Affichage des articles dont le libellé est 14 Argentine. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est 14 Argentine. Afficher tous les articles

dimanche 5 avril 2015

Bilan Argentine et Chili

Nombres de jours : 48 (Argentine) + 12 (Chili)
Nombres d'etapes : 13 (Argentine) + 3 (Chili)
Dépenses totales : 44350ARS, soit 4435€ + 930000CLP, soit 1280€
Dépenses par jour par personne : 460ARS, soit 46€ + 39000CLP, soit 53€
Nombre de pas par jour : 13200 (Argentine) + 14800 (Chili)
Nombre de jours avec quelques heures de pluie : 7 (Argentine) + 0 (Chili)
Côté conduite : droite / côté volant : gauche

Laurent :

Voilà un bilan qui risque d'être long, avec 2 pays traversés et la plus grande étape de notre voyage (Argentine) dont on a une vision bipolaire, plutôt noire la première fois,  carrément rose lors du second passage.
Un bilan commun car, même s'il y a des différences, ces deux pays se ressemblent sur bien des points, et nous n'avons finalement passé que peu de temps au Chili.

Tout d'abord, la première chose à laquelle on a pensé en arrivant c'est : "on n'aurait jamais imaginé voir un tel niveau de développement en dehors de Europe/Etats-Unis-Canada/Australie/Japon", ce qui prouve notre méconnaissance de cette partie du globe.
En forçant le trait, on peut dire qu'ici c'est comme chez nous ; enfin, que relativement le Chili me fait penser à la France et l'Argentine à l'Espagne (développement un poil inférieur, population deux poils plus chaleureuse :p). Peut-être moins riches que Chine et Brésil, mais on sent un développement plus ancien, des inégalités moins marquées.

Du coup, par rapport à nos précédentes destinations, ça manque un peu d'exotisme (il y a des boulangeries - les chiliens sont les deuxièmes mangeurs de pain derrière les Allemands - , et même des Carrefour en Argentine, seul endroit pour acheter des cotons-tiges !). Mais bon, comme dirait Cédric (vu au Népal et à Mada), on peut rechercher autre chose que l'exotisme en voyage.
Et le problème c'est qu'on a eu beau chercher lors de notre premier passage en Argentine, on est un peu resté sur notre faim. Certes San Ignacio était un premier contact agréable, Buenos Aires est une belle ville, Santa Rosa une étape tranquille et authentique, San Martin est au milieu d'une belle nature. Mais dans tout ça, on n'a pas tellement vibré, à part peut-être à Palermo ou en écoutant/regardant du tango dans la milonga.

Ajoutons à cela une frustration de dépasser constamment le budget sans même pouvoir se faire vraiment plaisir (première fois qu'on se fait à manger et qu'on loge en dortoir régulièrement) et une complexité d'organisation due aux vacances scolaires locales.
Bref, c'est cher et compliqué sans être extraordinaire.
Même si on rencontre des gens sympa dans les 2 pays. Même si le Chili relève un peu la barre avec des poissons/fruits de mer comme on n'en avait jamais vu, des volcans magnifiques et les copains.

Peut-être aussi qu'après 11 mois on s'essouffle et qu'on commence à trouver le temps long. En tout cas, c'est la première fois que je pense au retour, que je me verrais pourquoi pas rentrer plus tôt que prévu.

Mais nos trois derniers mois seront a priori d'une autre teneur, alors on se remotive. Et on fait bien. Après une première étape agréable en Argentine du Nord (Mendoza), c'est le festival. Paysages incroyables (oubliés les glaciers manqués dans le sud), rencontres en tout genres, festivités. 20 jours de régalade qui, même s'ils sont chers, resteront comme un des temps forts (très fort) de notre voyage.
Intense, on peut dire que là on a vibré ! On a retrouvé une chaleur humaine digne du Brésil, avec la barrière de la langue en moins (même si on est loin d'être fluent en espagnol).

