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vendredi 15 août 2014

Bilan Chine

Nombres de jours : 29
Nombres d'etapes : 10
Dépenses par jour par personne : 250, soit 29.3€
Nombre de pas par jour : 12100
Nombre de jours avec quelques heures de pluie : 5
Côté conduite : droite / volant : gauche

Laurent :

1 mois en Chine : c'est beaucoup, et en même temps c'est très peu !
C'est sans doute la première fois que je voyage dans un pays autre que les USA qui parait si grand, avec autant de choses possibles à voir et à faire.

Quand on y arrive, on veut aller partout. Puis on se rend vite compte que c'est impossible. Après quelques jours de bus, même si les routes sont bonnes, on est usé. On n'a qu'une seule envie : se reposer. Et puis tout est très touristique, avec d'énormes infrastructures à chaque petit monument, et un prix d'entrée exorbitant, même au regard des standards occidentaux !
L'avantage de tous ces trajets c'est de VOIR le pays. Verte, vallonnée, remplie d'eau, la Chine est magnifique et on en prend plein les yeux à chaque train ou bus.
Même si le ciel bleu se fait très rare et fini par manquer au bout d'un moment : il fait tellement gris qu'on pourrait se croire à Paris.

Au niveau culinaire, c'est aussi super. Le pays où le menu est dans l'assiette du voisin. La carte est en chinois et on ne comprend bien souvent pas ce qu'on mange. Mais c'est bon. Bon et varié, même si tout se ressemble visuellement, à base de petits morceaux qu'on ramasse avec les baguettes.
Ce qui manque c'est les trucs consistants : gros bouts de viande dans lequel on peut croquer par exemple.
En Chine, on a aussi renoué avec les fruits, après 1 mois en Mongolie. Présents à tous les coins de rue, ils sont assez bon marché, et des fois exotiques : pêches, pommes, bananes, mais aussi mangues, litchis et fruits du dragon. Mmmmm.

Contrairement à ce à quoi je m'attendais et ce qu'on nous avait rapporté, les gens sont très gentils et très accueillants. Exception faite des touristes chinois qui sont eux sans gène. Curieux, ils sont aussi bien souvent peureux et/ou gênés de ne pas parler anglais. Des fois on passe la barrière et on communique. Mimes, dessins, sons : tout est bon.
Les chinois ne se sont pas encore tous laisser prendre par leur téléphone, même si la nouvelle génération semble bien partie pour. On les voit le matin faire du tai-chi, le soir des danses collectives, en journée jouer au Go ou au Majong. Un peu comme dans nos villages où tout le monde se réuni au bistrot ou autour du terrain de pétanque.
Côté vestimentaire, il y a 1 voir 2 temps d'écart entre les femmes et les hommes. Les premières sont belles, apprêtées et bien soignées : mini-jupes et talons, parapluie et ombrelles. Les seconds sont rustres, peu attirant et bien souvent se baladent le tee-shirt levé en-dessous des seins, en ville ou à la campagne, à n'importe quelle heure de la journée : chineese style... C'est le pays dans lequel cette différence m'a le plus marquée.

A l'opposé de ses voisins, la Chine respire l'argent : infrastructures occidentales, tourisme intérieur, tri des déchets et bus électriques, etc.
La seule ombre au tableau est cette persistante odeur de toilette. On la sent partout, comme si les canalisations avaient été fait à la va-vite. Même dans les endroits neufs et/ou chicos elle peut être là, prête à surgir à n'importe quel moment. Mais bon, on s'y fait.
Les villes, elles, sont trop grandes et peu agréables. Noyées dans l'impersonnalité.

Un point qui m'a marqué est la sécurité. Caméras partout (bus, rues, hôtels, monuments, même les parcs !), portails magnétiques même pour prendre le bus (longs trajets), passeports pour les trajets intérieurs, etc. Les autorités contrôlent tout et peuvent savoir où on est et ce qu'on fait quand elles en ont envie.

Enfin, on termine en Chine nos 4 mois de voyage. En 4 mois, on a fait le tour des réflexions dans sa tête. On a réfléchit sur tous les sujets auxquels on pouvait penser, et même plus. Il va falloir tenter de se renouveler maintenant :) Lectures, rencontres, etc. Pas forcément évident, et la lassitude guette au tournant.
Heureusement, nous allons bientôt croiser amis et famille : Marie au Kenya, Alexis et Nico à Madagascar, mes parents en Namibie. Et puis il va y avoir le volontariat avec Asmae à Mada. Tout cela va nous permettre de continuer du bon pied.
D'autant que j'apprécie beaucoup notre nouvelle ligne de conduite, moins touristique et moins pressée, où on prend notre temps dans des endroits sympas, comme à Pingle par exemple.
A poursuivre donc !

