Affichage des articles dont le libellé est 05 Mongolie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est 05 Mongolie. Afficher tous les articles

jeudi 10 juillet 2014

Bilan Mongolie

Nombres de jours : 29
Nombres d'etapes : 3 + cheval + Gobi
Dépenses par jour par personne : 70390MNT, soit 28.2€
Nombre de pas par jour : 11100
Nombre de jours avec quelques heures de pluie : 5
Côté conduite : droite / côté volant : droite ou gauche (dépend de la voiture) !

Laurent :

De même que la Birmanie, la Mongolie était un de nos pays coup de cœur, un de nos point de passage obligé dans le "difficile" choix des pays qu'on veut visiter en 1 an.
Mais la Mongolie se mérite. Avec un climat glacial l'hiver (-17°C de moyenne en mars), il était quasi impossible de commencer par là, comme nous l'avions initialement prévu. Nous avons donc revu nos plans, dessiné un trajet aussi bizarre que géographiquement illogique, prenant l'avion plus que nous l'aurions souhaité, pour arriver ici au début du printemps. Et sans le savoir nous avons choisi la meilleure saison : après le froid mais en ayant quand même la chance d'avoir de la neige, avant les touristes mais en ayant le confort d'avoir les infrastructures ouvertes et disponibles.

Après quelques jours très agréables à Ulaanbaatar, sans problème pour le VISA chinois et avec la rencontre de Vincent et Thierry, on se lance dans une aventure qui nous faisait très envie : partager le quotidien des locaux. Et pas n'importe lesquels, les nomades !!!
Cette première expérience de vie ordinaire a, pour nous, été extraordinaire. Bien plus, par exemple, que faire du cheval dans la steppe, alors qu'on aurait pu imaginer le contraire.

Le contexte de la ger, la proximité et le manque d'intimité, la barrière de la langue, toutes ces choses qui nous font perdre nos repères nous placent dans une situation inconfortable mais agréable, recherchée, car en réalité c'est ça le dépaysement. Pas d'eau courante pas de douche, pas d'électricité pas d'Internet, quelques travaux manuels et beaucoup d'inoccupation.
On est à mille lieues de Paris, sur tous les points.
Et humainement on se crée facilement des attaches. C'est une banalité à dire, mais pas besoin du langage pour se comprendre quand on prend le temps.

Ensuite, après quelques jours d'incertitude, on a quand même pu voir ce magnifique désert qu'est le Gobi. Vaste, varié, aussi chaud que froid, même à quelques jours d'intervalles, on "en a eu pour notre argent" et ne regrettons pas notre choix, même si la formule qu'on a choisi, la seule qui nous était financièrement abordable, était très touristique.

Avec tout le temps passé à UB, en plus de très bien manger, on a eu le temps de réfléchir. Réflexion guidée par nos discussions avec Vincent et Thierry, 2 grands voyageurs.
Quand on part pour 1 an, qu'on le veuille ou non, on sort un peu du système. Même si en tapant "tour du monde" sur Google on se rend vite compte qu'en réalité on entre dans un autre système, plus petit. Cela reste quand même "banal", touristique.
On prend le bus, le train, l'avion. On court. On essaye d'en voir le plus possible, d'avoir les meilleurs plans, les meilleurs photos, les meilleures rencontres.
On se fatigue, on stresse.

Aussi, nous prenons conscience au fur et à mesure de notre envie d'autre chose, qu'on souhaite de plus en plus sortir de ce carcan. Cela ne veut pas dire qu'on ne veut plus voir de belles choses, qu'on méprise le et les touriste(s). On ne prend pas la grosse tête, on ne se prend pas pour ce qu'on n'est pas.
Mais on va essayer de plus prendre notre temps, de sortir un peu des sentiers battus, de voir ce qu'on ne pourra pas voir dans nos futures quelques semaines de vacances éparpillées sur de nombreuses années.
Cela commence en decidant de ne pas aller à Pékin. On visitera la Chine par le centre, sans prendre l'avion, en privilégiant la ruralité aux grandes villes.

Finalement, la Mongolie est un peu une étape charnière de notre voyage.
En elle-même,  c'est un pays magnifique, très grand et très sauvage, assez moderne mais conservant des modes de vie authentiques. C'est reposant.
On y a moins fait la course qu'ailleurs et on va essayer de poursuivre sur ce rythme, plus marathon que sprint, plus adapté à nous et à ces 1 an.

Leila :

Nous n'avions encore jamais ressenti ce petit pincement de tristesse en quittant un pays.

La Mongolie était un des pays dont nous avions le plus rêvé, nous amenant à un véritable casse tête pour composer notre trajet en tenant compte de la saison hivernale que l'on préférait éviter.

Ça en valait la peine puisque nous avons été enchantés par la diversité et l'immensité des paysages vierges parcourus, en ayant un rapide aperçu d'une steppe enneigée puis printanière.

Nous avons aussi apprécié les rencontres (que ce soit dans la steppe, désert de gobi ou à notre auberge préférée "la petite marmotte") et le fait de côtoyer de près le mode de vie d'une famille nomade très attachante, vivant quasi indépendamment de la société qui nous entoure, organisée au rythme de la nature et des troupeaux. Apprécié le temps qui s'arrête. 

On a envie de tout filmer pour se rappeler mais il y a des moments immortalisés via les souvenirs. Et c'est mieux ainsi.

C'est peut être mieux aussi pour éviter de trop me revoir en look bibendum avec mon manteau matelassé pour enfant rouge et bleu :) Et bien oui ! parce que pendant ce voyage on se développe une nouvelle patience, largement compensée par le contexte, et on fini par attendre chaque plat et tous ses bouts de gras généreusement découpés puis bouillis (jamais grillés !!!! :( ) pour nous faire honneur (ça ne se refuse pas)...

