, ce rapport à l'argent ... On essaye d'avoir une attitude de touriste/voyageur respectueuse de l'autre et du contexte dans lequel nous sommes (ne pas réfléchir en €...)

Je n'aime pas ces discours un peu pathos mais c'est quand même un peu ça. 

On finit ces 5 mois en  Asie enchanté mais aussi fatigué et lassé par la chaleur, l'humidité et les piqûres de moustiques (sachant que j'y suis allergique!!!) , fatigué aussi d'être moite et de transpirer à peine la douche finie  ... Nous avons hâte de découvrir un nouveau continent : Africaaa
Nous connaissions l'Asie, je suis certes africaine mais d'abord toujours considérée comme maghrébine. Il s'agit là  de l'Afrique avec un A et non pas l'Afrique avec un M. 

dimanche 31 août 2014

Bilan Laos

Nombres de jours : 18
Nombres d'etapes : 6
Dépenses par jour par personne : 202000LAK, soit 18.5€
Nombre de pas par jour : 11500
Nombre de jours avec quelques heures de pluie : tous les jours
Côté conduite : droite / côté volant : gauche

Laurent :

Que dire sur le Laos, si ce n'est qu'on ne s'attendait pas à ça. Enfin, pas à finir comme ça. 
Parce que le début était top. Rizières, scooter, averses de mousson, gens sympathiques, authenticité. Tout y était et nous changeait de la Chine : moins de gens, moins d'infrastructures, moins besoin de prévoir et d'organiser. 

Les choses ont commencé à se dégrader touristiquement parlant en prenant le bateau sur le Mékong pour finir par Luang Prabang, une ville qu'on n'a pas appréciée. 
Sans doute que pour des vacances elle est agréable, encore que beaucoup moins sympa que la Thaïlande ou Bali, mais avec notre condition actuelle de voyageurs elle n'a pas grand attrait pour nous. 
Elle m'a fait le même effet que le lac Inle (mauvaise influence du tourisme de masse), en puissance 10 avec un cadre beaucoup moins sympa. 

En plus, au bout de 5 mois on commence à sentir la fatigue, la lassitude, la fin du cycle asiatique et le besoin d'un nouveau départ en Afrique.

Après, on n'oublie pas que cela reste des problèmes de privilégiés pour une année. 
Un peu comme si quelqu'un qu'on envoyait sur la Lune se plaignait de ne pouvoir se baigner dans la piscine car l'eau est au plafond. 

Ça nous a aussi donné l'occasion de faire des running jokes sur le Lonely Planet. 
Ce guide que tout le monde semble privilégier et qui permet à certains hôtels ou restaurants d'avoir tous les touristes du village, pendant que leurs voisins restent désespérément vides !
Pourquoi ? Parce que : "it's in the book"...

On est nous passé au Petit Futé, qu'on imaginait nul, mais qui s'avère vraiment sympa et très économique. Il nous permet de ne pas fréquenter que des touristic places. 

En bref, le Laos n'est pas si mal, mais a déçu nos attentes. Je lui préfère 100 fois Bali, et 10 fois la Thaïlande, pour parler de ce que je connais. 
Et en plus, il est plus cher que ce qu'on pensait. 
Pour un bilan plus global, il va falloir attendre le bilan de l'Asie où nous pourrons mettre en perspective les pays les uns avec les autres, et faire le point après 5 mois de voyage.

Leila :

There are holydays places and traveling places.

Voilà comment on s'est retrouvé avec un groupe de jeunes lisant un magasine "how to be a backpacker " (véridique!!) , buvant du whisky et draguant de la minette , minette qui n'oublie jamais son pot de fond de teint et son crayon khol, très pratique par cette moiteur, et qui finit par ressembler fortement aux pandas de Chengdu. Le minet bien musclé, n'y voit que du feu, abruti par la forte chaleur et l'alcool.

Le club med pour jeunes travelers. 