Leila :

Nous étions excités à l'idée de découvrir une partie de ce pays, sa culture, sa gastronomie, ses paysages embrumés et ses habitants. On le redoutait aussi un peu car on ne savait pas à quoi s'attendre. D'autant plus que les retours de certains voyageurs étaient très négatifs. Plusieurs ont détesté les chinois, ont galéré à cause de la barrière de la langue....plusieurs amis nous ont demandé s'ils étaient bien sales ?! S'ils crachaient par terre?! Si on avait mangé du chien?!

Et très franchement, nous les chinois on les a adoré ! Les clichés et stéréotypes sont quasi enterrés :) sachant aussi que nous ne nous sommes pas plongés dans l'étude des droits de l'homme. Nous avons tout de même eu droit à la censure web : pas accès à notre blog, Google ....

Certes, rare sont ceux qui parlent anglais (et ceux qui le parlent ont un fort accent) mais certains font l'effort d'essayer de comprendre quand on fait aussi l'effort de communiquer avec eux, en mime ou même en dessin..certains sont tellement timides ou gênés de ne pas nous comprendre qu'ils partent en courant ... Je pense que beaucoup de touristes sont agacés de ne pas se faire comprendre, notamment les anglophones qui ne comprennent pas que d'autres ne puissent pas parler anglais !

Pour ce qui est de la saleté, là encore nous avons des repères différents. Ils rotent fort et crachent (comme en Inde, Népal ou Birmanie ) et ils jettent tout par terre, au resto ou dans le train par exemple...mégot, déchets....Ça pourrait faire le bonheur de certains enfants de chez nous qui reçoivent une raclée s'ils jettent un truc ainsi :)

Mais c'est parce qu'il y a toujours quelqu'un qui passera derrière pour nettoyer. 
Dans les rues, il y a des poubelles partout et bien plus qu'à Paris. Leurs toilettes sont acceptables... Mais on sent leur odeur un peu partout , sans doute à cause de mauvaises canalisations. 

bon de ce côté là nous développons une certaine insensibilité depuis le début du voyage, il faut juste y être préparé. 

Mais il y a les touristes chinois, qui eux sont exécrables. Les chinois ont un tourisme intérieur assez important. Et ils voyagent en groupe. Ceux là parlent fort, ne respectent rien. Nous passent devant et prennent des photos toutes les 4 sec. Ils ne se gênent pas pour nous demander de dégager quand on essaye d'apprécier un beau paysage pour qu'ils prennent des photos. Il suffit de dire non avec un sourire et re belotte ils sont encore gênés et repartent aussi vite. Ils sont comme surexcités par ce qu'ils voient ou peut-être aussi parce qu'ils payent et ont l'impression d'avoir un droit supplémentaire. Et ceux là sont pas sympas du tout, mais c'est aussi une différence culturelle qu'il faut pouvoir respecter - pas toujours évident par impatience...

Le préjugé "money moni" a lui, été confirmé. Le serveur nous demanderait limite de payer avant de nous être attablé. Et les chinois sont prêts à nous vendre quelque chose même s'ils ne l'ont pas. Ils fabriqueraient ce truc, l'inventeraient si "moni" est en jeux .

Les chinoises son jolies. Les chinois moins, beaucoup d'entre eux se baladent le t shirt remonté, la bedaine à l'air ?!?!?!

On se faisait arrêter dans la rue pour nous faire photographier ou pour nous dire que nous étions beaux :) en fait c'est plus un rêve de l'Occident, les yeux pas bridés....  et pour l'anecdote certains trouvaient mon nez long joli !!!! C'est étonnant pour nous mais rigolo de la part de ces filles avec le nez aplati, d'apprécier un nez trop long :) les critères de beauté sont différents ici.

Côté paysage, on a été subjugué par ce qu'on a vu. C'est un très très beaux pays et qui nous a clairement donné l'envie d'y retourner pour découvrir l'est, le nord et le sud. 
Bon j'avoue avoir douté du naturel de certains lacs ou du bleu turquoise de l'eau. Je me suis demandé si les chinois n'avaient pas trafiqué un peu tout cela... Encore un mauvais cliché :)

Côté urbanisme, nous avons été surpris par autant de modernité (beaucoup de bétons, de verres mais du vert aussi dans les villes) et nous avons adoré le principe des motos électriques .