On parle toujours du retour, mais en ayant oublié toute nostalgie. On n'a toujours pas pris les billets pour Cuba et Paris mais on sent que ca se rapproche.
On ressort d'Argentine des étoiles plein les yeux, bien décidés à profiter à fond de nos dernières semaines (ce qui ne veut pas dire qu'on va se speeder pour voir/faire plein de choses ; on va continuer à prendre notre temps, un luxe dans notre monde moderne).

PS : en vrac quelques observations que je n'ai pas pu intégrer à mon bilan, mais que je tenais à partager :
- Ici, les villes sont droites, construites avec un système de cuadras (pâtés de maisons carrés). C'est très pratique. Il y a aussi une ou plusieurs belles places vertes dans chaque bourg, centre(s) de vie, même dans les petits villages.
- Bus au top. Des fois dignes des premières classes dans l'avion. Heureusement, car les pays sont immenses et on y passe du temps. Par contre, on ne les voit pas trop parce qu'on voyage souvent la nuit.
- Il y a des chiens errants partout, mais pas agressifs comme en Asie.
- Dans beaucoup d'endroits il y a un système de tickets numérotés pour faire la queue et il faut le savoir, sous peine d'attendre pour rien : pharmacies, boulangeries, boucheries, etc.
- En Argentine du nord, les voitures paraissent encore plus vieilles qu'à Madagascar ! On a hâte de voir Cuba :)
- On a tout décidé au dernier moment. On n'a toujours pas pris nos billets de retour. On repousse pour pouvoir être libre d'aller où on veut. On est en décontraction totale. 

Leila :

Au chili, ça a été rapide. On a choisi de ne pas trop s'y attarder pour nous laisser plus de temps en argentine du nord , en Bolivie et au Pérou. Faut faire des choix à un moment et il n'est plus question de prolonger encore plus notre voyage. Précisons aussi que le niveau de vie y est assez élevé et que nous sommes bien au delà du budget, l'Argentine  n'ayant pas contribué à rééquilibré les comptes, au contraire. Mais ça ne nous a pas empêché de profiter des fruits de mer en abondance (dont le ceviché et la paella marinera) et du pisco sour. Ce fut très agréable pour nous d'être dans un pays moins agité après le sud de l'Argentine, et surtout de retrouver des copains. Nous avons quitté le Chili reboosté pour la suite du voyage. 

En Argentine, il y a eu tellement de choses. 
Je n'ai jamais rêvé de l'Amérique du sud mais l'Argentine était un des pays qui m'attirait le plus , sans tellement savoir à quoi m'attendre.
C'est finalement  la destination où on a passé le plus de temps.

Avec un contraste net entre le sud et le nord. Entre 2, il y eu

Buenos aires, ville très agréable, belle architecture, des brocanteurs et antiquaires avec des trésors vintage  comme on en trouve plus à Paris, de la couleur. Nous nous sommes fait happer par la grande ville. On se demande d'ailleurs après ça, comment nous allons nous réadapter dans Paris.

Beaucoup de cartoneros, ces personnes qui trient dans les poubelles, cartons et autres. Une vraie organisation par secteur. Il y a aussi à chaque coin de rue, des gens portant des affiches, un panneau publicitaire humain... , les vendeurs ambulants dans les wagons du métro. Un vrai marché. 

Puis la pampa 
Pas un touriste en vue. On s'est aisément adapté au rythme des argentins, très fiers. Nous y avons approché leur sens de l'accueil. 

Notre expérience a été compliquée au sud,
BEEEEAUCOUP, à cause de la très haute saison qui se traduit par une cohue de touristes en mode plaisir et consommation, une industrie touristique à l'atmosphère froide, plus riche, plus occidentalisée. 

uuuun petit peu à cause de la lassitude et la fatigue, notre voyage a été moins fluide, impression de bugger  et on n'avait plus la force au bout de 9mois pour batailler à trouver un hôtel, combiner les itinéraires pour optimiser les longs trajets en bus.

Mais l'intérêt d'être en voyage est de pouvoir changer le programme en dernière minute. Nous ne sommes pas allés aux glaciers. Sans regret.  