Bon relativisons ces propos, à nuancer : 

nous avons déjà voyager en Asie de l'est et à Bali , très ressemblants culturellement et humainement avec le Laos mais avec la mer ou l'océan en moins. 

nous ressentons la fatigue et nous saturons aussi de l'Asie, la chaleur et l'humidité (OK c'est prétentieux de dire ça quand je pense à l'hiver parisien :p)

nous avons passé une très bonne semaine  au  nord, qui nous correspond plus (très beaux souvenirs dans les villages où les minorités ethniques préservent encore leur mode de vie et leurs traditions). 

Nous n'avons eu que très peu d'étapes dans ce pays avant de rejoindre Bangkok où nous retrouverons yasminaaaaaaa!!!

vendredi 15 août 2014

Bilan Chine

Nombres de jours : 29
Nombres d'etapes : 10
Dépenses par jour par personne : 250, soit 29.3€
Nombre de pas par jour : 12100
Nombre de jours avec quelques heures de pluie : 5
Côté conduite : droite / volant : gauche

Laurent :

1 mois en Chine : c'est beaucoup, et en même temps c'est très peu !
C'est sans doute la première fois que je voyage dans un pays autre que les USA qui parait si grand, avec autant de choses possibles à voir et à faire.

Quand on y arrive, on veut aller partout. Puis on se rend vite compte que c'est impossible. Après quelques jours de bus, même si les routes sont bonnes, on est usé. On n'a qu'une seule envie : se reposer. Et puis tout est très touristique, avec d'énormes infrastructures à chaque petit monument, et un prix d'entrée exorbitant, même au regard des standards occidentaux !
L'avantage de tous ces trajets c'est de VOIR le pays. Verte, vallonnée, remplie d'eau, la Chine est magnifique et on en prend plein les yeux à chaque train ou bus.
Même si le ciel bleu se fait très rare et fini par manquer au bout d'un moment : il fait tellement gris qu'on pourrait se croire à Paris.

Au niveau culinaire, c'est aussi super. Le pays où le menu est dans l'assiette du voisin. La carte est en chinois et on ne comprend bien souvent pas ce qu'on mange. Mais c'est bon. Bon et varié, même si tout se ressemble visuellement, à base de petits morceaux qu'on ramasse avec les baguettes.
Ce qui manque c'est les trucs consistants : gros bouts de viande dans lequel on peut croquer par exemple.
En Chine, on a aussi renoué avec les fruits, après 1 mois en Mongolie. Présents à tous les coins de rue, ils sont assez bon marché, et des fois exotiques : pêches, pommes, bananes, mais aussi mangues, litchis et fruits du dragon. Mmmmm.

Contrairement à ce à quoi je m'attendais et ce qu'on nous avait rapporté, les gens sont très gentils et très accueillants. Exception faite des touristes chinois qui sont eux sans gène. Curieux, ils sont aussi bien souvent peureux et/ou gênés de ne pas parler anglais. Des fois on passe la barrière et on communique. Mimes, dessins, sons : tout est bon.
Les chinois ne se sont pas encore tous laisser prendre par leur téléphone, même si la nouvelle génération semble bien partie pour. On les voit le matin faire du tai-chi, le soir des danses collectives, en journée jouer au Go ou au Majong. Un peu comme dans nos villages où tout le monde se réuni au bistrot ou autour du terrain de pétanque.
Côté vestimentaire, il y a 1 voir 2 temps d'écart entre les femmes et les hommes. Les premières sont belles, apprêtées et bien soignées : mini-jupes et talons, parapluie et ombrelles. Les seconds sont rustres, peu attirant et bien souvent se baladent le tee-shirt levé en-dessous des seins, en ville ou à la campagne, à n'importe quelle heure de la journée : chineese style... C'est le pays dans lequel cette différence m'a le plus marquée.

A l'opposé de ses voisins, la Chine respire l'argent : infrastructures occidentales, tourisme intérieur, tri des déchets et bus électriques, etc.
La seule ombre au tableau est cette persistante odeur de toilette. On la sent partout, comme si les canalisations avaient été fait à la va-vite. Même dans les endroits neufs et/ou chicos elle peut être là, prête à surgir à n'importe quel moment. Mais bon, on s'y fait.
Les villes, elles, sont trop grandes et peu agréables. Noyées dans l'impersonnalité.