On ne peut pas faire un bilan Chine sans évoquer sa gastronomie. On ne sait jamais ce que l'on va avoir dans nos assiettes. Des fois c'est bon et d'autres moins. Leur cuisine est bien évidemment succulente et subtile mais on a aussi eu le droit à des plats infectes, baignants dans l'huile, ensevelis sous une montagne de piments. On s'est retrouvé à plusieurs reprises à imiter le poulet....

En ce qui nous concerne, 4 mois que nous sommes partis, nous avons fais le tour dans nos têtes de tous les sujets : enfance, adolescence, amis, expériences pro ...  nous commençons à être fatigués sachant que nous avons aussi parcourus beaucoup de kilomètres depuis notre départ, les longs trajets en Chine ne nous ont pas aidés,  nous essayons de trouver un rythme et une routine. Nous l'avons retrouvé dans ce petit village de Pingle et à ce stade nous sommes toujours aussi convaincus de privilégier les endroits peu touristiques. 

jeudi 14 août 2014

Trajets Chine-Laos (2 jours)

C'est parti pour ce long trajet, marqué jusqu'à Kunming par l'inquiétude de ne pouvoir enchaîner avec le bus qui nous amènera hors de Chine avant l'expiration de notre visa. Mais au pire, on prolonge et on reste. 

Départ de l'hôtel de Chengdu à 12h30 pour la gare où nous faisons la queue avec toute la foule. Le terme foule prend tout son sens en Chine.
Puis, 21h de train jusqu'à Kunming, assis et bien serrés (5 personnes en largeur). Comme on appréhende la fatigue du trajet, on hésite jusqu'au dernier moment à prendre une couchette première classe qui est apparemment libre, puis on se dit que c'est cher et que le fait d'être assis va nous faire vivre une aventure et nous laiser pleins de souvenirs.
Effectivement, on a eu tout ça ; on l'a vécu et c'était sympa mais une fois suffira :)

21h de train assis : du monde, de l'inconfort et un bon poste d'observation

Dès le début on se rend compte qu'un truc n'est pas comme chez nous. Il y a du monde PARTOUT : debout, assis au milieu du couloir, les plus malins avec des tabourets qu'ils ont apportés (?!), sur les lavabos, allongés entre 2 wagons ! En fait, ce sont les gens qui n'ont pas pu avoir de places assises qui se retrouvent obligés de jongler entre plusieurs emplacements, de squatter nos sièges dès qu'on se lève pour aller aux toilettes ou chercher de l'eau chaude. Bousculés que l'agent de démonstration (présent dans chaque train en Chine) passe dans le wagon pour vendre ses babioles en criant, à la manière d'un marché populaire. 

On les plaint. Eux, ils n'ont pas l'air malheureux du tout.

Un papi, debout durant tout le trajet, habits tous neufs, avait l'air tout content de prendre le train.Alors nous étions contents et sans remords d'être sur nos sièges.
Il était accompagné de sa fille et son gendre, fraichement mariés on a supposé. Ces trois là devaient être en vacances et étaient donc heureux, même dans ces conditions.

La nuit, en plus de l'inconfort, on doit faire face au comportement des chinois. Autant ils sont souvent très gentils, serviables, respectueux, etc. Autant dans le train ils ne se gênent pas pour crier, écouter de la musique, faire du bruit ; jusqu'aux gosses qui jouent en hurlant à 5h du matin, avec l'approbation des quelques adultes éveillés, les autres dormant comme des souches, on ne sait comment.

Malgré ces désagréments, on profite du voyage. Notamment de la générosité des chinois qui s'exprime très souvent, comme quand à chaque fois que notre voisin mange il insiste pour nous en donner une part, mais refuse bizarement quand on veut faire de même. 

On arrive éreinté à Kunming.
On nous dit que pour prendre le bus pour le Laos, il faut nous rendre à la gare routière sud. On saute donc dans un bus qui nous y emmène, en "seulement" 1 heure. Et là, c'est le soulagement, il reste des places.
Oui mais, nous n'avons pas assez d'argent !

Laurent sort alors de la gare pour aller retirer, pile au moment de l'averse tropicale. 15 cm d'eau dans les rues, pareil sur Laurent qui court tout mouillé dans le centre commercial voisin, à la recherche d'un ATM.
Le stress remonte en flèche quand celui-ci, écrit en chinois bien sur, avale la carte sans rien faire d'autre. Quelques tapes (pas trop fortes car en plein milieu du passage), pianotage sur les touches, puis en dernier recourt appel du service d'urgence de la banque en question, qui bien sur parle... chinois.
Après 10 minutes, la carte fini par ressortir on ne sait comment (ouf!) pour être correctement lue par le distributeur suivant.