Enfin, le nord de l'Argentine qui nous a totalement charmé. Accueil, rencontres et hospitalité. On se fait inviter par plusieurs à l'asado, barbecue, un vrai moment de partage et de convivialité. Une viande rouge, juteuse et tendre. Une réputation qui ne se dément pas.

Une concentration de paysages uniques et de petits villages authentiques. Jamais on en a vu autant en si peu de temps et si peu de déplacements.

Heureusement, ici il y a des traditions et aspects culturels qui ne se perdent pas.

La sieste, après laquelle on assiste à une quasi renaissance quotidienne de certains pueblos. On y prend facilement goût. Pas trop d'effort d'adaptation de ce côté.

Le dulce de lèche, sorte de confiture de lait, caramel concentré : on ne peut résister, disponible partout notamment dans les nombreux kiosques à chaque coin de rue et sous toutes les formes : confiture, glace, bonbons, biscuit...

Le maté, équivalent du thé vert en Chine,  boisson chaude à base d'herbe, que les argentins sirotent à longueur de journée. comment? Ils se baladent avec leur thermos tenu par une sangle et leur verre à maté qu'ils partagent.

Le tango à Buenos Aires, c'est très beau à voir. C'est un moment que les couples s'accordent tous les week end en tête à tête, un rendez vous sacré, une vraie parenthèse dans le quotidien. On a tenté un cours avec Laurent, et lorsque le prof m'explique que la femme suit, sans réfléchir et que c'est l'homme qui contrôle,  je suis bien contente d'avoir choisi le flamenco :) 

Les jeunes voyageurs, beaucoup traversent le pays et bien au delà, s'autofinancent tout le long, en fabricant et vendant des bijoux et bracelets ou en faisant les pitres aux feux rouges. Ils sont très solidaires entre eux. 

Rien à voir mais je souhaitais évoquer les merceries qu'on trouve encore à chaque coin de rue des villes et villages. Pour coudre, réparer, fabriquer et égayer des pièces. Je trouve ça très vivant! 

mardi 31 mars 2015

Tilcara, un final en carnaval (4j, 12/02/2015 au 16/02/2015)

Nous voilà de retour à Tilcara (un petit village dans lequel on est passé en voiture quelques jours avant), deux jours avant le début officiel du carnaval, mais avec déjà beaucoup de monde et une ambiance festive. 

Avant même le carnaval, l'ambiance monte

Le bled est plein.
Rien que dans la maison dans laquelle on loge on est 66 personnes plus le proprio et son père (c'est très local, on est les seuls étrangers) !!! C'est rien de dire qu'on est tassé, mais ce n'est pas gênant dans ce contexte. Ça favorise même plutôt les rencontres

On est un chouia serré...

Pour les deux premiers jours, on se met dans l'ambiance tranquillement, et on reste un peu à l'écart des rues agitées où les bombes de neige (sorte de mousse à raser qui fond vite sans laisser de trace) et les tubes de peinture sont de sortie. Ça nous donne une idée de ce qui nous attend :)
Il pleut un peu, alors on se repose au café du village qui a une des rares connexions wifi dispo et même un petit groupe de musique traditionnelle le soir. 


Le samedi, le jour J, on part au carnaval avec quelques personnes de la guesthouse avec qui on a commencé à sympathiser : un jeune couple, deux filles de Buenos Aires et 3 autres filles du nord du pays. Direction un terrain vague un peu à l'écart du village, où le monde commence à s'amasser. Le flux de voitures qu'on voit au loin sur la grande route est impressionnant. Tout le monde converge vers Tilcara !!!

Il y a des vendeurs de bombes à neige, de talc et de peinture partout, les thermos qui servent habituellement à mettre de l'eau chaude ou froide pour le maté sont aujourd'hui remplis de fernet (alcool d'herbe) + cola. Il en tourne un ou plusieurs par groupe : ici on partage. 