"La Mongolie est une destination qui se mérite. Relativement fatigante à cause de nombreux paramètres inhabituels. Elle n'en garantit pas moins un voyage exceptionnel" - petit futé.

Confimé, le côté exceptionnel prime sans conteste sur le reste.

Mémorable et riche. Voici en ce qui me concerne le bilan de ce mois inoubliable.

(Ce mois nous a aussi permis de repenser notre façon de voyager - nous nous étions déjà interrogés après la Birmanie : nous avons pris notre temps en Mongolie sans jamais prévoir le lendemain et sans avoir une idée de notre trajet pour les semaines suivantes (c'est l'un des intérêts de ce long voyage - plus difficile lorsqu'on est en vacances). Nous avons beaucoup apprécié de pouvoir passer du temps avec les locaux. Nous sommes facilement attirés et emportés par les circuits proposés par les guides. Ces circuits permettent certes de visiter des lieux intéressants mais nous tenterons dorénavant d'en sortir plus pour découvrir d'autres facettes de chaque pays, bien que ce soit plus compliqué à organiser, À suivre.... ) 

Gobi et UB (prononcer youbi), paysages et personnages (11 jours, dont 50 heures de van)

Parfois, quelques photos valent mieux qu'un long discours. Cet article sera donc plus court que les précédents, et nous laisserons parler les images.

Arrivés à UB (Ulaanbaatar) on file à La Petite Marmotte, où nous retrouvons avec joie Vincent le proprio et son ami Thierry.

Après l'épisode "viande rouge à gogo" d'avant la steppe, Leila leur avait promis un tagine à notre retour. A notre grande surprise, les citrons ayant confits en notre absence dans l'attente de la cuisinière, il ne nous reste plus qu'à aller chercher du poulet et quelques assaisonnements pour nous faire notre deuxième gueuleton de Mongolie, toujours à 4, La Petite Marmotte attendant le lancement de la saison pour commencer à vraiment se remplir.
On a l'impression d'avoir le Maroc dans nos assiettes alors même que nous sommes à l'autre bout du monde (merci maman Fatima pour cette recette simple et délicieuse !!!).
Impression confirmée quand 10 jours plus tard, après le Gobi, Vincent nous préparera cette fois-ci un bon gros méchoui :)


Le Maroc dans nos assiettes :)

A UB on fait le plein, aussi bien en cuisinant qu'au restaurant, toujours avec Thierry et Vincent. Très internationale culinairement, la ville nous permet de nous nourrir de buuz le midi (raviolis mongols farcis au mouton), et de varier le soir : indien, irlandais, etc.
On essaye de reprendre un peu tous les kilos perdus les premiers mois (jusqu'à 5 pour Laurent !, quelques grammes pour Leila).

En plus de manger, on prend notre temps. On se repose, on traine sur Internet, on se renseigne sur la suite du voyage et le transmongolien, ET on cherche des partenaires pour nous accompagner au désert de Gobi. Il faut 6 à 9 jours et 1600km de 4x4 pour y aller et voir quelques-uns des principaux sites, et nous devons partager les frais si nous souhaitons y aller.
Après quelques jours et le tour des guesthouses de la ville, on a la chance de tomber sur un couple d'Australiens et une Singapourienne motivés pour partir 6 jours. Ça fera donc beaucoup de route chaque jour, mais au moins on y va !


Accompagnés d'un chauffeur, d'un guide/cuisinier et de sa fiancée en formation, on embarque tous les 8 à bord du van russe qui nous conduira cette semaine.
Spacieux, robuste, confortable, une voiture incroyable pour des conditions de routes, ou plutôt de piste, très difficiles.
Malgré ça, le chauffeur aura besoin de faire 4 arrêts pour réparer la roue arrière gauche en train de se désaxer méchamment !

Tu me passes la clé de 12

Sinon, pour résumer, le Gobi est MAGNIFIQUE. Un des plus beaux endroits qu'on ai vu, avec une énorme variété de paysages dans un périmètre pas si grand.
On passe du canyon rouge et sa forêt de petits arbres blancs, à d'immenses dunes de sable (200m de haut), puis de la vallée de glace à des falaises blanches dignes des paysages de l'ouest américain !
Incroyables, sublimes. Beaucoup de superlatifs, entrecoupés de longues heures de routes, des fois monotones, des fois très belles, qui font aussi parties de ce périple.







Côté bouffe, sorti d'UB on redescend de notre nuage, malgré la présence d'un "cuisinier". Pâtes aux pickles, raviolis sous plastiques, etc. On touche le fond quand une famille nous sert une infâme bouillie de riz qu'on n'aurait même pas imaginée chez Ghambatar. Cela confirme qu'on a été culinairement pas trop mal traité.


On revient pour notre 3ème et dernière fois à UB, des étoiles pleins les yeux, prêts à découvrir notre prochaine destination, la Chine. D'autant que sur les conseils de Vincent et Thierry, on évitera Pékin pour se concentrer sur la Chine du centre et les 2 provinces rurales, Sichuan et Yunnan.

Ça commence, après avoir dit au revoir à nos amis, par 24h de voyage jusqu'à Datong, en train+bus+bus, le transmongolien étant complet.

Kharkhorin, à cheval dans la steppe (2 jours)

Et c'est parti pour notre grand défi de Mongolie : 4 jours à cheval dans la steppe, pour rejoindre Kharkhorin.