Argent, puis tickets de bus en poche, on trouve un hôtel correct dans la gare de bus pour dormir quelques heures.
Puis on file au bus de nuit, qui est cette fois très confortable : chacun sa couchette. On dort toute la nuit.

Bus couchette : au top

15 heures plus tard, on arrive à la frontière chinoise où, à part un douanier chinois un peu pointilleux qui scrute le passeport de Laurent pendant 5 longues minutes, on sort du pays sans problème. Sans doute la barbe, ou alors les VISAS américains et canadiens.

Oui mais tout n'est pas fini, nous ne sommes même pas au Laos. Il nous reste 1km pour y arriver et y faire nos visas, puis il faudra qu'on trouve un moyen d'aller à Luang Namtha, à 60km de là.

On aperçoit un blanc. Il est Sud Africain et nous dit qu'il attent son bus pour rejoindre directement... Luang Namtha. On s'incruste donc aussitôt.
Passage de la frontière laotienne, 30$ et 1 photo (bien préparés à l'avance) et on a nos VISAS.
On n'a donc pas eu le temps de retirer. Quelques kms plus loin, le conducteur veut bien évidemment qu'on le paye. On lui propose d'attendre notre arrivée pour trouver un ATM ou de lui filer des $ tout de suite. Il nous propose de foutre le camp... tout de suite :)

Gentiment, notre nouvel ami, Verner, paye pour nous. 1h30 de bus plus tard, on prend un tuktuk pour 20 min, on trouve un hôtel et on se pose enfin dans un bon resto, 48h après le départ de Chengdu ! Spaghetis carbonara, sofas et wifi !!! Accès à Google et... espresso !!! 

Elle est pas belle la vie ?! :)

Chengdu, pandas, béton et opéra (3 jours)

L'arrivée en ville est vraiment impressionnante. Boulevards, gratte-ciels, pollution. On a beau être passé par Xi'an, qui est censée être plus grande, on n'avait pas autant eu ce sentiment d'être noyé dans cette urbanisation. C'est ce qui fait qu'on apprécie peu les villes chinoises. Elles sont tellement grandes qu'on peine à les appréhender. Elles ont perdu toute dimension humaine. Et on n'a même pas vu Beijing ou Shanghai !

Des gratte-ciels partout

Aussitôt sur place on file à la gare, avec comme objectif de réserver le train pour Kunming le surlendemain.
Après 1 heure de queue au milieu d'une foule immense (qui a dit qu'ils etaient nombreux?...) on s'entend dire qu'il n'y a plus que des places debout, et à la limite quelques unes assises pour le jour d'après.
La perspective de passer 20h debout étant assez effrayante, on opte pour les sièges, un peu mieux même si pas très tentant. Mais on n'a pas le choix. On doit être dans 4 jours au Laos, notre visa expirant, et on prie pour pouvoir enchaîner à Kunming avec les 20h de bus qui nous y conduiront....
Sinon, on devra aviser.

Des gens partout !

En attendant, on a 2 jours à passer en ville, avec 3 objectifs : les pandas, les restos et l'Opéra.

On verra les premiers lors d'une matinée à une base qui leur est dédiée, sorte de zoo où on en prend particulièrement soin. Ils sont mignons, paresseux, joueurs et mangent du bambou à longueur de journée. On apprend qu'ils sont sur terre depuis 8 millions d'années (!!!) et qu'il n'en reste maintenant que 2000.
On a la chance de voir un bébé, à peine plus gros qu'une souris, et on a du mal à croire qu'il deviendra un joli pandas en moins de 3 mois tellement il est moche.

On a vu des pandas géants



Un bébé panda

Et des pandas rouges


Pour la bouffe, celle du Sichuan est extrêmement réputée, avec comme tête d'affiche le Mapu Tofu, du tofu macéré dans de l'huile épicée.
Habituellement peu fan de ce substitut de viande, on apprécie ici la texture et le goût dans LE resto spécialisé de la ville.

On a aussi eu la chance de tester d'autres très bons plats, bien que les épices soient un peu surdosés, notamment un dans lequel il y avait 1/3 de poulet et 2/3 de piments rouges. 

Fin du repas : il reste "quelques" piments !...