Les bombes à neige par dizaines/centaines

Le soleil cogne dur (on est à 3000m) et la musique est à fond. En attendant les groupes qui doivent arriver sous peu, on arrose avec ce qu'on a (bière, fernet) le diable au centre du terrain, une construction de pierre et d'herbe, symbole du carnaval. 

Le diable, symbole du carnaval

On essaye d'éviter neige et peinture, mais on est très vite bleu, rouge, rose ; dans la barbe, les cheveux, les habits. On se reçoit régulièrement des pschits de neige dans le visage voir dans les yeux (mais ça pique pas) et on riposte farouchement. Ici, la vengeance est un plat qui se mange chaud. Quelqu'un s'approche du notre groupe avec de la couleur, on le repeint de blanc des pieds à la tête avec la neige artificielle. 
Tout ça en se trémoussant en rythme sur de la musique bien typique et très entrainante. 
C'est une bataille bon enfant et on ne ressent aucune agressivité, contrairement à certains événements en France où dès que les gens boivent ça débouche sur des cris voir des bagarres. Peut-être que cette agressivité s'exprime par la neige et la peinture. En tout cas on s'amuse comme des petits fous. 
On ne voit pas non plus de personnes trop saoule malgré la présence de beaucoup d'alcool. 

Bientôt, il y a tellement de monde qu'on a du mal à bouger. La bière aidant, les filles on besoin de faire un tour aux toilettes, et c'est le début de la fin : on se perd. 
Une fois séparés, impossible de se retrouver là-dedans. 

Un peu dur de se retrouver !

On fait des tours chacun de son côté, on grimpe sur un promontoire pour tenter de repérer l'autre. Sans succès. 
On se retrouve une heure plus tard à l'hôtel, épuisés mais content d'avoir participer à ce moment de festivités. 

Après une bonne douche chaude on ne veut plus ressortir. La fiesta est de plus en plus forte et présente partout. On fait rapidement quelques courses pour dîner et on est vite rejoint dans la cuisine par une quinzaine de personnes de la guesthouse qui fuient aussi les bombes à neige, pour une soirée guitare/charango (petite guitare bolivienne), fernet+cola et coca (les feuilles, pas la boisson ou la drogue). Un immense verre commun circule, un peu à la manière d'un narguilé, ce qui donne tout de suite une ambiance très chaleureuse. 
Un argentin/bolivien qui chante faux, motivé par le fernet, sort tout son répertoire et fait danser la cuisine. 

Soirée charango dans la cuisine

avec coca (pas cola), vin, fernet, maté

Plus la soirée passe, plus on comprend l'espagnol, bien aidé par deux trentenaires très sympas avec qui on accroche bien. 
On fini par aller s'effondrer sur nos lits, épuisés par cette journée super intense. 

Le dimanche, on se réveille sans envie de retourner "au combat" pour affronter la neige et la peinture. 
Et on n'est pas les seuls vu le nombre de camarades dans la cour de la maison.
Un groupe prépare un asado (barbecue), tradition du dimanche, et ça donne envie. On se dit qu'on en mangera un au resto le soir, pour notre dernier jour en Argentine. 
On sort se promener en choisissant des rues sans personne, et donc sans risque, puis on croise les deux trentenaires de la veille, attablés à une terrasse, qui nous invitent à boire une bière. On décline, ils insistent, on se joint à eux :)

Le champ de bataille

Et c'est parti pour une nouvelle super soirée, qui se poursuit à l'hôtel devant un asado auquel ils nous invitent (même pas besoin d'aller au resto). 
On discute bien, on apprend plein de choses sur l'Argentine, on mange de la bonne viande. Nos nouveaux copains sont vraiment sympas, cool et intéressants. 


Durant ces 4 jours, cette ambiance et ces rencontres auront été un beau bouquet final pour cette Argentine du Nord qui nous aura décidément charmée jusqu'au bout.