Un point qui m'a marqué est la sécurité. Caméras partout (bus, rues, hôtels, monuments, même les parcs !), portails magnétiques même pour prendre le bus (longs trajets), passeports pour les trajets intérieurs, etc. Les autorités contrôlent tout et peuvent savoir où on est et ce qu'on fait quand elles en ont envie.

Enfin, on termine en Chine nos 4 mois de voyage. En 4 mois, on a fait le tour des réflexions dans sa tête. On a réfléchit sur tous les sujets auxquels on pouvait penser, et même plus. Il va falloir tenter de se renouveler maintenant :) Lectures, rencontres, etc. Pas forcément évident, et la lassitude guette au tournant.
Heureusement, nous allons bientôt croiser amis et famille : Marie au Kenya, Alexis et Nico à Madagascar, mes parents en Namibie. Et puis il va y avoir le volontariat avec Asmae à Mada. Tout cela va nous permettre de continuer du bon pied.
D'autant que j'apprécie beaucoup notre nouvelle ligne de conduite, moins touristique et moins pressée, où on prend notre temps dans des endroits sympas, comme à Pingle par exemple.
A poursuivre donc !

Leila :

Nous étions excités à l'idée de découvrir une partie de ce pays, sa culture, sa gastronomie, ses paysages embrumés et ses habitants. On le redoutait aussi un peu car on ne savait pas à quoi s'attendre. D'autant plus que les retours de certains voyageurs étaient très négatifs. Plusieurs ont détesté les chinois, ont galéré à cause de la barrière de la langue....plusieurs amis nous ont demandé s'ils étaient bien sales ?! S'ils crachaient par terre?! Si on avait mangé du chien?!

Et très franchement, nous les chinois on les a adoré ! Les clichés et stéréotypes sont quasi enterrés :) sachant aussi que nous ne nous sommes pas plongés dans l'étude des droits de l'homme. Nous avons tout de même eu droit à la censure web : pas accès à notre blog, Google ....

Certes, rare sont ceux qui parlent anglais (et ceux qui le parlent ont un fort accent) mais certains font l'effort d'essayer de comprendre quand on fait aussi l'effort de communiquer avec eux, en mime ou même en dessin..certains sont tellement timides ou gênés de ne pas nous comprendre qu'ils partent en courant ... Je pense que beaucoup de touristes sont agacés de ne pas se faire comprendre, notamment les anglophones qui ne comprennent pas que d'autres ne puissent pas parler anglais !

Pour ce qui est de la saleté, là encore nous avons des repères différents. Ils rotent fort et crachent (comme en Inde, Népal ou Birmanie ) et ils jettent tout par terre, au resto ou dans le train par exemple...mégot, déchets....Ça pourrait faire le bonheur de certains enfants de chez nous qui reçoivent une raclée s'ils jettent un truc ainsi :)

Mais c'est parce qu'il y a toujours quelqu'un qui passera derrière pour nettoyer. 
Dans les rues, il y a des poubelles partout et bien plus qu'à Paris. Leurs toilettes sont acceptables... Mais on sent leur odeur un peu partout , sans doute à cause de mauvaises canalisations. 

bon de ce côté là nous développons une certaine insensibilité depuis le début du voyage, il faut juste y être préparé. 

Mais il y a les touristes chinois, qui eux sont exécrables. Les chinois ont un tourisme intérieur assez important. Et ils voyagent en groupe. Ceux là parlent fort, ne respectent rien. Nous passent devant et prennent des photos toutes les 4 sec. Ils ne se gênent pas pour nous demander de dégager quand on essaye d'apprécier un beau paysage pour qu'ils prennent des photos. Il suffit de dire non avec un sourire et re belotte ils sont encore gênés et repartent aussi vite. Ils sont comme surexcités par ce qu'ils voient ou peut-être aussi parce qu'ils payent et ont l'impression d'avoir un droit supplémentaire. Et ceux là sont pas sympas du tout, mais c'est aussi une différence culturelle qu'il faut pouvoir respecter - pas toujours évident par impatience...