Enfin, pour notre dernière soirée sichuanaise, on assiste à une représentation de l'Opéra local, où les danses sont entrecoupées d'acrobaties, de cracheurs de feux et de "face changing", sorte de transformisme du visage vraiment impressionnant !

Opéra sichuanais

Nous nous sommes en plus baladés une après-midi dans la ville, passant d'un parc surpeuplé et ultra bruyant qui rendait l'endroit peu agréable, au Châtelet les Halles local, ruelles remplies de monde de et de boutiques, en traversant la place Mao sur laquelle on a eu un peu peur en voyant le nombre de policiers en uniforme et en civil (peu discrets), à la recherche de quelqu'un ou quelque-chose. Nous n'avons pas trainé !

Notre défi final nous attend : 2 jours de voyage qui devront nous mener au nord du Laos où nous visiterons notre dernier pays d'Asie avant de s'envoler de Bangkok pour l'Afrique.

lundi 4 août 2014

Pingle, repos champêtre (5 jours)

Après ces 20 premiers jours en Chine, on est fatigué par les trajets qui sont très longs et des fois pénibles (surtout en bus). On a envie de se poser.

On décide donc de zapper les rizières du Yunnan et on opte pour un petit village à 2 heures de Chengdu (où nous sommes), dans le Sichuan : Pingle.
Décrit en quelques lignes (seulement !) dans le Lonely comme le rendez-vous des étudiants en art, venant y peindre la vieille ville, la rivière et les maisons de thé, entouré par la campagne.

A la sortie du bus, on se fait aborder par un jeune sympathique, qui parle un peu anglais, et qui nous propose une chambre. D'habitude on refuse systématiquement, mais n'ayant aucune adresse en tête et confiant de son air amical, on se décide à le suivre jusqu'à sa maison, juste à la sortie du village.
On logera donc face aux champs, au calme, mais avec quelques gros insectes ailés pour compagnons. 

Les champs à la sortie de l'hôtel

Le proprio a une petite fille très mignonne qui nous boudera pendant ces 5 jours, jusqu'à ce qu'on lui offre une sucette avant de partir. Elle nous fera alors la fête pour nos dernières heures. Pas compliqués les enfants :)

Ici, on prend notre temps.
On se couche et se lève tard. 
On s'instaure une routine. 
On regarde des films sur une vraie TV et on suit même les matchs de la coupe du monde, en chinois !
Au village, on se promène un peu puis on se pose beaucoup. Directement au bord de la rivière quand il fait beau. Dans une maison de thé ou un café trouvé au cour d'une balade quand il pleut ou que nous voulons un peu plus de confort. 

Maison de thé en bordure de la rivière

On écrit le blog qu'on mettra à jour au Laos.
On voit les mêmes gens plusieurs jours de suite, oubliant cette impression d'être des vagabonds.
On mange toujours aux deux même restaurants. Raviolis vapeurs d'un côté, plats locaux variés de l'autre.
Bref, de vrais petits vieux. Digne d'une cure à Évian ou Contrex et Ville.
Train-train interrompu seulement le matin du troisième jour par une courte visite à la forêt de bambous voisine, pour la seule journée ensoleillée.


On est les seuls blancs du village, et ça se ressent. Les chinois se remettent à nous prendre en photo, chose devenue rare depuis Datong.
Plutôt orientés à destination des habitants de Chengdu, la grosse ville du coin, les magasins ne vendent pas les gadgets habituels du tourisme de masse. On trouve surtout des petits stands de bouffe proposant toute sorte de gourmandises très sympas : chaussons à la viande, pains de maïs, canard laqué coupé en rondelles, glaces, etc. Parfait pour nous :)


Les chinois, locaux et touristes, sont ici pour se détendre. Ils sont très cool, comme depuis qu'on est en Chine, et passent leur temps à barboter dans la rivière, boire du thé ou jouer au majong. Il y a des tables remplies de jetons à tous les coinscoins de rue, quelques billets qui changent de mains et beaucoup d'animation. Ça donne envie d'apprendre les règles !


Dernière attraction du coin, et pas des moindres, tous ces étudiants en train de peindre. Sur un bout de trottoir, assis à une maison de thé ou au bord de la rivière, ils arrivent de bon matin et prennent la ville d'assaut, avant de repartir par le bus de 17h, leur œuvre sous le bras, similaire à celle des centaines d'autre réalisées hier, aujourd'hui ou demain.