On se lève tôt le lundi pour aller attendre notre bus pour la Bolivie à l'extérieur du village (impossible pour lui de rentrer avec tout ce monde !). Il y a des embouteillages phénoménaux pour sortir, même si ça n'est rien comparé à la veille au soir où tout était bloqué !!!
Le bus arrive finalement avec une heure de retard, et on se laisse porter vers un nouveau pays le long d'une nouvelle route magnifique. 
Comme à chaque fois qu'on laisse un endroit coup de cœur la nostalgie est là (la fatigue aussi :p), mais on continue notre route.

La route pour...

... la frontière bolivienne

mardi 10 mars 2015

Salta la belle, hermosa ! (9j, 03/02/2015 au 12/02/2015)

Salta la linda (la belle), comme on l'appelle. Et toute la région, hermosa (magnifique). Et c'est vrai. C'est l'une des rares fois où on voit autant de belles choses en aussi peu de temps. 

Après le calme de Villa Union, on débarque dans l'une des régions les plus touristiques d'Argentine. Mais d'un tourisme très différent du sud et de Bariloche. Plus populaire, moins élitiste, plus "latin". Un peu cher aussi en cette période de vacances scolaires, mais quand même accessible.  
Ici, tout parait plus facile : hôtels pas complets, beaucoup de locations de voitures, des routes pas trop mal entretenues. Bref, tout se prête à une belle halte de plusieurs jours dont un road-trip que beaucoup font. 

Après la traditionnelle sieste d'après bus de nuit, dans un hôtel sympa tenu par une française, on part visiter la ville. Une des seules de la région qui a résisté aux tremblements de terre et qui a de beaux restes coloniaux. 
Il y règne une bonne ambiance, chaude et tranquille, avec quelques touristes de-ci de-là. Ça rappelle Mendoza en plus joli et plus touristique. 

La cathédrale de Salta


L'église la plus connue

On recherche ensuite une voiture de location pour faire le road-trip de la région : au sud jusqu'à Cafayate en passant par la quebrada (vallée) de las conchas et en revenant par la quebrada de las flechas avec un arrêt à Cachi, puis cap au nord pour quelques jours dans la quebrada de Humahuaca et ses montagnes colorées.


Pour la première journée on rejoint donc Cafayate au sud, le gros village touristique de la région, par une belle route qui traverse la quebrada de las conchas, des formations rocheuses plus ou moins figuratives aux jolies couleurs. On passe de la Gorge du Diable à l'Amphithéâtre, puis du Crapeau aux Châteaux. 
C'est très beau, et on a en plus la chance de prendre deux auto-stoppeurs (très nombreux dans la région) étudiants en musique, qui nous jouent des airs folkloriques au milieu des roches rouges. 

L'amphithéâtre

Des roches de toutes les couleurs

Les chateaux


Et nos auto-stoppeurs/musiciens préférés

Là-dessus, on arrive un peu tard à Cafayate, et la plupart des logements sont complets ; gloups. Heureusement, on nous indique un hostel encore dispo, sans doute un des moins chers de la ville. 
On va fait un petit tour au centre, très agréable, et on goûte à nos premières spécialités locales (tortillas dans la rue : sorte de galette nature ou fourrée jambon fromage, locro : ragoût de maïs et viandes, tamales : chausson de maïs à la viande) avant d'aller nous coucher. 
Malheureusement, il fait très chaud et il y a des moustiques dans le dortoir. La nuit est un peu difficile mais ne nous coupe pas dans notre élan. 

Notre découverte des tortillas argentines

Le lendemain on va en direction de Cachi, un village moins touristique que les autres car accessible uniquement par des pistes. 
Celle que l'on suit, la Ruta 40 (une des plus longues routes du monde, que l'on avait déjà suivi en Patagonie), passe par de tous petits villages "fantômes" et pittoresques et par la quebrada de las flechas, une vallée de quelques km parsemée de rochers dressés vers le ciel. C'est au moins aussi beau que la veille, et surtout on est presque seuls sur la route !




