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vendredi 6 juin 2014

Bilan Birmanie

Nombres de jours : 21
Nombres d'étapes : 5 + trek
Dépenses par jour par personne : 29 600MNK, soit 21€
Nombre de pas par jour : 14100
Nombre de jours avec quelques heures de pluie : 4
Côté conduite : droite / côté volant : droite !

Laurent :

Avant le grand départ, la Birmanie était un de nos 3 pays coup de cœur, avec la Mongolie et Madagascar.
De part son ouverture récente au reste du monde, ses paysages qu'on imaginait magnifiques et ses habitants sympathiques, on en rêvait.

Au final, l'impression est très bonne, mais pas forcément aussi "magique" que je l'espérait.
Tout est beau, tout le monde est gentil, mais, peut-être est-ce dû à mes attentes trop importantes, peut-être à la chaleur très difficile à supporter, toujours est-il que je reste un peu sur ma faim après ces 3 semaines.

Je pensais voir quelque chose de différent, j'ai "juste" vu quelque chose de très bien, voir de mieux qu'ailleurs.
La Birmanie m'a en effet fait penser à la Thaïlande telle qu'elle devait être il y a quelques dizaines d'années, juste avant l'invasion des touristes du monde entier. Mais elle ne m'a pas dépaysé. C'est peut-être prétentieux de dire ça ?

Ce qui m'a le plus déçu est sans doute le contact humain. Surtout après le Népal, où nous avons pu échanger avec pleins de gens, en Birmanie nous n'avons quasiment jamais discuté avec des locaux, à part notre guide durant le trek. Alors que je m'attendais à tout l'inverse.
Certes les gens sont charmants, mais pas très curieux de nous, et ça m'a manqué.

Au contraire, ce qui m'a le plus positivement surpris est le confort sur place, notamment les hôtels. Ils sont chers, mais confortables, propres et souvent agréables. Nous n'avons jamais eu a utiliser nos sacs à viande ou nos serviettes de toilette. Alors qu'on nous avait répété qu'on allait vivre dans des taudis pendant tout le séjour.
Un autre point très positif est la place des femmes. Contrairement à l'Inde et au Népal, où nous avons eu affaire à des hommes 99,9% du temps (taxi, restes, hôtels, guides), en Birmanie, sans être l'inverse, il y a quand même beaucoup d'endroits gérés par des femmes.

Enfin, c'est le premier pays où on a autant pris le bus.
Cela engendre quelques frayeurs ,sur les routes birmanes toutes défoncées, mais permet de :
- Contempler les paysages magnifiques, très ruraux, mélangeant cultures en terrasse, palmeraies, rivières et plans d'eau.
- S'étonner des habitations locales en campagne, s'aparrantant plus à des huttes qu'à des maisons, avec leurs murs en bambou et leurs toits en chaume.
- Tout ça en étant étonné par les clips diffusés des heures durant dans le bus, mélange de séries à l'eau de rose et de films de Bollywood : pathétique et abrutissant pour les Birmans !

Au final, la Birmanie reste un très bon souvenir, dans lequel nous avons peut-être trop fait les touristes et pas assez les voyageurs.

Leila :

Nous avons rêvé de ce pays suite aux différents retours positifs échangés avec d'autres voyageurs, à une certaine authenticité dûe à son ouverture récente au tourisme, sans trop non plus nous projeter ou imaginer quelque chose de précis.

Notre arrivée à Yangoon nous a tout de suite mis dans le bain d'une culture très différente avec la fête de l'eau.

Je garde tout de même en tête cette image de deux jeunes femmes nettoyant le trottoir de l'aéroport par terre par cm et à la petite brosse. Trottoir qui était déjà ultra clean.

L'ancienne capitale nous a surpris avec ses larges avenues, ses façades d'immeubles coloniaux décrépies en contraste avec tout l'or et pierres précieuses présents dans les temples. C'est amusant aussi tous ses restaurants de rue à un niveau très bas - tout comme en Thaïlande que nous avons déjà visité. Globalement la Birmanie nous rappelle la Thaïlande mais sans touristes.