Le préjugé "money moni" a lui, été confirmé. Le serveur nous demanderait limite de payer avant de nous être attablé. Et les chinois sont prêts à nous vendre quelque chose même s'ils ne l'ont pas. Ils fabriqueraient ce truc, l'inventeraient si "moni" est en jeux .

Les chinoises son jolies. Les chinois moins, beaucoup d'entre eux se baladent le t shirt remonté, la bedaine à l'air ?!?!?!

On se faisait arrêter dans la rue pour nous faire photographier ou pour nous dire que nous étions beaux :) en fait c'est plus un rêve de l'Occident, les yeux pas bridés....  et pour l'anecdote certains trouvaient mon nez long joli !!!! C'est étonnant pour nous mais rigolo de la part de ces filles avec le nez aplati, d'apprécier un nez trop long :) les critères de beauté sont différents ici.

Côté paysage, on a été subjugué par ce qu'on a vu. C'est un très très beaux pays et qui nous a clairement donné l'envie d'y retourner pour découvrir l'est, le nord et le sud. 
Bon j'avoue avoir douté du naturel de certains lacs ou du bleu turquoise de l'eau. Je me suis demandé si les chinois n'avaient pas trafiqué un peu tout cela... Encore un mauvais cliché :)

Côté urbanisme, nous avons été surpris par autant de modernité (beaucoup de bétons, de verres mais du vert aussi dans les villes) et nous avons adoré le principe des motos électriques .

On ne peut pas faire un bilan Chine sans évoquer sa gastronomie. On ne sait jamais ce que l'on va avoir dans nos assiettes. Des fois c'est bon et d'autres moins. Leur cuisine est bien évidemment succulente et subtile mais on a aussi eu le droit à des plats infectes, baignants dans l'huile, ensevelis sous une montagne de piments. On s'est retrouvé à plusieurs reprises à imiter le poulet....

En ce qui nous concerne, 4 mois que nous sommes partis, nous avons fais le tour dans nos têtes de tous les sujets : enfance, adolescence, amis, expériences pro ...  nous commençons à être fatigués sachant que nous avons aussi parcourus beaucoup de kilomètres depuis notre départ, les longs trajets en Chine ne nous ont pas aidés,  nous essayons de trouver un rythme et une routine. Nous l'avons retrouvé dans ce petit village de Pingle et à ce stade nous sommes toujours aussi convaincus de privilégier les endroits peu touristiques. 

jeudi 10 juillet 2014

Bilan Mongolie

Nombres de jours : 29
Nombres d'etapes : 3 + cheval + Gobi
Dépenses par jour par personne : 70390MNT, soit 28.2€
Nombre de pas par jour : 11100
Nombre de jours avec quelques heures de pluie : 5
Côté conduite : droite / côté volant : droite ou gauche (dépend de la voiture) !

Laurent :

De même que la Birmanie, la Mongolie était un de nos pays coup de cœur, un de nos point de passage obligé dans le "difficile" choix des pays qu'on veut visiter en 1 an.
Mais la Mongolie se mérite. Avec un climat glacial l'hiver (-17°C de moyenne en mars), il était quasi impossible de commencer par là, comme nous l'avions initialement prévu. Nous avons donc revu nos plans, dessiné un trajet aussi bizarre que géographiquement illogique, prenant l'avion plus que nous l'aurions souhaité, pour arriver ici au début du printemps. Et sans le savoir nous avons choisi la meilleure saison : après le froid mais en ayant quand même la chance d'avoir de la neige, avant les touristes mais en ayant le confort d'avoir les infrastructures ouvertes et disponibles.

Après quelques jours très agréables à Ulaanbaatar, sans problème pour le VISA chinois et avec la rencontre de Vincent et Thierry, on se lance dans une aventure qui nous faisait très envie : partager le quotidien des locaux. Et pas n'importe lesquels, les nomades !!!
Cette première expérience de vie ordinaire a, pour nous, été extraordinaire. Bien plus, par exemple, que faire du cheval dans la steppe, alors qu'on aurait pu imaginer le contraire.