Las flechas


Une des plus longues routes du monde

Notre halte du soir, Cachi, devient rapidement notre hameau préféré. Pas grand monde, un climat frais qui fait du bien (altitude 2500m), une place centrale où la vie locale bas son plein sans stand touristique, des constructions et un artisanat rigolo en bois de cactus, un cimetière fleuri et une très belle église "so far-west" !

Cachi



On se lève tôt car on a une grosse journée de voiture. Entre cactus, montagnes colorées et petites pistes qui serpentent, on repasse au nord de Salta dans l'immense quebrada de Humahuaca, avec un premier arrêt à Purmamarca la ville de la montagne aux sept couleurs. Et on dit bien 7, même si une fois devant on ne sait pas trop lesquelles compter.


Petit village aux rues en terre battue, typique et très bien intégré à l'environnement, envahi par une jeunesse argentine baba cool en sac à dos et tente, tout s'articule autour de la place centrale remplie de stands d'artisanat bon marché de type bolivien et de cette même jeunesse qui vend le soir les bracelets et colliers qu'elle fabrique la journée pour continuer à voyager. C'est assez particulier et convivial.

Purmamarca


Le tout, surmonté par le Ciero de Siete Colores qu'on va admirer tôt le matin, quand la lumière du soleil le met bien en valeur. Une fois de plus on ne peut s'empêcher : hermoso ! D'autant qu'on est quasi tous seuls, les jeunes ayant fait la fête jusqu'à très tard juste en face de notre chambre, et dorment sans doute profondément :)

sa montagne aux 7 couleurs

et ses environs

On enchaine avec un détour aux Salinas Grandes, un petit salar, un avant goût d'Uyuni en Bolivie. Une auto-stoppeuse nous fait gouter nos premières feuilles de coca pour lutter contre l'altitude. C'est un peu comme avoir des feuilles de thé au fond de la bouche, avec un goût assez particulier. Après une route qui grimpe qui grimpe jusqu'à 4200m, on admire cette grande surface blanche de sel recouverte d'une petite couche d'eau qui fait miroir. On voit le ciel en haut et en bas ! C'est déjà beau en photo, mais en vrai c'est magique.

La route pour aller

aux Salinas Grandes


On passe nos deux dernières nuits de road-trip dans deux villages de la quebrada, Tilcara (altitude 2500m) et Humahuaca (altitude 3000m) qui lui a donné son nom. L'ambiance est partout jeune et baba cool, très sympa, avec un air de plus en plus frais au fur et à mesure qu'on monte.


On fait une croix sur la montagne aux 14 couleurs (!) qui impliquait 3 heures de piste aller/retour et on fait le tour de Tilcara pour trouver 2 lits pour la semaine d'après. On a appris que c'est carnaval, et tant qu'à être dans le coin autant voir ça de plus près. 
Évidemment tout est complet, mais on a la chance de dénicher une chambre d'hôte où il reste encore de la place, au prix très fort : x3 par rapport à d'habitude.
Mais comme on dit, l'essentiel est de participer, et on en sera.

Retour à Salta pour quelques jours de repos, une petite promenade dans le quartier riche de San Lorenzo et sa belle quebrada bien verte, une journée de pluies diluviennes, et une avalanche de posts sur le blog.

On se rappelle qu'on est a la saison des pluies !

Dans tous les petits villages on se sera régalé des tortillas locales, vendues pas cher dans la rue. On a aussi goûté au lama, de plus en plus présent à mesure qu'on se rapproche de la Bolivie.
A Salta, on craque pour une parilla (barbecue) de saucisses et tripes qu'on n'avait pas encore pris le temps de goûter. 
On retourne aussi dans le boui-boui qui fait "les meilleures empanadas de la ville" qu'on avait déjà adorées avant le road-trip.

mercredi 25 février 2015

Villa Union, des merveilles et des merveilles (6j, 27/01/2015 au 01/02/2015)

Après une courte nuit dans le bus, on arrive à La Rioja à 5h du mat. On se renseigne rapidement et le bus de 7h qu'on visait est bien d'actualité. On prend les billets, puis le petit déjeuner dans une gare routière peuplée quasi uniquement par des chiens de rue (il y en a partout en Amérique du Sud, mais ils ne sont pas agressifs comme ils peuvent l'être en Asie). 