Les visages et les sourires spontanés en Birmanie - très marquants. Les birmans sont un "peuple qui a de la finesse à revendre", cette beauté et cette sérénité troublante  - jusqu'au moment où ils se raclent la gorge et crachent d'une force limite un jet d'eau de leur bouche par terre à 10 cm de vous ....
Comme en Inde  à cause des feuilles de bétel.

Une curiosité naïve du touriste avec aucune agressivité liée au tourisme de masse (pour combien de temps encore? - nous avons déjà évoqué notre déception suivi de notre interrogation sur le rôle que peut avoir le tourisme à "gâcher" cette authenticité que l'on vient justement retrouver à travers le voyage, repenser la façon de voyager et l'attitude à adopter...

Les villages traversés durant le trek resteront aussi un souvenir inoubliable - aucun touriste croisé durant 3 jours. Nous n'avons pas vécu ou échangés directement avec les différentes ethnies mais nous avons eu le temps de les approcher par le regard et les observer.

Les gens travaillent encore avec leurs mains notamment pour ramasser des cailloux en bord de mer utilisés dans la construction des routes ou des maisons.



La douceur des filles - toujours en retenue. Impression que l'on peut avoir, marquée aussi par leur habit traditionnel, certes très joli, assez sensuel car très moulant mais ne permettant pas de se mouvoir librement (impossible d'écarter les jambes ou de faire de grands pas)


C'est pareil en Inde mais le sari a une forme différente, ils permet des mouvements plus amples mais sans plus. En Inde c'est plus le tintement des bracelets et chaînes de pieds qui marquent à mon sens à la fois la sensualité mais aussi la possibilité de surveiller ou d'annoncer l'arrivée d'une femme.

On  se réveille le dernier jour pour quitter la Birmanie mais c'est toujours aussi plaisant de se dire que ce n'est pas encore la fin de notre voyage, rendez-vous vous à Séoul où nous plongeons dans une expérience et une partie de l'Asie encore très différentes de ce que l'on connait.

jeudi 5 juin 2014

Lac Inle, tres beau mais très touristique (3 jours)

Déjà à Bagan, sur les lieux les plus touristiques, nous avions été déçus de voir le changement des mentalités et des échanges du au tourisme (exemple : vendeurs des soi-disant tableaux uniques fais mains, retrouvés dans tous les magasins). Au Lac Inle la déception est encore plus grande car on n'y était moins préparé, s'attendant à trouver plus d'authenticité. Le tour en bateau, très agréable au demeurant, nous a fait faire le tour d'un tas d'endroits sympas, mais exposés par le tourisme de masse. 

Ce qui nous oblige malheureusement à nous poser des questions sur notre façon de voyager et ce que cela implique pour les locaux. Conscients que le tourisme injecte de l'argent, et sans vouloir rentrerphoto, réflexions trop économico-socio-philosophiques, il est vraiment triste de voir qu'en quelques années, un pays aussi authentique que la Birmanie est en train de devenir, à certains endroits, aussi désagréable que tous les pays où les occidentaux et leur fort pouvoir d'achat vont passer leurs vacances. 

Des marchés qui ne sont plus destinés qu'aux touristes

Et on y participe aussi. Même si on souhaiterait passer sans laisser de trace, que les suivants puissent avoir une expérience aussi forte que la notre, on sait qu'elle sera fortement influencée par notre venue ainsi que celle de centaines d'autres touristes, pour qui manger du poisson grillé pour 5$ rime avec soldes, alors que le salaire moyen dans le pays est de 50$/mois.

En 3 ans, la Birmanie est passée de 200 000 touristes annuels à plus de 1 million. Et le pays s'ouvre tout juste !
On a peut-être la chance de passer parmi les dernières années encore un peu authentiques.

Notre chauffeur pour cette journée en long boat

Et en parlant d'authenticité, on découvre sur ce Lac (très peu profond, ce qui a son importance) l'ethnie locale des Inthas, qui ont la particularité de vivre dans des villages "flottants" qui sont en réalité sur pilotis, au milieu du Lac.

Village "flottant"

Ces gens vivent de la pêche ainsi que de la culture de jardins flottants, où poussent un nombre incroyable de tomates et autres légumes, les pieds dans l'eau !