Même si on a lu quelques récits de voyageurs témoignant de la facilité à monter à cheval en Mongolie, même pour une première fois, nous qui ne sommes pas très casses-cou, on appréhende un peu. Voir beaucoup.
On craint aussi la blessure qui pourrait nous gâcher la suite du voyage.
M'enfin. On se lance quand même, rassurés par notre rencontre de 2 français qui, eux, venaient de Kharkhorin à cheval pour un circuit de 6 jours.

Apres des adieux plein d'émotion à la famille, on monte sur les chevaux.
A l'arrêt, tout va bien. Ils sont suffisamment petits pour qu'on ne panique pas.
En mouvement, Leila est beaucoup moins rassurée. Le sien fait des caprices ; il est plus nerveux que les autres. Un échange de cheval avec notre guide, Mandah, et ça va mieux.
On est fin prêt pour cette première journée.

On débute par de la steppe, découvrant, grâce aux longues pattes des canassons, ce que nous n'avions pu voir à pieds. 
Au pas d'abord, mais très vite alterné avec de petits moments de trot. Ici on fait tout en accéléré.
On fera même du galop dès la fin de ce premier jour.

Mandah, notre guide

Mais avant ça, on profite de la balade.
En entrant dans un parc régional, on fait notre première pause, au pied d'une petite montagne.
On descend de cheval et on se rend compte que les fesses, qu'on pensait douloureuses, ne le sont finalement pas autant que les genoux et le dos !
On dégourdi donc le tout et on répart.


On traverse un joli ruisseau, on longe de petites plaques de neige faisant de la résistance à cette altitude, et on commence l'ascension.
La piste se transforme en chemin, puis en sentier.
On est parfois obligé de se baisser pour éviter les branches, d'autres fois de les écarter de la main, au risque que le suivant se reçoive ce ressort végétal, dans l'incapacité à maitriser sa monture pour l'éviter.
En effet, on ne contrôle pas trop nos chevaux.
On a beau tirer les rênes d'un côtés, mettre un coup de talon de l'autre, les chevaux obéissent quand ils en ont envie, sentant bien que nous ne sommes pas en mesure de les diriger. Ils préfèrent bien souvent suivre le cheval du guide, ou s'arrêter brusquement pour brouter une ou deux touffes d'herbes, au risque de nous désarçonner !

Un peu frustrant et usant, mais on s'y fait vite et on se laisse guider/faire, profitant du paysage, magnifique avec les arbres autour, la neige au sol et le monastère qu'on atteint pour le lunch, perché au sommet de cette montagnette.

Monastère de Toufoun

Nous voici donc à Toufoun. Seuls avec notre guide alors qu'en saison le site est envahi par les touristes.
On entre, fait tourner quelques moulins à prière, et grimpe un rocher pour accéder au premier point de vue. De là, on se rend compte qu'en quelques heures on est monté suffisamment haut pour avoir un panorama grandiose sur toute la région !
Le plus beau reste à voir, avec une vue à 360° tout en haut.
Leila s'arrête là, ne voulant pas s'aventurer dans le mur vertical qui y conduit. Laurent suit Mandah qui, au passage, lui montre les grottes de recueillement bouddhique où on entre et tourne dans un sens pour s'attirer le bonheur, et arrive enfin au top.
Beau mais vertigineux. On rejoint vite Leila qui attend en bas pour le pic-nic.

Grottes bouddhistes

L'après-midi sera dans la même lignée, avec la resdescente et un peu de steppe pour rejoindre la ger dans laquelle nous allons passer la nuit.
C'est donc la deuxième famille nomade que nous rencontrons, et elle ne ressemble en rien à celle de Ghambatar. Ici, la jeunesse est de mise. Le couple qui nous accueille a à peine 20 ans, et un de leur ami de la ville est en train de chanter au téléphone pour séduire sa petite amie...

Ça change de Ghambatar, le chef de famille est au milieu

On a beau ne pas vouloir juger trop vite, on s'y sent moins bien que les jours d'avant. L'impression sera plus que confirmée quand un gros poivrot arrive en pick-up et invite notre guide à aller boire avec lui.
On avait entendu dire que les mongols ont un problème avec l'alcool, mais là on y est confronté pour de vrai. Déjà la veille, chez Ghambatar, on avait vu rappliquer le sois-disant chef du village (petit mafieux local), bourré, qui avait essayé de nous embêter gentillement.
Cette fois-ci, c'est donc Mandah et son ivrogne de copain qui reviennent à 23h complètement faits (on était jusqu'à là habitué à dormir vers 21h), ce dernier respirant la violence en plus des vapeurs d'alcool. Si bien que le p'tit jeune qui nous héberge demande vite à sa femme de cacher les couteaux !
Pas très rassurés, ne parlant pas la langue, on laisse le pochetron gueuler, puis repartir vers minuit, zigzaguant au milieu de la steppe dans son pick-up, et on s'endort un peu inquiet, tandis que Mandah va continuer de picoler avec un troisième larron qui tient encore debout.

La surprise du matin est de se faire réveiller à 8h par... le bourré de la veille !!!
Comment peut-il être frais à cette heure-ci, mystère pour nous, habitude pour lui !? Toujours est-il qu'il tire notre guide du lit,et qu'ils repartent tous les 2, cette fois à moto, sois disant pour aller chercher les chevaux.
Pas dupes, on les voit revenir vers 11h, sentant encore plus la vodka que la veille, sans chevaux, "perdus".

Pas très contents mais n'aillant pas beaucoup d'autres choix, on laisse Mandah décuver en dormant jusqu'à 13h30 et on part, moyennement confiants quand à sa capacité à être au taquet cette journée...
Et effectivement, les étriers de Leila n'étant pas bien réglés, ça commence difficilement pour elle. Après 2 heures, on identifie nous-même le problème, on demande à Mandah de le régler, et on en profite enfin.