La route pour aller à Villa Union est magnifique. Elle traverse le parc national de Talampaya et donne le ton des merveilles qui nous attendent ces prochains jours. 

Dans le bus pour Villa Union

On débarque dans un gros village, planté entre le désert et la cordillère des Andes, qui semble endormi alors que l'heure de la sieste est encore loin. 

On marche jusqu'au supermarché, on fait quelques courses et on appelle le gérant de la cabana qu'on a réservé (location avec cuisine). Il nous y amène en voiture et on s'aperçoit que c'est un peu loin du village. Pas grave, ça nous fera faire de la marche. 

Villa Union, un village assez classique

C'est très mignon et très calme. On est les seuls clients et on partage les lieux avec Hugo le vieux gardien et Nano son petit chien. On deviendra super copain avec les deux :) 

Ça change du reste de l'Argentine qui est full. On s'éloigne un peu du flux touristique, alors même qu'il y a des choses extraordinaires dans la région. 

Notre hôtel

devant la cordillère des Andes

Hugo el tranquilo

et Nano

Après avoir respecté la coutume de la sieste, qui est ici encore plus sacrée qu'ailleurs (40°C oblige), on va "en ville" en stop. C'est vide, à l'exception de quelques kiosques (très petites épiceries) et d'une ou deux agences touristiques. On discute avec le gérant de la première qui emmène deux personnes le lendemain à la Laguna Brava et au Cratère Corona del Inca qui est à 5500m. Du coup, comme on arrive en bonus il nous fait moitié prix et, après avoir hésité quelques minutes on se lance (ça reste cher, plus de 100€/pers, et on appréhende l'altitude même si des bouteilles d'oxygène et un téléphone satellite sont prévus...). 
RDV le lendemain à 5h !

Pour ne pas nous rassurer, Hugo (le gardien) nous dit que ce n'est pas prudent de partir à une seule voiture tout là-haut... On prend donc toutes nos précautions : nourriture et eau plus qu'il n'en faut, tous nos vêtements chauds et nos duvets si jamais on reste coincé et qu'on soit obligé de dormir là-bas :)

Fatigués mais réveillés, tout le monde est au RDV. On est avec un couple d'Argentins dans la voiture et on est rassuré de voir qu'un autre 4x4 nous accompagne finalement.
La première partie de route/piste de nuit est impressionnante. Le levé du soleil sur les montagnes est magnifique, avec des couleurs comme on en voit rarement ! Hermoso (magnifique en espagnol, un terme qu'on entendra souvent) !

Première partie de piste au levé du soleil



La piste grimpe de plus en plus, et arrivés à un mini-sommet on aperçoit au loin la Laguna Brava devant des sommets enneigés. A priori on a de la chance que la neige soit là, c'est une fois de plus hermoso !

La Laguna Brava vue de loin


On passe vite devant la lagune, pour arriver au cratère le plus rapidement possible et redescendqueensuite tranquillement. La piste est de plus en plus dure, on s'embourbe plusieurs fois avant le final en apothéose, l'arrivée au cratère avec l'Ave Maria en musique de/à fond (il fait bien les choses notre guide !). 
C'est tellement beau qu'on en a les larmes aux yeux, et les argentins eux ne se retiennent pas, contemplant le paysage à gros sanglots de joie !!! Ils sont assez émotifs :)
Il est vrai aussi que tout y est : soleil, un peu de chaleur (5500m le matin quand même), pas un pet de vent. Et même si on respire un peu difficilement on se régale. 