Jardins flottants : cultures de tomates

Les pêcheurs sont reconnaissables de loin avec leur style très particulier et plein de grâce, qui consiste à pagayer avec une jambe pendant qu'ils effrayent le poisson, l'autre pagaie dans leurs mains, et tentent de le faire entrer dans leur filet. 
C'est magnifique, aussi bien en photo qu'en vidéo (voir Dropbox).


Pêcheurs inthas

On visite une fabrique de pirogues et de cigares locaux, une de soie, et une d'ombrelles (avec une sale ambiance). On voit avec dégoût des jeunes filles-girafes posées dans un coin pour la photo, en échange de quelques sous, manip à laquelle on refuse de participer. 
Le tourisme amène vraiment à de sales dérives.

Fabrique de cigares locaux

Fabrique de vêtements en soie et en lotus

On visite un monastère sur l'eau avant de rentrer tranquillement à l'hôtel.

Il y a même des monastères sur le Lac

Le lendemain il pleut, et ça tombe bien, c'était notre journée repos. 
On plaint quand même tous ceux qui sont sur le lac et qui se font rincer abondamment.

Enfin, pour notre dernier jour, on part faire un demi-tour du Lac en vélo, entrecoupé d'une traversée en bateau, avec Sebastian et Daniela (Wandel est déjà reparti) et un couple de français, Damien et Marie, croisés à l'hôtel, et qui avaient déjà rencontrés S&D pour demander le visa birman à l'ambassade de Kuala Lumpur !!! Le monde est trop petit.

Traversée en bateau pour nous et nos vélos

Objectif de la journée : Red Mountain, un vignoble géré par un français, qui est parait-il très bon.
L'endroit est agréable mais le vin pas si bon que ça

Au final, et après tant d'efforts sous le soleil, on est un peu déçu par le vin, mais pas par la balade qui nous a permis de découvrir le Lac depuis la berge.

On part le soir même pour Yangoon, où nous nous appretons à souffrir de la chaleur pendant 2 jours avant de partir nous "ressourcer" à Séoul, notre première ville moderne depuis 2 mois. 

Kalaw, trek authentique (3 jours)

Après 6 heures de bus, difficiles pour Laurent poursuivi par la tourista, on arrive à Kalaw, petite station d'altitude où les anglais venaient autrefois chercher la fraicheur. Et en effet, changement radical et bénéfique par rapport à Bagan, d'autant qu'une averse vient de finir et qu'il faudrait presque enfiler une petite laine !

A l'arrêt de bus, on retrouve un Suisse déjà croisé en haut d'une pagode (Wandel), ainsi qu'un couple de Chiliens avec qui il a sympathisé dans le bus (Daniela et Sebastian). On discute, on se marre bien et on décide de chercher un hôtel ensemble.
Le premier sera le bon. Racolés par le propriétaire du Golden Lily, on le suit jusqu'à sa guesthouse, suite à son argument choc : 7$ la nuit (nous n'avons jamais payé moins de 25$/nuit en Birmanie).
Le proprio est très sympa et propose des treks de 3 jours pour le Lac Inle, pas chers non plus (14$/jour/pers pour guide, cuisinier et repas, logement et bateau-taxi à l'arrivée au Lac).
On embarque pour cette aventure avec nos nouveaux amis (les Chiliens ne nous rejoindrons qu'au 2ème jour pour se reposer un peu) et nous couchons tôt pour être en forme le lendemain.

Après un petit déjeuner bizarre mais bon (pancake à la banane, aux tomates et aux carottes râpées) on fait connaissance avec notre guide, James (son nom pour que les touristes puisse s'en rappeler), ancien prof de maths au collège, reconverti dans le tourisme suite à des problèmes de nuque. 

Nos 3 amis et notre guide, avec la "crème solaire" locale, le tanaka

Contrairement à notre guide népalais, James prend plaisir à discuter avec nous, à nous faire découvrir sa région, son pays et sa culture.
Très ouvert d'esprit, on aborde direct les sujets qui fâchent et on voit les choses sous un autre angle que celui auquel on est habitué (tensions entre musulmans et boudhistes, transition lente vers la démocratie mais concrète...). A chacun de se faire son idée, mais il est certain que la vérité peut avoir plusieurs visages.