Le contexte de la ger, la proximité et le manque d'intimité, la barrière de la langue, toutes ces choses qui nous font perdre nos repères nous placent dans une situation inconfortable mais agréable, recherchée, car en réalité c'est ça le dépaysement. Pas d'eau courante pas de douche, pas d'électricité pas d'Internet, quelques travaux manuels et beaucoup d'inoccupation.
On est à mille lieues de Paris, sur tous les points.
Et humainement on se crée facilement des attaches. C'est une banalité à dire, mais pas besoin du langage pour se comprendre quand on prend le temps.

Ensuite, après quelques jours d'incertitude, on a quand même pu voir ce magnifique désert qu'est le Gobi. Vaste, varié, aussi chaud que froid, même à quelques jours d'intervalles, on "en a eu pour notre argent" et ne regrettons pas notre choix, même si la formule qu'on a choisi, la seule qui nous était financièrement abordable, était très touristique.

Avec tout le temps passé à UB, en plus de très bien manger, on a eu le temps de réfléchir. Réflexion guidée par nos discussions avec Vincent et Thierry, 2 grands voyageurs.
Quand on part pour 1 an, qu'on le veuille ou non, on sort un peu du système. Même si en tapant "tour du monde" sur Google on se rend vite compte qu'en réalité on entre dans un autre système, plus petit. Cela reste quand même "banal", touristique.
On prend le bus, le train, l'avion. On court. On essaye d'en voir le plus possible, d'avoir les meilleurs plans, les meilleurs photos, les meilleures rencontres.
On se fatigue, on stresse.

Aussi, nous prenons conscience au fur et à mesure de notre envie d'autre chose, qu'on souhaite de plus en plus sortir de ce carcan. Cela ne veut pas dire qu'on ne veut plus voir de belles choses, qu'on méprise le et les touriste(s). On ne prend pas la grosse tête, on ne se prend pas pour ce qu'on n'est pas.
Mais on va essayer de plus prendre notre temps, de sortir un peu des sentiers battus, de voir ce qu'on ne pourra pas voir dans nos futures quelques semaines de vacances éparpillées sur de nombreuses années.
Cela commence en decidant de ne pas aller à Pékin. On visitera la Chine par le centre, sans prendre l'avion, en privilégiant la ruralité aux grandes villes.

Finalement, la Mongolie est un peu une étape charnière de notre voyage.
En elle-même,  c'est un pays magnifique, très grand et très sauvage, assez moderne mais conservant des modes de vie authentiques. C'est reposant.
On y a moins fait la course qu'ailleurs et on va essayer de poursuivre sur ce rythme, plus marathon que sprint, plus adapté à nous et à ces 1 an.

Leila :

Nous n'avions encore jamais ressenti ce petit pincement de tristesse en quittant un pays.

La Mongolie était un des pays dont nous avions le plus rêvé, nous amenant à un véritable casse tête pour composer notre trajet en tenant compte de la saison hivernale que l'on préférait éviter.

Ça en valait la peine puisque nous avons été enchantés par la diversité et l'immensité des paysages vierges parcourus, en ayant un rapide aperçu d'une steppe enneigée puis printanière.

Nous avons aussi apprécié les rencontres (que ce soit dans la steppe, désert de gobi ou à notre auberge préférée "la petite marmotte") et le fait de côtoyer de près le mode de vie d'une famille nomade très attachante, vivant quasi indépendamment de la société qui nous entoure, organisée au rythme de la nature et des troupeaux. Apprécié le temps qui s'arrête. 

On a envie de tout filmer pour se rappeler mais il y a des moments immortalisés via les souvenirs. Et c'est mieux ainsi.

C'est peut être mieux aussi pour éviter de trop me revoir en look bibendum avec mon manteau matelassé pour enfant rouge et bleu :) Et bien oui ! parce que pendant ce voyage on se développe une nouvelle patience, largement compensée par le contexte, et on fini par attendre chaque plat et tous ses bouts de gras généreusement découpés puis bouillis (jamais grillés !!!! :( ) pour nous faire honneur (ça ne se refuse pas)...

"La Mongolie est une destination qui se mérite. Relativement fatigante à cause de nombreux paramètres inhabituels. Elle n'en garantit pas moins un voyage exceptionnel" - petit futé.