Une dernière partie de piste difficile

et la récompense au bout


Après une vingtaine de minute, notre guide nous signifie qu'il est temps de redescendre à la Laguna Brava. Laurent et l'argentine commencent à ressentir un mal de tête et la nausée, typiques du mal d'altitude. 
Du coup, l'arrêt à la lagune n'est pas des plus agréable pour lui. Les paysages sont quand même magnifiques, et on a même le droit à une carcasse d'avion et une histoire de crash en plein hiver, dont les occupants réapprovisionnés par hélico ont survécu en redescendant à pieds jusqu'au village. Une nouvelle fois les argentins y vont de leurs petites larmes :)

La Laguna Brava vue de près

Et la carcasse d'avion

On passe aussi par un ancien refuge où un squelette a été retrouvé et enterré avec ses chaussures !

Le refuge du squelette aux chaussures

Et les habitants de la région, les alpagas

La redescente est aussi belle que la montée, avec une lumière différente qui fait ressortir d'autres couleurs sur les montagnes. 

La redescente aussi belle que la montée


On arrive à l'hôtel crevés mais heureux. C'est sûrement une de nos journées de voyage les plus magiques. 
On est en plus chanceux car il pleut toute la nuit et le lendemain les rivières asséchées la veille sont pleines d'eau, rendant impossible toute excursion. 

On va en ville réserver notre sortie suivante : le parc national de Talampaya, souvent comparé aux canyons américains. 
On est accompagné toute la journée par Nano, le chien de l'hôtel, mais aussi par un gros chien blanc qui nous a adopté comme maîtres (fréquent ici). On a beau ne rien faire pour le retenir, il nous suit jusqu'à l'hôtel, et on le voit avec surprise toujours là au petit matin, nous ré-accompagnant en ville pour prendre le bus à 7h. Il a passé la nuit autour de l'hôtel (étonnant), sans manger, la queue basse car pas le bienvenu par les chiens du voisinage.

Dans le bus (qui emmène les employés du parc) on rencontre un Suisse, seul autre touriste à bord. On discute bien et on passe la journée avec lui. 

Dans le bus pour Talampaya

Au parc, contrairement à ce qu'on nous avait dit la veille, le sol a séché et on peut prendre le camion où on est sur le toit. On ne marche pas ou ne fait pas de vélo car il fait trop chaud !

Notre moyen de transport dans le canyon

On fait un aller/retour de 3 heures dans un canyon rouge magnifique. C'est pour nous unique, la première fois qu'on voit quelque-chose de ce genre depuis qu'on est parti. Hermoso :)
On ne regrette décidément pas cette halte entre Mendoza et Salta, pas forcément très connue mais d'autant plus magique !

Le canyon de Talampaya





On reste encore 2 jours à se reposer à l'hôtel, les bus pour Salta étant complets le week-end. On se plie au rythme du village. Sieste et marche en fin d'après-midi (quand la chaleur est passée) pour aller faire quelques courses ou se connecter à Internet dans un autre hôtel. 
Ici, les magasins et cafés ouvrent un peu quand ils veulent. 
On apprécie les 2,5km de marche qui nous séparent du centre, même si à la fin on commence par en avoir un peu marre. 
On se fait la cuisine nous-mêmes, avec plaisir, et on insiste sur les légumes et la nourriture saine pour contrebalancer l'excès de restaurants.
On est bien !

On joue beaucoup avec Nano, on discute pas mal avec Hugo qui nous invite à un asado (barbecue argentin) succulent, à base de boudin grillé (bien meilleur que le boudin bouilli !), de bons morceaux de viande et du meilleur chorizo qu'on ai mangé.
À cette étape on aura tout eu : la nature et l'humain. Villa Union nous a réconcilié avec l'Argentine. 
On s'est lié quelques jours (et fortement) à Hugo, seul dans son hôtel un peu à l'écart, et on était tous un peu tristes de se séparer le dernier jour. 
Ça fait toujours aussi bizarre de rencontrer et quitter des gens aussi rapidement. Surtout quand on sait qu'on ne le reverra sans doute jamais.

Hugo qui prépare l'asado

On a de la chance, en arrivant à La Rioja, d'avoir les dernières places disponibles dans le bus pour Salta. Nous y attendent d'autres paysages magnifiques, même si bien plus touristiques.