Pour ce qui est du trek, c'est le bonheur.
La météo nous sourit, la pluie ne commençant que lors de nos pauses déjeuner ou en arrivant au logement du soir, et s'arrêtant dès qu'on décide de repartir !
La marche est intense (65km sur 2,5 jours) et riche en paysages et en rencontres. On traverse toute la campagne de Kalaw au Lac Inle, en dehors des sentiers touristiques, allant de villages en monastères, de rizières en rivières, distribuant quelques friandises aux enfants, timides car pas encore habitués aux touristes. 




Contrairement à ce que nous verrons au Lac Inle, on côtoie ici la vie authentique, la ruralité encore profonde, où les champs sont labourés avec des charrettes à bœufs, où l'ail est ramassé et coupé à la main avant d'être dépiauté puis mis à séché, où 2 tiges de bambou suffisent à construire un pont et où les femmes travaillent autant voir plus que les hommes.

Depiautage de l'ail à l'ancienne

Construction d'un pont

On déjeune dans des monastères, et logeons chez l'habitant, bien que nous n'ayons pas directement de contact avec la famille qui nous héberge, cette dernière nous laissant le temps d'une nuit sa grande pièce à vivre.
Un cuisinier attitré nous suit à moto durant ces 3 jours, nous préparant quasi un déjeulàravec les meilleurs plats que nous ayons goûtés au Myanmar (en moyenne 5/6 plats sans compter le riz et les chips faits maison).

Les déjeuners nous sont servis dans des monastères

Notre cuisinier attitré, qui nous suit à moto et nous prépare à manger matin, midi et soir

Nous arrivons le midi du troisième jour dans un village au Sud du Lac où nous attend un bateau taxi, "long boat" rappelant son cousin thaïlandais le "long tail boat", qui nous emmène jusqu'à la petite ville au Nord du lac. Une sensation de liberté intense nous comble durant ce trajet en plus du paysage splendide et très différent de ce que nous avions vu jusque là. 

Nous récuperons nos gros bagages (envoyés depuis kalaw par notre guesthouse) puis nous trouvons un hôtel aussi charmant que convivial, arrangé autour d'un petit jardin (goûter au thé et fruit frais offert tous les après midi).

Notre bateau-taxi, en route pour le Lac Inle

On prend notre premiere douche depuis 3 jours, et on met aussitôt nos vêtements du trek au laundry service, ayant eu des punaises de lit durant les 2 nuits ! :(
En espérant que cela suffise pour les éradiquer de nos affaires.

Il nous tarde maintenant d'explorer ce grand et beau Lac, où les pêcheurs Intha y ont pour particularité de pagayer à l'aide d'une jambe pendant qu'ils attrapent le poisson avec leurs mains et un filet.
RDV pris avec notre chauffeur de taxi-bateau le lendemain à 8h, toujours en compagnie de Wandel, Daniela et Sebastian.

mardi 27 mai 2014

Bagan, des pagodes par ci, des temples par là, et une chaleur d'enfer (3 jours)

Quand on arrive dans un endroit pour la "low season", on sait qu'on y sera tranquille, quasiment sans autres touristes.
En revanche, si c'est la saison basse, c'est qu'il y a une bonne raison, et à Bagan, comme avertissent tous les guides de voyhabituéest la chaleur. 

Elle nous prend dès la sortie du bus de nuit, une fois de plus vers 3h30 du matin ! Avec 2 autres européennes, on marche jusqu'à un hôtel en esperant négocier le tarif pour une moitié de nuit.
Celui ci est correct sans plus, mais propre, avec juste un fan au plafond (prononcer fane - ventilateur).

Malheureusement, et pour cause de coupure électrique dans toute la ville (fréquentes depuis le Népal), ce fan nous fait faux bond vers 8h, à peine 3 heures après notre couché.
Fatigués, suants, souffrant de cette chaleur, on voit avec notre hôtelier pour prendre une chambre avec clim, certes plus chère, mais qui pour le première fois du voyage nous parait indispensable.