Confimé, le côté exceptionnel prime sans conteste sur le reste.

Mémorable et riche. Voici en ce qui me concerne le bilan de ce mois inoubliable.

(Ce mois nous a aussi permis de repenser notre façon de voyager - nous nous étions déjà interrogés après la Birmanie : nous avons pris notre temps en Mongolie sans jamais prévoir le lendemain et sans avoir une idée de notre trajet pour les semaines suivantes (c'est l'un des intérêts de ce long voyage - plus difficile lorsqu'on est en vacances). Nous avons beaucoup apprécié de pouvoir passer du temps avec les locaux. Nous sommes facilement attirés et emportés par les circuits proposés par les guides. Ces circuits permettent certes de visiter des lieux intéressants mais nous tenterons dorénavant d'en sortir plus pour découvrir d'autres facettes de chaque pays, bien que ce soit plus compliqué à organiser, À suivre.... ) 

vendredi 6 juin 2014

Bilan Birmanie

Nombres de jours : 21
Nombres d'étapes : 5 + trek
Dépenses par jour par personne : 29 600MNK, soit 21€
Nombre de pas par jour : 14100
Nombre de jours avec quelques heures de pluie : 4
Côté conduite : droite / côté volant : droite !

Laurent :

Avant le grand départ, la Birmanie était un de nos 3 pays coup de cœur, avec la Mongolie et Madagascar.
De part son ouverture récente au reste du monde, ses paysages qu'on imaginait magnifiques et ses habitants sympathiques, on en rêvait.

Au final, l'impression est très bonne, mais pas forcément aussi "magique" que je l'espérait.
Tout est beau, tout le monde est gentil, mais, peut-être est-ce dû à mes attentes trop importantes, peut-être à la chaleur très difficile à supporter, toujours est-il que je reste un peu sur ma faim après ces 3 semaines.

Je pensais voir quelque chose de différent, j'ai "juste" vu quelque chose de très bien, voir de mieux qu'ailleurs.
La Birmanie m'a en effet fait penser à la Thaïlande telle qu'elle devait être il y a quelques dizaines d'années, juste avant l'invasion des touristes du monde entier. Mais elle ne m'a pas dépaysé. C'est peut-être prétentieux de dire ça ?

Ce qui m'a le plus déçu est sans doute le contact humain. Surtout après le Népal, où nous avons pu échanger avec pleins de gens, en Birmanie nous n'avons quasiment jamais discuté avec des locaux, à part notre guide durant le trek. Alors que je m'attendais à tout l'inverse.
Certes les gens sont charmants, mais pas très curieux de nous, et ça m'a manqué.

Au contraire, ce qui m'a le plus positivement surpris est le confort sur place, notamment les hôtels. Ils sont chers, mais confortables, propres et souvent agréables. Nous n'avons jamais eu a utiliser nos sacs à viande ou nos serviettes de toilette. Alors qu'on nous avait répété qu'on allait vivre dans des taudis pendant tout le séjour.
Un autre point très positif est la place des femmes. Contrairement à l'Inde et au Népal, où nous avons eu affaire à des hommes 99,9% du temps (taxi, restes, hôtels, guides), en Birmanie, sans être l'inverse, il y a quand même beaucoup d'endroits gérés par des femmes.

Enfin, c'est le premier pays où on a autant pris le bus.
Cela engendre quelques frayeurs ,sur les routes birmanes toutes défoncées, mais permet de :
- Contempler les paysages magnifiques, très ruraux, mélangeant cultures en terrasse, palmeraies, rivières et plans d'eau.
- S'étonner des habitations locales en campagne, s'aparrantant plus à des huttes qu'à des maisons, avec leurs murs en bambou et leurs toits en chaume.
- Tout ça en étant étonné par les clips diffusés des heures durant dans le bus, mélange de séries à l'eau de rose et de films de Bollywood : pathétique et abrutissant pour les Birmans !

Au final, la Birmanie reste un très bon souvenir, dans lequel nous avons peut-être trop fait les touristes et pas assez les voyageurs.