C'est bon, nous sommes reposés, prêts à affronter cette grande ville de Chengdu (4M d'habitants), lors d'un passage éclair où nous irons voir les pandas, peut-être à l'Opéra et prendrons le train pour Kunming d'où nous rejoindrons le Laos en bus.
On a vraiment apprécié cette halte à l'ecart. 

samedi 19 juillet 2014

Xi'an, champignons et terre cuite (5 jours)

Pour tenter de s'imprégner de la vie locale, on décide de faire quelques jours de volontariat dans une ferme de champignons où l'on s'imagine participer à la cueillette. Certe la Chine ne manque sans doute pas de main d'œuvre, mais il s'agit plus ici d'échange interculturel. Le but est de retrouver une certaine routine qui manque parfois au voyage, et de rencontrer des gens pendant quelques jours. De voir quels liens ont peut nouer avec eux.

Quelques jours avant, nous avons échangé par mails dans un anglais très correct. On espère donc pouvoir un peu plus communiquer avec les chinois que par des gestes et Google Traduction.
Dans les faits, la responsable qui parle anglais nous amène en voiture en banlieue de Xi'an, nous présente l'équipe, et s'en va ensuite, ne revenant qu'une ou deux fois par jour pour voir si tout se passe bien.
Nous serons donc avec 8 jeunes chinois (3 garçons, 5 filles) d'une vingtaine d'années ne parlant pas du tout l'anglais, à l'exception d'une fille qui le baragouine un peu.

Et nous avions mal compris, on ne va pas cueillir des champignons mais participer à la culture de graines de champignons, procédé microbiologique où l'on fait fermenter de la terre pour y mettre ensuite les graines (de ce qu'on en a compris). Ça sent assez mauvais et les jeunes s'enferment régulièrement en chambre stérile, des masques sur le visage ; l'air ne nous parait pas très sain. 

Le premier jour on aide à mettre la fameuse terre dans des sacs plastiques. C'est simple, répétitif mais pas désagréable. 


Le deuxième jour, ça se complique, ayant très mal dormis, coincés sous nos moustiquaires, constamment réveillés par les moustiques tigres (les gros qui filent le palu) hargneux et déçus de ne pas pouvoir manger à leur faim. Laurent chope en plus une nouvelle tourista. Leila fait ce qu'elle peut pour participer, en déplaçant ailleurs les sacs de terre stockés la veille, pendant que Laurent se repose.
Le lendemain c'est le contraire, et c'est Leila qui épuisée doit siester la journée. Activité du jour : découpage de papiers journaux au cutter. 

Au final, on hésitait entre 3 et 5 jours, et on se décide à partir à l'hôtel à la fin de ce troisième jour, épuisés et malades.
Expérience un peu limitée, mais qui nous a quand même permis de côtoyer de jeunes chinois. Nous avons eu quelques échanges et avons joué aux cartes les rares fois où nous avons pu les décoller de leurs téléphones. 

Le dernier soir, on a été invité par la gérante à aller sur la place du village. Leila s'est initiée aux danses collectives qui sont ici quotidiennes, et permettent à toutes les femmes, de la jeune fille à la mamie, de bouger leur corps en rythme. Laurent a de son côté affronté les pongistes du village, avec leur style si particulier, "à la chinoise". 



C'est bien de voir que la vie collective est encore très forte ici, et que ces gens ne restent pas enfermés chez eux. Tout le monde est là, discute, rigole, danse, joue. 

Pour les deux derniers jours, après s'être requinqué dans un hostel très confortable, on fait un tour dans le quartier musulman et on va voir l'armée de terre cuite.
Le premier est un ensemble de ruelles remplies de boutiques, de restaurants, d'échoppes de rue, et est le centre touristique de Xi'an. On s'y fait culinairement plaisir après les déceptions de Pingyao et de la ferme. 

Le quartier musulman (touristique) de Xi'an




A l'extérieur de la ville, la Terracotta Army est la Big attraction. Étape quasi obligatoire, même si au final on en a déjà tout vu à la TV ou dans les guides. C'est effectivement impressionnant de se dire qu'un empereur s'est fait enterrer avec tous ces soldats pour se protéger dans l'au-delà. L'aménagement du site, gigantesque et très fonctionnel, permet d'accueillir une foule énorme de touristes, là encore presqu'exclusivement locale.