On refait surface vers 14h, mangeons un bout et prenons un scooter électrique pour aller faire un tour.

Notre e-bike, scooter électrique, compagnon pour 3 jours

Pour comprendre où l'on s'aventure, il faut savoir que Bagan s'étale sur 42km2.
C'est donc une immense plaine dans laquelle s'étale un très important regroupement de temples, de la simple bicoque en terre surmontée d'un stûpa, à la grande pagode dorée entourée par un mur d'enceinte.
Il y en a plus de 2000, et leur nombre serait monté jusqu'à 10000 à la belle époque, mais la majorité a été détruite par un tremblement de terre.

Les premiers temples que l'on voit sont plutôt petits

On roule donc dans cette savane, guidés par le téléphone GPS, sans quoi il serait impossible de se repérer (un guide "humain" aurait été encombrant et cher - merci à lolo qui a téléchargé les cartes avant le départ - merci à papa Thierry d'avoir transmis cette fibre geek et pratique).
De temples en pagodes, on entre ici pour admirer des sculptures géantes de bouddhas, on grimpe là pour profiter d'un panorama magnifique, tout ça en ne croisant quasiment personne, à part dans les monuments les plus connus où se regroupent le peu de touristes du site.

L'ensemble est grandiose, magnifié par la lumière rasante du soleil de fin d'après-midi.

Un des plus beau et plus grand temple

Bagan vue d'en haut


En redescendant de notre dernier temple de la journée, isolé en plein milieu de la plaine, on a le malheur de trouver le pneu avant crevé.
Les derniers touristes rentrent vite avant la nuit, et un birman nous propose gentiment d'appeler notre loueur avant de nous laisser avec le gardien du temple, avec qui nous venions de sympathiser.
Celui-ci nous propose de commencer les réparations, en attendant le loueur, et pour rentrer plus vite. Refusant au début, on a vite dit oui devant son insistance, et sa volonté évidente de nous rendre service, "sans contribution" comme il nous le dit lui-même. Pas encore habitués à de tels élans de générosité, en voyage ou même en France ?, on fini par rentrer en pleine nuit, à la frontale, suivant la moto du loueur qui est finalement arrivé pour finaliser la réparation.
Merci Monti !

Après une bonne nuit de fraîcheur, on replonge dans la fournaise.
Difficilement.
La première chose qu'on fait est de se rendre à un palace bien caché qui, parait-il, a une piscine. L'endroit est très beau, très calme, et permet l'accès pour quelques dollars.
Rassurés sur notre activité du lendemain, on passe la journée à :
- Leila : se reposer à l'hôtel et bouquiner dans un café, à l'abri de la chaleur.
- Laurent : arpenter la plaine de long en large pour prendre quelques jolies photos. 

Étonnement la marocaine habituée au soleil ne supporte absolument pas cette chaleur folle. Le parigot si ! Il doit avoir un manque à combler. 

On se retrouve en fin d'après-midi pour le sunset, en haut d'un petit temple, avec d'autres tourières qui se sont tous vu refuser l'accès au temple le plus réputé, car aucun n'avait payé le droit d'accès à... Bagan. Nous non plus d'ailleurs :)
 - Gardien : "présentez moi vos tickets " 
 - L&L : surs de nous : "nous les avons oublié à l'hôtel"
 - Gardien : " mmmm et vous les avez acheté où ? "
 - L&L : " euuuuh la bas , là-bas, tu sais pas loin "
 - Gardien : "et à combien les avez vous achetés ?"
 - L&L : zut! "Euuuuuh bon allez salut !!!" on fait rapidement demi tour. On a hésité à lui dire 10$ comme marqué sur le guide, on a bien fait de partir, on a appris qu'ils avaient augmenté à 15$. 

On fini ce séjour par une journée reposante à la fameuse piscine, et un happy hour surprise, arrosé au vin blanc, face au coucher de soleil sur la rivière.
Le tout, en ayant l'impression d'être tous seuls dans cet immense hôtel, alors même que nous n'y sommes pas résidents.