Leila :

Nous avons rêvé de ce pays suite aux différents retours positifs échangés avec d'autres voyageurs, à une certaine authenticité dûe à son ouverture récente au tourisme, sans trop non plus nous projeter ou imaginer quelque chose de précis.

Notre arrivée à Yangoon nous a tout de suite mis dans le bain d'une culture très différente avec la fête de l'eau.

Je garde tout de même en tête cette image de deux jeunes femmes nettoyant le trottoir de l'aéroport par terre par cm et à la petite brosse. Trottoir qui était déjà ultra clean.

L'ancienne capitale nous a surpris avec ses larges avenues, ses façades d'immeubles coloniaux décrépies en contraste avec tout l'or et pierres précieuses présents dans les temples. C'est amusant aussi tous ses restaurants de rue à un niveau très bas - tout comme en Thaïlande que nous avons déjà visité. Globalement la Birmanie nous rappelle la Thaïlande mais sans touristes.

Les visages et les sourires spontanés en Birmanie - très marquants. Les birmans sont un "peuple qui a de la finesse à revendre", cette beauté et cette sérénité troublante  - jusqu'au moment où ils se raclent la gorge et crachent d'une force limite un jet d'eau de leur bouche par terre à 10 cm de vous ....
Comme en Inde  à cause des feuilles de bétel.

Une curiosité naïve du touriste avec aucune agressivité liée au tourisme de masse (pour combien de temps encore? - nous avons déjà évoqué notre déception suivi de notre interrogation sur le rôle que peut avoir le tourisme à "gâcher" cette authenticité que l'on vient justement retrouver à travers le voyage, repenser la façon de voyager et l'attitude à adopter...

Les villages traversés durant le trek resteront aussi un souvenir inoubliable - aucun touriste croisé durant 3 jours. Nous n'avons pas vécu ou échangés directement avec les différentes ethnies mais nous avons eu le temps de les approcher par le regard et les observer.

Les gens travaillent encore avec leurs mains notamment pour ramasser des cailloux en bord de mer utilisés dans la construction des routes ou des maisons.



La douceur des filles - toujours en retenue. Impression que l'on peut avoir, marquée aussi par leur habit traditionnel, certes très joli, assez sensuel car très moulant mais ne permettant pas de se mouvoir librement (impossible d'écarter les jambes ou de faire de grands pas)


C'est pareil en Inde mais le sari a une forme différente, ils permet des mouvements plus amples mais sans plus. En Inde c'est plus le tintement des bracelets et chaînes de pieds qui marquent à mon sens à la fois la sensualité mais aussi la possibilité de surveiller ou d'annoncer l'arrivée d'une femme.

On  se réveille le dernier jour pour quitter la Birmanie mais c'est toujours aussi plaisant de se dire que ce n'est pas encore la fin de notre voyage, rendez-vous vous à Séoul où nous plongeons dans une expérience et une partie de l'Asie encore très différentes de ce que l'on connait.

mardi 27 mai 2014

Bilan Népal

Nombres de jours : 15
Nombres d'étapes : 3 + trek
Dépenses par jour par personne : 2865NPR, soit 21.5€
Nombre de pas par jour : 19500
Nombre de jours avec quelques heures de pluie : 2
Côté conduite : gauche / côté volant : droite

Laurent :

Difficile de dresser un bilan du Népal en 15 jours. Surtout après une expérience aussi marquante que celle de l'Inde (du nord).
Si proche au niveaux géographique, culturel et religieux, et pourtant si loin dans la manière d'y vivre !

En passant la frontière on se sent déjà ailleurs, on se détend inconsciemment. Pour notre première soirée, on a discuté à bâtons rompus avec le restaurateur, qui non seulement ravi de nous expliquer la vie locale s'intéressait aussi à nous, à ce qu'on fait. Ça ne nous était que rarement arrivé en Inde.
Tout le long de ces 15 jours on a rencontré des gens curieux, intéressants et prêt à l'échange. Pas seulement à recevoir de l'argent.

On a commencé par la nature, avant de finir par la ville. Dans les 2 cas la culture et le dépaysement ont été au rendez-vous. Des petits villages de montagne qui nous ont montré comment on peut vivre simplement, loin du matériel des villes, aux manifestations du jour de l'an qui nous ont plongé tout droit dans le folklore local, dans une spiritualité collective belle à voir.
 