On arrive à 19h dans une super famille, bien située en bord de forêt, et on en profite pour prendre du repos.
Ces 2 jours de cheval nous ont beaucoup plus, mais on se dit qu'on serait content d'arrêter le lendemain.
Ça tombe bien, ce même lendemain, après une nuit très très froide : le toit de la yourte était complètement ouvert pendant cette nuit, nous nous recevions des gouttes de pluie glacée sur les pieds, mal installés sur le sol non isolé pendant que notre guide était gentillement installé sur le lit, chaudement couvert et loin de l'ouverture du toit, celui-ci sûrement encore fatigué de ses "prouesses" de la veille et n'ayant pas envie de s'embêter avec nous, nous propose un "rapatriement" en 4x4.
On hésite 5 minutes, puis on accepte, content d'aller a Kharkhorin prendre notre 1ère douche depuis 10 jours (!!!) et visiter un monastère célèbre dans le pays entier.

Monastère d'Erdene Zuu

Au final, cette expérience nous a fait passer par des hauts, puis des bas, puis des hauts, puis ....Bref, on l'a vécu avec passion, n'étant pas forcément aussi patients qu'il le faudrait, mais en l'appréciant fortement.
Peut-être aurions-nous du persévérer et aller jusqu'au bout des 4 jours, mais la tentation de rentrer était la plus forte, et nous avons finalement eu le temps de prendre bien du plaisir en 2 jours.

Retour à Ulaanbaatar où nous essayerons de trouver du monde pour nous accompagner dans le désert de Gobi, afin de réduire les coûts.

mardi 8 juillet 2014

Kharkhorin, sous la yourte avec les nomades, 2 parisiens à la campagne en Mongolie (7 jours)

Attention, roman à suivre. Il nous était difficile de retranscrire brièvement cette expérience très forte. Les moins courageux peuvent toujours se contenter des photos Dropbox.


L'épisode qui va suivre est une sorte de Vie ma Vie de Frédéric Lopez. Une semaine de RDV en Terre Inconnue à nous, mais sans équipe qui prépare le terrain, sans animateur ou traducteur et sans caméra. La famille et nous.

Nous avions depuis longtemps l'envie d'intégrer le mode de vie locale durant notre voyage et la Mongolie est un des pays qui s'y prête le mieux : l'hospitalité y est de coutume et le travail manuel.

L'agence qui fait le pont entre nous et la famille nous l'a présentée comme une famille très sympa (nous voilà rassurés de ne pas être envoyé chez des cons !!! :p)

Cela commence à Kharkhorin, petite ville perdue en Mongolie, par une heure et demie de 4x4 en longeant la rivière Orkhon dans la steppe jusqu'à la ger (yourte en mongol) de Ghambatar.
Le tout accompagné par une musique disco bien kitsch sifflée joyeusement par le chauffeur. 
Ambiance typique garantie (on aura droit dans les transports, soit à de la disco, soit à de la musique mongole).

Nous sommes bel et bien en Mongolie, comme on se l'imaginait depuis longtemps, plongés dans le paysage splendide et brut de la steppe. Une vaste plaine où nous ne croisons personne à part quelques troupeaux de chevaux, yaks, moutons et chèvres. Très peu de yourtes sur le chemin, écartées les unes des autres par quelques kms (la Mongolie est le pays le moins densément peuplé du monde). Nous apercevons aussi des cadavres de bouteilles de vodka ou de bêtes, laissés à l'abandon.


Nous arrivons enfin à destination.
Dans un premier temps, nous pensons faire une pause chez une première famille, mais nous comprenons quelques minutes plus tard que nous y sommes.
Le premier contact est... normal. Tout se passe naturellement.
On franchi le seuil de la ger, on s'assoit en compagnie du chauffeur, et on observe. 

Il prend le thé au lait (moitié eau, moitié lait, un peu de thé et un peu de ... sel) qu'on lui sert ; nous aussi. 
Il trempe des biscuits très très secs dedans ; idem.
Il recouvre littéralement ses biscuits avec une espèce de beurre fait maison ; on fait pareil. Erreur ! Ce beurre a le goût de mouton !
On s'apercevra vite qu'il faut l'apprécier malgré ça, car il est une des bases de l'alimentation nomade.

Après ça, le chauffeur nous laisse seuls dans cette famille.
J' te regarde. Tu me regardes. Bref on va passer une semaine ensemble. On ne se connait pas, on ne parle pas la même langue, mais on va finir par s'aimer et se comprendre par les yeux, par se prendre dans les bras et être émus en se quittant.
On tente un premier échange.
Enfin, on fait des gestes. Car nous ne parlons pas (encore) mongol et ils ne connaissent bien évidemment AUCUN mot de français, anglais, arabe ou espagnol.
On pose la base :
- Chevaux : a-to
- Chèvres : ya-ma
- Moutons : hogn
- Vaches : khour
On note au fur et à mesure, et on essaye de retenir le plus vite possible.


Le camp



Nous comprenons que la ger dans laquelle nous allons être est celle du papa, Ghambatar, partagée avec son fils aîné.
La seconde est celle du plus jeune fils et de sa femme, tout juste parents.

- La nôtre, la parentale, est assez basique : telle que décrite sur notre guide, il s'agit d'un "univers en miniature", avec des codes très strictes. Entrée de la ger du pied droit, manches baissées et chapeau sur la tête jusqu'à être assis. Côté gauche pour les invités, droit pour la famille et le fond orienté nord est réservé aux ancêtres avec un autel familial. Les 2 colonnes au centre symbolisent le lien entre la terre et le ciel, éviter donc de passer entre. Puis enfin le poêle, placé au centre, sert à la fois de four et de radiateur. Ce poêle est aussi l'habitation de l'esprit du feu : interdiction totale d'y jeter des déchets. 