C'était d'ailleurs très drôle de nous voir débarquer à l'intérieur de ce palace sur notre moto électrique usée ... Vroum vroum  ...un sacré contraste avec le luxe de cet hôtel (nous avons même essayé de négocier l'accès à la piscine - on est tellement habitué qu'on s'est oublié).

Rafraichissement à la piscine du palace 

Autre type de rafraichissement à ce même palace

On espère maintenant que notre prochaine étape sera légèrement plus fraiche, d'autant qu'on prévoit d'y faire un trek de 3 jours, pour relier le lac Inle à partir de Kalaw.

Chaungtha Beach, enfin les vacances ;) (6 jours)

Et pourtant, tout n'avait pas bien commencé.

On apprend dans le bus de nuit qui nous emmène à la plage que les vacances, c'est celles des Birmans suite au Nouvel An, et qu'ils vont généralement tous au même endroit pour fêter ça, le même que nous. Du coup, au lieu d'un petit village de pêcheur bien pittoresque et presque vide, nous devons nous retrouver dans une station balnéaire bondée, sans aucune chambre de libre.

Chaungtha Beach, le lieu favori des Birmans en vacances

Oups.
On calcule dans la foulée qu'on devrait arriver à Chaungtha vers 3h30 du matin. Nous n'avons réservé aucun hôtel.

Laurent râle un peu.
En même temps, c'est le voyage. On ne peut pas tout maitriser," et il est impossible qu'on ne trouve pas une petite chambre dans un coin du village." Au pire/mieux on sort les sacs de couchage sur la plage. 

Après un voyage dans un bus très confortable (le must du bus qu'on n'ait jamais connu), mais sur une route très chaotique, on débarque bien en pleine nuit, au bus stop qui, nous dit-on alors, est tout au bout du village, pas du tout à côté des hôtels indiqués sur le guide. 

On se rabat sur un tout proche pour sonder le terrain. Effectivement aucune chambre n'est dispo pour les jours à venir, et quand bien même, les tarifs ont explosé avec les vacances et ne sont pas dans nos moyens.
La réceptionniste, très sympa (comme tous les birmans d'ailleurs), appelle un autre hôtel qui l'informe qu'un troisième aurait des chambres. 

Nous prenons donc, nous deux et nos 2x2 sacs à dos, deux motorbike taxi qui nous conduisent à un premier hôtel.
Là, rebelote, et un trajet de motorbike taxi plus tard, nous arrivons à 5h du matin dans un hôtel écarté du village, avec des bungalows en bambou à flanc de colline, libres et deux fois moins chers que ceux en ville !

Notre hôtel à Chaungtha, fait de bungalows en bambou

Alleluhya : nous découvrons le lieu le lendemain matin et l'hôtel va s'avérer très agréable, beaucoup mieux que ce qu'on aurait espéré en venant à Chaungtha. D'autant plus qu'on arrive à négocier sec le prix et à ne pas payer la première moitié de nuit.

Il nous permet d'accéder rapidement à des plages isolées de sable blanc, bordant une mer bleue/jade légèrement agitée, et se vide progressivement pour la fin des vacances birmanes, nous laissant seuls avec une quincagénaire allemande les 2 derniers jours.


Plages à 20-30 minutes de marche de l'hôtel

Notre seul tracas du moment est comment l'esquiver pour rester seuls, bouqiner, écrire, etc. :)
Ça aussi c'est le voyage : on rencontre du monde, même quand on ne le souhaite pas.

On passe nos 6 jours de repos à dormir, se baigner dans une eau plus chaude que celle de la douche, nous balader sur la plage au coucher du soleil, boire du jus de coconut, etc.




Là on peut dire qu'on est en vacances :)

On se sent bien. Tellement, qu'on se laisse aller à dormir la porte ouverte, chose qu'on n'aurait pu imaginer ailleurs. Mais la réputation de tranquillité et de sécurité du pays nous convainquent de ce petit luxe, qui nous permet de lutter contre la chaleur nocturne.