N'ayant pas pu avoir de billets pour un train de nuit, on part le lendemain pour Guangyuan, de jour. Après une nuit dans cette ville de transition, on rejoint le parc national de Jiuzhaigou en bus, où nous allons reprendre contact avec la nature, et surtout admirer des lacs turquoises et de nombreuses cascades.

dimanche 13 juillet 2014

Qikou, Lijiashan, Pingyao, authentiques puis touristique (4 jours)

9h de train nous emmènent à Pingyao, et ça n'est qu'un trajet classique, comme on va s'en rendre compte par la suite. Les distances sont tellement grandes, les moyens de transport assez lents (80/100 km/h max) et les changements souvent nombreux, on passe donc beaucoup de temps à rouler. 

Pas désagréable pour voir les paysages chinois, mais laissant moins de temps pour visiter ou s'arrêter.

Ici, pas de wagon-bar servant des sandwichs à 8€, on s'était donc organisé en conséquence. 2 boîtes de nouilles chinoises qu'on peut remplir dans un des distributeur à d'eau chaude du train.
C'est une des choses agréables en Chine : il y a très souvent un distributeur d'eau bouillante (train, gare, hôtel, lieux publics, etc.) pour pouvoir se faire du thé ou des nouilles quand on veut.
Moins appétissant, les seuls sandwichs possibles sont à base de saucisse sous vide et de pain brioché. On peut se rabattre sur les œufs durs sous vide ou les pâtes de poulet sous vide, mais pour l'instant on n'a pas très envie de tester...

On se demande encore à quoi peut être la saucisse chinoise ?...

Le trajet nous confirme l'impression d'une Chine "en travaux", et même Pingyao, qu'on attendait rempli d'anciennes maisons pleines de charme, est minée par les chantiers dès qu'on s'éloigne des rue touristiques.
On débarque dans un hostel très sympa, rempli de jeunes venant d'un peu partout.

Hostel à Pingyao

Ayant dans l'idée d'aller à Lijiashan, on est tenté de s'y rendre via l'auberge qui y propose une excursion A/R pas trop chère.
Sachant, qu'on s'était dit vouloir sortir un peu des sentiers battus et prendre notre temps, on décide finalement d'y aller par nous même, malgré la difficulté du trajet : bus + bus + bus !!!
On se rend compte qu'on apprécie de moins en moins cette industrie des back-packers, basée sur des guesthouses ne pensant qu'à vendre leurs circuits tout fais, sans authenticité, autour d'une bière. Mais où est le thé vert ? :)
On arrive le lendemain après-midi à Qikou (prononcer Tchikow), petit village au pied de Lijiashan qui mérite le détour, après quasiment 7 nouvelles heures de transport !
Hôtel très sympa mais rempli de touristes... chinois ! Et oui, pas beaucoup d'occidentaux depuis qu'on est passé en Chine, mais énormément de tourisme intérieur, nouvelle preuve de la bonne santé économique. On prend donc le dortoir, seule chambre disponible, dans lequel nous aurons la chance d'être tranquille.

On se repose, on se promène, on admire le fleuve et le joli temple du Dragon Noir.
Ici c'est calme, loin des villes.

Temple du Dragon noir

Joueurs de Go

Le lendemain, on va dormir à Lijiashan, encore plus reculé dans la montagne.
L'hôtel est de type troglodyte, comme tous les logements du village, allant des fois jusqu'à une superposition de 11 habitations ! Le lit est construit en brique, au fond sur toute la largeur de la pièce, comme traditionnellement dans la région. C'est dur, mais confortable. 

Chambre troglodyte

C'est très beau et on ne regrette pas d'être venu par nous-mêmes. On prend notre temps. On rencontre des villageois adorables et des petits vieux fumant la pipe.

Lijiashan, village troglodyte

Le soir, étonament, on rencontre Blandine, une française qui voulait aussi découvrir ce village, et qui va comme nous visiter Pingyao le lendemain.
Cerise sur le gâteau, elle parle chinois !!!
On décide d'y aller ensemble, ce qui nous simplifie à tous le retour, et pour fêter ça on partage une bière face à la montagne, avant d'aller au barbecue auquel nous ont invité des élèves chinois en week-end.
Ambiance très différente de chez nous, où chacun est dans son coin ou dans un petit groupe, sur son téléphone ou en train de brailler une chanson (les chinois sont fans de karaoké). Pas trop d'échanges entre eux, pas de discussions, et pourtant on sent un esprit de groupe.
On nous offre à manger 10 fois alors qu'on sort tout juste de table, mais il est difficile de refuser cette générosité.
Il y en a une qui parle anglais avec qui on rigole bien, avec les autres le dialogue est plus compliqué.