Ger traditionnelle

Nous dormirons pas terre sur des tapis et les tapis de sol qu'on a apporté. 

- Celle des jeunes mariés est bien plus sophistiquée, très surprenante lorsqu'on y rentre pour la première fois. On ne s'attend pas à autant de "confort et de modernité" par ici. On sent l'aménagement plus récent, avec des meubles tous neufs dignes d'un Ikea mongol : une TV satellite (en plein milieu de la steppe !), une machine à laver et un lavabo. Tout ça sans l'eau courante bien sur, mais avec des panneaux solaires et des batteries de camion.

Ger moderne, avec la machine à laver !

- Autour des gers : il s'agit de leur emplacement estival. Le déménagement est récent suite à la presque fin d'hiver. La steppe à perte vue. Magnifique. Les superlatifs ne suffiront pas pour décrire ce décor naturel et tranquillisant. Les photos un peu plus. Un emplacement idéal à quelques centaines de mètres de la rivière.

- 2 enclos, l'un petit réservé à la protection des veaux, l'autre plus grand pour les moutons et les chèvres.

- Les toilettes ? Ne cherchez pas, la steppe entière est à nous :) Autant s'abstenir de boire du thé avant d'aller au dodo pour éviter de se retrouver dans le noir par zéro degré. Nos fesses n'ont d'ailleurs pas complètement supportées le vent glacial auquel nous avons eu droit quelques jours. 


Météo

Grand soleil le premier jour.


Tempête de neige le second.



On ne regrette  absolument plus le choix des manteaux achetés à Ulaanbaatar. On multiplie les couches de vêtements. Le no look est au rdv ! Les lunettes de soleil sont obligatoires, la luminosité est très éblouissante.
Le soleil fait son apparition en fin de matinée et nous permet de profiter d'un sublime paysage hivernal, non espéré ni attendu en ce mois de mai.
La neige mettra 2 jours à fondre, nous rejouant l'arrivée d'un printemps venteux.
La lumière reste magnétisante au fil de la journée.


Nous avons été surpris que les nomades gardent les mêmes couches de vêtements dedans et dehors alors que nous étions obligé d'en ôter ou d'en remettre sans cesse pour nous adapter à la température de l'extérieur ou face au poêle.


La grande "famille" Ghambataar

- Le papa, mister Ghambataar, la cinquantaine bien entamée et une fière allure de nomade. Un charisme et une bonhomie évidente. Prévenant et aux petits soins. Le matin, dès que nous ouvrons les yeux, il nous répète sans cesse "dors, dors... il fait froid". Le lendemain il pleut : "dors, dors". Aujourd'hui, il neige : "dors dors". Le jour d'après, il fait beau : bah "dors, dors" quand même :p. "Dors, dors" en fin de matinée, "dors, dors" après le repas, "dors, dors" en milieu d'après midi. Il nous borde le soir avec les couettes disponibles, remet une couche en nous couvrant de son habit traditionnel bien chaud. Il se réveille le matin très tôt pour lancer le poêle. Insiste pour nous nourrir plus qu'il n'en faut. Il se moque de nous parce qu'on dit merci à chaque instant. Ghambataar on l'adore.

Ghambatar

- Irinbat, le grand fils sympa, rigolo, la trentaine, pas encore marié. L'homme à tout faire mais pas trop bosseur. Il aime passer son temps sur l'herbe à surveiller les bêtes. Peut être aussi mécano, boucher ou cordonnier.


- Tsingae, le fils cadet, 21 ans. Marié et un bébé. On sent qu'il aime le travail ici qu'il effectue avec beaucoup de sérieux. Il a une fierté juvénile de nomade. Un peu macho aussi. Il prend une certaine distance avec nous, peut-être par méfiance, peut-être parce qu'il nous prend pour des bons à rien.


- Anshimi, la femme de Tsingae. Pas très souriante mais qui s'est bien plus détendue après quelques jours. Le temps de mieux nous connaître, de comprendre que l'on s'intéresse à sa famille mais aussi à elle. Elle a également apprécié que l'on prenne le temps de partager avec elle des vidéos et photos sur la tablette, souvent accaparée par les gars.


- Miarboussoulou : la petite de 2 ans. Elle traine partout. Les mains, la tétine aussi... Elle ne pleure jamais et rit lorsqu'elle tombe ! On ne lui dit jamais rien. Un clou dans la bouche, et alors ? Les mains cracras, c'est pas grave ! Elle coure dans les troupeaux de moutons, petite boule fluo avec sa tunique traditionnelle rose. Hilarant de la voir au milieu de toutes ses bêtes et de leur courir après !

Miarbousoulou, 2 ans

- Puis bien sur moutons, chèvres, yaks, vaches et chevaux.
Enfin le chien de garde qui n'apprécie pas Laurent. Laurent non plus du coup.

- Mais où est la maman ? On n'ose pas demander. Il serait déplacé de mimer son décès. Mystère au début.
Une surprise nous attend à mi séjour. On se fait réveiller par une femme qu'on ne connait pas. Mama est de retour après quelques jours passés au village voisin chez sa fille aînée.
Souloum Orta, très sympa, joyeuse et dynamique, elle nous redonne un second souffle au moment où, la découverte des premiers jours étant passée, on commençait à prendre notre rythme. Elle s'acharne à nous écrire des phrases sur son téléphone pour mieux se faire comprendre, mais ça ne fonctionne pas plus qu'à l'oral. Elle nous parle tout le temps comme si on comprenait. C'est une maman bienveillante aussi. Elle nous ressert à manger plusieurs fois par jour. 
On rigole, discute, et joue même au volley, jusqu'à ce qu'elle retourne au village avec Irinbat, 2 jours plus tard.