Après ces quelques jours, on repasse rapidement par Yangoon, voir notamment le musée des pierres précieuses, avant de poursuivre sur Bagan, la plaine au plus de 2000 temples.
La grosse surprise sera de voir Yangoon hors période de New Year Hollidays, remplie d'un trafic bien pire qu'à Paris, qui ralenti considérablement les déplacements et nous oblige à suivre un planning serré.

Yangoon en coup de vent (1 jour + 1 jour) +45min vs. Népal

 Katmandou ---2h--- Yangoon ---2h30--- Kuala Lumpur

Les joies du transport aérien font qu'au lieu d'un petit voyage de 2h, nous avons eu le droit à une nuit de voyage, nous arrêtant pour 4h d'escale à Kuala Lumpur avant de revenir sur Yangoon. Aucun problème pour passer le temps, mi centre commercial mi dortoir géant, cet aéroport est ultra moderne.

On arrive vers midi, pour le dernier jour du festival du nouvel an (c'est aussi le cas à Bangkok et à priori dans toute cette partie de l'Asie) . Sauf qu'en une nuit de trajet, nous perdons 7 siècles, les birmans fêtent l'an 1371 et les népalais sont en 2071!! On s'y perd un peu.

On vient de perdre 7 siècles en quelques heures de vol !

Ici, pas de mât à lever, mais de l'eau à foison. De l'eau par tous les moyens : sceaux, tuyaux d'arrosage, karcher, lances à incendie, etc.

Fatigués par notre presque nuit blanche en avion, on préfère rester l'après-midi tranquille plutôt que de monter dans le pickup affrété par l'hôtel pour aller faire le tour de la ville et des jets d'eau. C'est parfois une décision difficile à prendre que de ne pas tout visiter et toujours participer mais nous sommes en voyage long et non pas en vacances courte durée : nous devons des fois nous reposer et prendre notre temps.

Pick-up pour faire le tour des jets d'eau

On assiste donc de notre terrasse à cette bataille géante et folle où les birmans se suivent à pieds, en vélo, en auto et souvent en pick up ou camions bourrés de gens, pour recevoir les sceaux d'eau que les locaux et les touristes se font un plaisir de leur envoyer. Les fenêtres ouvertes des voitures ne leurs posent aucun problème : l'intérieur est totalement mouillé ? Un détail !

Touristes et locaux arrosent tous ceux qui passent devant l'hôtel

Pour notre première soirée en Birmanie on dîne avec Alain et Juliana, sa fille, et on s'extasie devant les photos de Bali d'Alain, photographe quasi professionnel.
Nous nous surprenons à re-rêver de cete destination pour laquelle nous avons eu un coup de coeur - en moyenne/basse saison pour éviter la horde de touristes - alors que nous sommes à moins de 2 mois de voyage. Incorrigibles !!

Le lendemain, on part tous les quatre pour la tournée des pagodes, temples bouddhistes célèbres pour leurs silhouettes surmontées d'un stupa, sorte de grand dôme dans lequel on ne peut généralement pas rentrer. 

On commence par une abritant un cheveux de bouddha,

Un cheveux de Bouddha, une relique très sainte

puis une autre avec un bouddha couché de plus de 70m de long (!) pour finir par la plus belle,

Un des plus grands Bouddhas couché du pays

la Shwedagon, recouverte par 700 kg d'or et flanquée d'un clocher en or et pierres précieuses. 
Un des plus beaux monuments qu'on ai vu après le Taj Mahal.
Très "bling bling" mais magnifique. On est bien au Myanmar. Il y a de l'or partout.

Pagode Shwedagon, magnifique au soleil couchant

Étant jour de fête, on se retrouve dans une foule de birmans en vacances dont moines et moinesses.
Les regards se posent sur nous. Effectivement, et contrairement à sa "cousine" thaïlandaise, les blancs ne sont pas ici légion et nous faisons office de curiosité.
Ça annonce la suite du voyage, où notre passage suscite intérêt et gentillesse, caractéristique principale et très appréciable des birmans.

Ici pas de touristes mais tous les locaux en ce jour de fête

Après un rapide passage sous la douche froide pour tenter de lutter contre les 45°C locaux, on file prendre un bus de nuit pour la plage, à l'ouest de la Birmanie.