Le lendemain, on remet le cap sur Pingyao pour cette fois-ci l'explorer de fond en comble, toujours avec Blandine.
Un billet donne accès aux remparts et à l'ensemble des monuments ; essentiellement de grandes demeures agencées autour de très jolies cours, des temples, l'ancien palais du gouvernement et des banques. C'est en effet dans cette petite ville que, sous l'impulsion de marchands qui faisaient fortune, ont été créés les premières banques au monde.
L'ensemble est très joli, très mignon, même si cela a été restauré il n'y a pas longtemps et que tout fini par se ressembler.
De nuit, c'est aussi charmant, avec des lanternes rouges chinoises de partout.




Le hic est l'absence de bons restaurants. On a eu beau chercher, et le Lonely aussi, pas une table correcte en ville.
Pour compenser, on s'offre les deux soirs des massages, en insistant sur les pieds qui sont fatigués après ces plus de 100 jours de voyage.

Notre prochaine étape se nomme Xi'an, la ville où siège l'armée de soldats en terre cuite, la terracotta army, un des deux endroits les plus visités en Chine avec la grande muraille.
On quitte Pingyao et Blandine avec le proprio de l'hôtel qui nous dépose juste après un péage d'autoroute où on "choppe notre bus au vol".

Datong, premier contact avec la Chine (3 jours) +-0h vs. Mongolie

Suite à notre séjour en Mongolie, et malgré tout le bien et les bons tuyaux qu'on nous avait dit et donnés sur Bejing (Pékin) ( nous aurons peut-être l'occasion d'y aller un autre voyage), nous avons choisi de sauter cette étape chronophage pour passer plus de temps dans des petit(e)s vill(ag)es, à commencer par Datong.
Avec "seulement" 1 million d'habitant, on peut la considérer comme telle. Drivée par l'industrie minière, on a l'impression que c'est une ville assez riche.

On y arrive après un long trajet qui nous a donné un aperçu de la Mongolie Intérieure, puis de la "vraie" Chine.
Centrales nucléaires et lignes haute tension, on n'avait pas vu de telles infrastructures depuis notre départ.
Constructions d'immeubles à tout va, scooters et bus électriques, ça respire le dynamisme et l'argent. A l'heure de la crise occidentale, on visualise mieux à quoi correspond le taux de croissance de la Chine.
Et quand ils font les choses, il les font en grand : les immeubles, de plus de 20 étages, se comptent par dizaines, les routes sont gigantesques, bien réalisées et fluides.
On comprend mieux l'urbanisme du XIIIème.

Petit quartier résidentiel...

Dans la ville même, la mairie a à priori décidé de reconstruire une "ancienne" ville en s'inspirant du passé, mais en rebatissant tout. Ça fait un peu Disney, tout beau tout neuf avec plein de couleurs, sans cachet mais c'est joli.

Tout beau tout neuf, de jour comme de nuit


On se balade une journée, puis visite d'un monastère suspendu. À la recherche de la gare routière d'où part le bus, on atterri dans une petite boutique d'imprimerie pour demander notre chemin.
On essaye de se faire comprendre, ils y mettent de la bonne volonté, on sort le traducteur Google : difficile. Après 5 minutes et quelques dessins, le patron nous explique comment y aller et nous appelle un taxi à un bon prix.
Il nous invite à patienter dans sa boutique, tout en faisant connaissance. Plus personne ne travaille, mais on rigole bien. Contrairement à de nombreux échos, les Chinois sont vraiment sympas, souriant et attentionnés. À Datong en tout cas, tous ceux qu'on a rencontrés le sont. On verra par la suite.

Le monastère est très beau et impressionnant, surtout quand on grimpe dedans, à 50 mètre au dessus du sol, soutenu seulement par quelques bouts de bois !



Le soir on va dans un resto chicos à côté de l'hôtel.
Pas très cher, on peut tester des plats un peu recherchés dans un super cadre qui contraste avec le boui-boui de la veille dans lequel on avait mangé des brochettes.
Hier comme aujourd'hui la bouffe est excellente. Ça s'annonce bien pour ce mois :)

Le voyage gastronomique commence

On part le lendemain pour Pingyao, un ancien village restauré, coup de cœur du Lonely Planet, d'où nous tenterons d'aller à Lijiashan, un autre petit village, mais troglodyte et non touristique ; de façon à voir deux faces de la Chine d'antan.
En allant à 7 heure du matin à la gare, on croise plein de gens en train de faire du sport. Footing, tai-chi, danse.
Dynamiques dès le matin ! Au soleil levant, la Chine comme on l'imagine.