Pour y aller, ils réparent leur chaussures et les font briller. Leur allure change totalement sans leur habit traditionnel.

En plus de ces deux fils, on nous montre en photos d'autres enfants qui sont au village, en ville ou même en Turquie. 


Le déroulement des journées

On vit au rythme du soleil. 
Réveil vers 5h30 pour Ghambatar qui va ensuite voir si aucun problème n'est survenu pendant la nuit. 
Pour nous, ça sera plutôt vers 8h30 :) On reste au chaud dans nos duvets et, sur ses conseils, malgré les multiples allées et venues dans la ger, on dort encore un peu.

On ne se savait pas quoi faire les premiers jours. On propose d'aider mais hors de question de faire quoique ce soit. Nous sommes des invités. On insiste. 

Il faut dire aussi que nous sommes entre 2 saisons. Les nomades sortent d'un hiver long et dur et prennent le temps de se reposer avant la chaleur à venir ! En cette période, la quantité de travail n'est pas très importante et la famille la réalise aisément sans nous. D'autant qu'en grande partie, cela nécessite de monter à cheval ou de partir à moto.

Notre première et principale est d'aider à l'organisation du défilé des animaux. Tout un rituel.
Les moutons et chèvres d'abord, qui sont ramenés puis parqués dans l'enclos en bois à côté des gers. On sépare les petits des grands. C'est simple, on crie "tchoouuuu", les petits comprennent parfaitement puisque les plus désobéissants reçoivent un coup de pied ou de bâton. Les grands sont ensuite relâchés après les avoir comptés, mais sans leurs petits qui restent au chaud pour la nuit. Cet exercice peut être répété plusieurs fois dans la journée, un coup on regroupe toutes les bêtes, d'autres on sépare les petits des grands... On ne comprend pas tout les premiers jours mais on suppose que cela dépend de la météo.



Ensuite, on voit arriver les chevaux, ramenés par Tsingae sur sa moto. On les parque, ils en choppent un au lasseau puis on les relâche tous ! Manière peut-être d'éduquer ces chevaux sauvages et de les habituer petit à petit à la supériorité du maitre.


Puis les vaches viennent faire un petit tour, accompagnées des yaks.

Notre seconde mission, et on l'accepte avec joie, est d'aider à déneiger autour et dans l'enclos des bêtes. 
Mission qui se transforme en "aider à déneiger et démerder", car plus on marche dessus, plus la neige fond, et plus elle se mélange avec une nuit d'excréments de mouton... 

On aide à déneiger...

...et démerder

Nos chaussures montrant très vite leur limite, on se fait prêter des bottes et on y retourne de plus belle. Des bottes à talons pour Leila :)
Déblayer la neige est une des seules taches qu'on nous laissera facilement réaliser.

On profite donc de notre temps libre pour explorer les environs. On grimpe sur la colline derrière la maison, on va à la rivière, on marche un peu par ci, beaucoup par là. 
Pas d'Internet, pas d'électricité, pas de stress.
On profite. On se repose. 
On échange avec la famille, on essaie de faire de moins en moins peur à la petite fille, jusqu'à ce qu'à la fin, elle ne pleure plus quand on la prend dans nos bras.
En fin d'après midi, les fils partent à moto avec Laurent chercher de l'eau à la source. Il arrive parfois que les femmes soient de corvée pour dépanner, mais à pied. Les bidons sont ultra lourds !

Remplissage des bidons à la source

Le soir, les hommes coupent du bois puis Laurent s'installe devant la TV avec eux ou montre des photos et vidéos prises dans la journée, pendant que Leila s'initie à la préparation des plats avec Anshimi.

La vie en ger est très bien réglée, très bien organisée. Chose obligatoire, sans doute, quand autant de personnes vivent dans un si petit espace. Les femmes s'occupent donc de l'intérieur et aussi de la traite. Les hommes, eux, sont responsables du bois de chauffage, de ramener l'eau, et des troupeaux. Ce n'est pas forcément plus physique, et pourtant, lors du repas, ce sont eux qui sont toujours servis dans les grands bols, les femmes se contentant des petits.

On dine puis on rentre les agneaux et chevreaux au crépuscule. Et même, les 2 derniers jours, Ghambataar nous fait suffisamment confiance pour nous laisser les ramener tous seuls. On se couche à 21h30.

Les journées se ressemblent donc et il faut le préciser, elles sont réglées par les différentes pauses nourritures. On dit bien nourritures et non pas gourmandes.


Expérience culinaire

Un végétarien serait moyennement épanoui chez les nomades. Un non végétarien pas bien plus.

Globalement les plats se ressemblent et ont tous le goût de mouton. Nous découvrirons par la suite, lors de passages chez d'autres familles, que nous avons eu la moins pire expérience culinaire.

Le premier soir c'est pâtes maison à la viande de vache séchée et son gras assez caoutchouteux (bien que préalablement assouplis et écrasée au marteau), le tout revenu dans une quantité d'huile effarante pour nous, mais constante suivant les plats. Ça protège du froid il parait :)


On s'apercevra par la suite qu'on a débuté par le meilleur repas, qui s'alterne avec du riz au lait à la viande séchée et au gras, et du bouillon aux pâtes ou au riz à... la viande séchée et toujours ces bouts de gras. Plus il y a de gras et plus on fait honneur à l'invité ! 
C'est pas mauvais, mais pas très bon (moins pire qu'on le pensait), mais assez lassant à la longue. Nous avons aussi à notre disposition du ketchup mais qui passe moyennement avec la soupe au lait.