On quitte le Népal sans avoir tout fait ou tout vu, mais en étant comblé par ce qu'on y a vécu et aperçu.
On comprend pourquoi il est une des destinations préférées des voyageurs que nous avons rencontrés avant de partir. Plus "facile" et plus "accessible" que l'Inde, il offre en plus la possibilité de randonner d'une manière assez différente de ce dont on a l'habitude.

Leila :

J'avais une petite appréhension pour notre passage au Népal. 2 raisons.
La 1ere  à cause des trajets en bus en montagne :
- Inoubliable 1er trajet en bus local depuis le frontière népalaise pendant lequel nous nous sommes farcis le même CD pendant 9h, installés à l'arrière et donc sursautant toutes les 30 sec. L'expérience fera que nous refuserons par la suite de nous installer à l'arrière des bus. On est des touristes mais pas des pigeons. Ce bus paraissait tout neuf de l'extérieur. On comprend rapidement la supercherie une fois dedans. Celui-ci est retapé mais seulement en apparence. Les fenêtres sursautent avec nous.

- Trajet Pokhara - Katmandou :  appréhension confirmée, bien que j'ai été agréablement surprise par l'indulgence du chauffeur qui, face à mon teint pâlot et mon regard terrifié, a ralenti sur la seconde partie du trajet.

L'autre raison concernait la rando durant une "longue période" : marcher tous les jours n'a franchement jamais été ma tasse de thé (est ce une surprise ?!:)). Et j'ai bien évidemment adoré, d'autant plus avec un paysage aussi ma-gni-fi-que.  Faut pas non plus trop pousser : c'était parfait de marcher 6 jours. Plus aurait été too much.

C'est challenging et plaisant! On se lance un défi face à toutes ses marches. La montée des escaliers est plus appréciable que leur descente, bien plus pénible car demande beaucoup de concentration (je ne l'aurai jamais cru avant ce trip).

Le grondement du tonnerre en haut des montages est aussi très impressionnant.

Les rencontres ont également été un des moments forts du trek. Discuter et croiser des gens qui viennent de partout dans le monde. Et surtout les imaginer ailleurs après ces quelques jours ensemble. Galit de retour à Israël, Ben au boulot à Berlin, Sarah continue vers Jaipur....

C'est toute la simplicité de vie qui marque après ces quelques jours de marche. Besoin de rien. La nature apaise puis on se réjouit grandement de l'eau chaude prise à même les seaux limités disponibles, suivi d'un bon Dahl Bat! la même formule mais que l'on redécouvre et savoure à chaque fois.

Pour finir cette partie trek et comme l'a si bien résumé Elsa dans un mail échangé suite à celui qu'ils ont effectué après notre rencontre :

"Il y a quelque chose de très euphorisant d'être en haut et de marcher sans s'arrêter. Bref c'est fatiguant mais on a envie d'y retourner".

En parlant d'Elsa,  Nous avons donc eu droit à "des vacances dans ce long voyage", pendant les quelques jours passés avec elle, Magali et Cédric à Katmandou puis Bakthapur (l'authenticité de cette ville nous donne l'impression d'être au siècle passé). Un vrai plaisir de voir des gens proches. Ça nous rappelle les soirées passées chez nous à Paris entre coupaiiiiiins !!! Triste de les voir partir mais contents aussi de continuer notre aventure et de découvrir la Birmanie, notre étape suivante.

Globalement pour notre passage au Népal (hindou et bouddhiste), c'est drôle de constater, uniquement en passant la frontière que certains regards se brident .... Que les enfants s'amusent dans la rue et surtout !!!! d'apprécier le calme qui y règne. C'est aussi agréable de constater des femmes plus "modernes ?", peut être pas plus libres (?) mais avec moins de traditions et de pression sociale.

Ceci est donc un bilan très personnel de seulement 15 jours passés au Népal. Impossible donc d'avoir du recul suite à un long moment d'observation nécessaire pour un bilan pays.