Heureusement que le tarak (yaourt fait maison) est là pour introduire une petite touche légère et sucrée. 

Le petit déjeuner est le moins sympa. Nous avons droit à du thé au lait salé (un peu rebutant au réveil mais on s'y fait - pas de place pour les caprices) et des gâteaux ultra secs trempés dans du beurre. On sautera l'étape beurre.

La surprise culinaire viendra d'un mouton. Celui que l'on trouve attaché devant la ger le matin du 4ème jour, et qui nous servira de repas jusqu'à la fin. 
Tué, dépecé, vidé devant nos yeux.
"Spectacle" nouveau pour Laurent, déjà vu pour Leila, mais fascinant pour les 2. 

On "apprécie" ensuite les abats bouillis pour le petit dej, à 11h !
C'est beau de voir comment toute la famille partage ça, rassemblés autour d'un grand récipient et son contenu.  Machin se coupe un peu de boudin, machine se goinfre de tripes, truc s'empiffre de panse ! On ne les a jamais vu aussi contents de manger :)




Pour notre part, on mange bien. Un peu bizarre quand même mais on ne se laisse pas démonter, même en repensant au mouton vivant quelques heures plus tôt, même en se repassant la scène du dépeçage/vidage de la bête...

D'autant qu'on devine qu'il nous reste les pieds et la tête pour les jours à venir. On les retrouvera effectivement le lendemain, en train de griller dans le poêle à bois, puis dans nos assiettes, bouillis...



Ce qui nous fait plaisir, c'est de ne plus manger de viande séchée, mais du bon mouton bien frais durant les derniers jours, même si du coup on retrouve encore plus de gras dans nos bols.

Pour clôturer le chapitre nourriture, on ne peut pas ne pas parler du lait.
Tous les matins, la femme traie les vaches. Elle met ensuite le lait sur le feu, attend quelques dizaines de minutes tout en remuant, puis laisse reposer. La couche de beurre qui se forme sur le dessus est l'ouroum. Le lait restant est de nouveau mis à chauffer le lendemain, fortement remué, puis enfermé dans un pot recouvert de vêtements pour favoriser la fermentation et obtenir le yaourt maison, le tarak. Ce tarak, en plus d'être très bon consommé comme tel, peut être remis à chauffer une troisième fois pour finir par donner du fromage. Cycle long et impressionnant qui permet aux nomades de tirer un maximum de leur lait. 


Beurre maison

Fromage maison

Nous n'avons vu que l'utilisation du lait de vache, mais il se servent sans doute de celui des moutons et chèvres selon les périodes, et à coup sur du lait de jument durant l'été, pour faire de l'airag, que nous avons eu la chance de gouter (hors saison du coup) et qui ressemble à une bière au fromage. Beurk !

A noter quand même que les nomades ne sont pas gourmands. Quand ils sont rassasiés, après avoir englouti leur soupe avec "des grands slurps", ils s'arrêtent. Ils ne craquent pas, ou juste un peu, pour les biscuits locaux (proches du rassis mais qu'on engloutis avec plaisir ici) ou même le chocolat qu'on avait amené histoire de partager ça avec eux.

Côté vaisselle. C'est simple, on mange dans des bols. On lave et on rince le tout dans un peu d'eau. On essuie avec un torchon qui sert à tout. On ne se pose pas de questions. Vaut mieux pas. On se dit que nous serons encore mieux immunisés pour la suite du voyage. Le garde manger est sous le lit. La viande fraiche ou les restes y sont stockés directement, et pourtant aucune mouche dans la ger !


Au final, cette expérience a été vraiment top et inoubliable. 
Même si, au départ, on s'attendait à participer un peu plus aux travaux quotidiens, on a, après une période d'adaptation, bien apprécié de ne rien faire. 

De même, le contact avec la famille a mis du temps à se créer, mais au moment de partir, nous échangions et rigolions souvent, surtout avec Ghambatar pour qui nous avons eu un coup de cœur. Attachant, prévenant, il n'hésite pas à faire tout ce qui est nécessaire à la vie de sa famille, même les tâches normalement dédiées aux femmes. 
On apprendra plus tard que c'est ce qui fait qu'il n'est pas trop apprécié de certains autres nomades. Nous, au contraire, c'est ce qui nous a charmé.

Cette plongée dans la Mongolie rurale, sans intimité, sans salle de bain et sans toilettes, nous a montré une autre vie, très authentique et en même temps pas détachée de l'époque (TV, 4x4, enfants au village), qui ne nous conviendrait peut-être pas durant plusieurs années, mais que nous avons adoré durant ces quelques jours.

Il est temps maintenant d'aller vers de nouvelles aventures.
Un guide et 2 chevaux sont arrivés pour notre dernier soir, afin que nous puissions rentrer à Khalkhorin en 4 jours de trek à cheval.

Ulaanbaatar, bouffe maison et Petite Mamotte (3 jours) -1h vs. Séoul

Pour notre arrivée à Ulaanbaatar, c'est nuit de grand vent, et l'avion s'y prend à deux fois pour atterrir, après avoir remis les gaz à 1000m du sol pour sa première tentative. 
Ambiance un peu froide dans l'avion !

On se remet de nos émotions dans le taxi envoyé par Vincent, propriétaire français de La Petite Marmotte, un hôtel habillé comme un chalet savoyard d'après Le Petit Futé. 

Un chalet savoyard en Mongolie !

On n'est donc pas plongé dans l'inconnu en arrivant.

Nous sommes chaleureusement accueillis dans un grand appartement transformé en petite guesthouse, tout de bois vêtue, dont nous serons les seuls clients pendant 4 jours. 
On s'y sent bien après 2 mois de vagabondage. Sentiment renforcé par Vincent, qui joue à la fois le rôle de coloc et de conseiller en voyage (en français qui plus est), lui qui a parcouru l'Asie étant un peu plus jeune, et qui tient maintenant une agence de voyage/trekking en Mongolie.

Pour la première fois depuis 2 mois on peut cuisiner, ce qui nous permet de varier les menus et de changer du mouton, spécialité quasi quotidienne du pays. 
Pour notre premier repas, c'est quand même resto et assiette mongole : raviolis de moutons, côtes de moutons grillées et beignets de... mouton. Bien calés, on est limite écœuré de voir qu'ils n'ont finalement pas oublié notre deuxième plat quand on nous amène une assiette débordant de foie de bœuf - sans accompagnement bien sûr. On en goûte un peu pour le geste, on apprécie et du coup on demande un "take away". 
Ça fera notre menu du premier soir. C'est perturbant pour notre organisme qui n'avait pas eu autant de gras et de viandes depuis un moment. 
Pour le deuxième soir, c'est plus typique de chez nous, avec des pâtes, du thon et une sorte de ratatouille en boite accompagnés de fromage nommé 'gumy cheese ?!?'.  Ça nous rappelle les plats vite préparés après le boulot (le quoi ? :p) et ça nous fait du bien. On a même le droit de faire la vaisselle après ça. Un "petit plaisir quotidien" qui s'oublie vite quand on mange au restaurant tous les jours. 
On termine ce séjour en beauté, quand Vincent nous invite à déguster de la viande rouge grillée, très tendre et en grande quantité, découpée par ses soins, en compagnie de son pote Thierry, un Belge habitant la Suisse ayant un appartement en Mongolie, autre grand voyageur qui a lui parcouru le monde à vélo.
Nous qui pensions devoir attendre l'Amérique du Sud pour être en mode carnivores ! Bien arrosé de vin rouge argentin on s'y croit presque.

On ne pensait pas voir ça avant l'Argentine 


Sortis de ce petit cocon franco-francophone, on a quand même pris du temps pour se balader en ville et préparer la suite de notre séjour. La ville, sans grand intérêt, n'est pas un modèle d'urbanisme/architecture avec quelques bâtiments d'influence soviétique et des yourtes en périphérie, mais pas si moche ni si polluée telle que décrite partout sur Internet !


Sukbaatar, la place principale

Le seul problème, c'est que malgré le printemps et un premier jour quasi-estival, avec un grand soleil et 25°C, on assiste le deuxième jour à une tempête de neige qui nous prépare pour les jours à venir. 

Effectivement, l'hiver n'est pas tout a fait fini et nos K-Way ne suffiront pas à nous protéger du froid. 
On file donc au Narantuul, le marché noir officiel d'Ulaanbaatar, s'acheter de grosses doudounes, des gants et des leggins. Ayant moyennement négocié l'anorak de Laurent, Leila sort tout son talent de mime pour faire comprendre qu'on veut le sien à moitié prix, étant donné qu'il s'agit d'un manteau enfant. Le marchand s'amuse de cette négociation burlesque et cède assez facilement. La négociation est plus agréable ici que dans nos précédents pays. À moins que 2 mois de voyage nous aient appris les bonnes pratiques et les bons tuyaux ?!

On rentre se mettre au chaud en taxi, chose assez facile car ici chaque voiture est susceptible de s'arrêter, pour arrondir les fins de mois. Le prix du km est connu de tous, et les arnaques aux touristes peu fréquentes.

On passe notre dernier jour à : 
- Demander notre visa chinois, démarche à priori très compliquée en haute saison, quand plein de français tentent leur chance. Chanceux, on fait les démarches en à peine 1/2h, sans même une lettre d'invitation, mais avec de faux billets d'avion fournis gratuitement par Air-Market, une agence de voyage locale ! (Combine partagée sur internet) 
- Acheter des tapis de sol, du chocolat et des bonbons pour préparer notre séjour d'une semaine chez une famille nomade.

On part en effet le lendemain pour Kharkhorin, ancienne capitale et petite ville au milieu de la steppe.
Pour y aller, on se pointe très tôt à la gare routière, on prend nos billets pour le bus de 11h et poireautons 3 heures, au chaud, dans le troquet d'à côté.

Tout va bien jusqu'au moment où Leila s'étant absenté quelques minutes, Laurent tourne la tête un instant et surprend un mongol le sac de Leila dans les mains. "J'le r'garde, il m'regarde, on s'regarde". Bref, il remet le sac en place et repart d'un air de bourré comme si de rien n'était.

Dernière découverte avant Kharkhorin, "l'aire d'autoroute" et ses toilettes. 
Un bouiboui-restaurant d'un côté de la route où tout le monde s'arrête de manger et nous regarde avec des yeux ronds dès qu'on rentre : OK, on doit être les seuls blancs à des km à la ronde. 
De l'autre côté, une steppe avec une petite cabane dans un coin. Les mecs, et même certaines femmes, vont dans la steppe à la vue de tous. Les plus pudiques/courageuses vont dans la cabane. "1 trou et 2 planches assez écartées l'une de l'autre", voici la description du guide. Tout y est dit et pas besoin d'une grande imagination pour comprendre. Leila n'a qu'une prière en tête : ne pas tomber dans le trou...

La cabane au fond de la steppe